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Ce fut après la révolte indienne de 1857, que le gouvernement britannique décida d'abolir les pouvoirs de la Compagnie britannique des Indes orientales,qui avait gouverné le sous -continent depuis 1756, et assuma directement le pouvoir. Le Congrès national indien, représentant l'écrasante majorité hindoue,fut créé en 1885. La ligue musulmane quant à elle, fut formée en 1906 pour représenter et préserver les intérêts de la minorité musulmane. Quand, en 1909, les Britanniques adoptèrent des réformes constitutionnelles, les musulmans demandèrent et obtinrent des listes électorales séparées. L'idée d'un État musulman indépendant, situé en Asie-du-Sud, fut élaborée en 1930 par le poète et philosophe sir Muhammad Iqbal. Le nom de "Pakistan", qui vint à être utilisé pour désigner cet État, serait, à l'origine, une abréviation composée à partir des lettres des noms des provinces : Punjab, Afgania (Province de la frontière du Nord-Ouest), Kashmir, Indus-Sind et Baluchistan. D'après une autre version,le nom signifierait "le pays des purs". Á la fin des années 1930, Muhammad Ali Jinnah, leader de la Ligue musulmane et considéré comme le père fondateur du Pakistan, mit à son programme la fondation d'un État musulman séparé.
En 1946, lors des pourparlers préalables à l'indépendance, le gouvernement britannique se prononça pour la partition et, le 15 août 1947, transféra ses pouvoirs à l'Inde et au Pakistan de manière séparée. Le Pakistan fut immédiatement divisé en deux régions distinctes : le Pakistan occidental, le Pakistan actuel et le Pakistan oriental, connu à présent sous le nom de Bangladesh. La division du sous-continent entraîna d'immenses bouleversements au sein des populations, accompagnés de violences et de massacres. Quelque 6 millions d'hindous et de sikhs se déplacèrent du Pakistan en Inde, et près de 8 millions de musulmans émigrèrent depuis l'Inde vers le Pakistan. De plus, la décision du dirigeant hindou du Jammu-et-Cachemire, dont les sujets étaient à 85% musulmans, de se rattacher à l'Inde fut mise en question par le Pakistan et une guerre éclata entre les deux pays. Bien que, par la suite, l'Organisation des Nations unies (ONU) ait proposé la tenue d'un référendum afin de déterminer l'avenir du Cachemire, l'Inde refusa cette proposition et continua d'occuper environ les deux tiers de l'État. Le chef du premier gouvernement indépendant du Pakistan fut le Premier ministre Liaqat Ali Khan. Muhammad Ali Jinnah fut gouverneur général jusqu'à sa mort, en 1948. De 1947 à 1951, le Pakistan fut en proie à une grande instabilité. Liaqat Ali Khan fut assassiné en 1951 et Khawaia Nazimudin, Pakistanais oriental qui avait été gouverneur général depuis la mort de Jinnah, devint Premier ministre. Cependant, incapable d'empêcher l'érosion de la popularité de la Ligue musulmane au Pakistan oriental, il fut contraint de céder la place à un autre Pakistanais oriental, Muhammad Ali Bogra, en 1953. La débâcle de la Ligue musulmane, lors des élections du Pakistan oriental, en 1954, provoqua de nouvelles élections. La nouvelle assemblée, qui fut inaugurée en 1955, n'était plus dominée par la Ligue musulmane. Muhammad Ali Bogra fut alors remplacé par un Pakistanais occidental, Chaudhri Muhammad Ali. Iskander Mirza devint le gouverneur général du pays. L'assemblée élabora une nouvelle Constitution, qui fut adoptée le 2 mars 1956, et proclama la République islamique du Pakistan. Mirza fut élu président provisoire. En dépit de la nouvelle Constitution, l'instabilité politique persista : aucun parti n'avait de majorité nette à l'Assemblée nationale. Des différends avec ses trois Premiers ministres successifs, Huseyn Shaheed Suhrawardy, leader de la ligue Awami du Pakistan oriental, Ismail Ibrahim Chundrigar, à la tête d'un gouvernement de coalition, et Firoz Khan Noon, leader du Parti républicain, amenèrent le président Mirza à proclamer la loi martiale le 7 octobre 1958, puis à destituer le gouvernement de Noon et à prononcer la dissolution de l'Assemblée nationale. Le président fut soutenu par le général Muhammad Ayyub Khan, commandant en chef des armées. Vingt jours plus tard, Ayyub força le président à démissionner et assuma lui-même la présidence. Ayyub Khan gouverna le Pakistan avec un pouvoir quasi absolu pendant plus de dix ans, sans éliminer les problèmes fondamentaux de la société pakistanaise. Il engagea une réforme agraire (900 000 hectares furent distribués à 150 000 fermiers), mais la majorité des terres continua d'appartenir à une minorité de très riches propriétaires. Ayyub imposa des restrictions sur la polygamie et le divorce, et renforça également les droits de succession des femmes et des mineurs. Ses relations cordiales avec les États-Unis permirent au Pakistan de bénéficier d'une aide économique et militaire importante mais, quand éclata une nouvelle guerre contre l'Inde à propos du Cachemire, les États-Unis suspendirent l'aide militaire et économique aux deux pays. Voyant le Pakistan privé des armes dont il avait besoin, l'URSS intervint pour servir de médiateur, et les accords de Tachkent de janvier 1966 établirent la paix entre les deux belligérants. Le ministre des Affaires étrangères Zulfikar Ali Bhutto démissionna de son poste et mena une campagne contre la dictature d'Ayyub et la "perte" du Cachemire. En mars 1969, Ayyub donna sa démission et transmit le pouvoir au commandant en chef des armées, le général Agha Muhammad Yahya Khan, qui devint président et proclama à nouveau la loi martiale. Pour tenter de rendre son régime plus démocratique, Yahya révoqua près de 300 fonctionnaires haut placés et s'attaqua aux 30 familles qui contrôlaient près de la moitié du produit national brut du Pakistan. Cependant, la principale menace pour l'unité du pays vint du Pakistan oriental, sous la conduite du cheikh Mujibur Rahman, leader de la ligue Awami, qui exigea la création d'une fédération au sein de laquelle le Pakistan oriental serait quasiment indépendant. Il se prononça pour un gouvernement fédéral, qui ne traiterait que des questions de défense et de relations extérieures, avec deux monnaies différentes. Les Pakistanais orientaux accueillirent son programme avec beaucoup d'enthousiasme. Lors des élections de décembre 1970, le "cheik Mujib" remporta une victoire écrasante au Pakistan oriental et rassembla une nette majorité à l'Assemblée nationale. Le Parti du peuple pakistanais (PPP), formé par Bhutto en 1967, émergea alors en tant que premier parti du Pakistan occidental. Soupçonnant le cheikh Mujib de visées sécessionnistes, Yahya ajourna, en mars 1971, sine die, les séances de l'Assemblée nationale. À son tour, Mujib établit un gouvernement pratiquement indépendant au Pakistan oriental. Des négociations échouèrent et Mujib fut arrêté. Pendant ce temps, l'armée pakistanaise entra en action contre les partisans de Mujib, qui demandaient la liberté et l'indépendance pour le Pakistan oriental, ou Bangladesh ("Nation du Bengale"). Les opérations militaires qui s'ensuivirent au Pakistan oriental firent un grand nombre de victimes. L'Inde affirma que près de 10 millions de réfugiés bengalais avaient franchi ses frontières. Les leaders de la ligue Awami se réfugièrent à Calcutta et établirent un gouvernement en exil. Finalement, l'Inde intervint le 3 décembre 1971, et l'armée pakistanaise rendit les armes treize jours plus tard. Le 20 décembre, Yahya abandonna le pouvoir à Bhutto et, en janvier 1972 naquit l'État indépendant du Bangladesh. Quand, la même année, le Bangladesh fut admis au Commonwealth, le Pakistan s'en retira pour n'y retourner qu'en 1989. Cependant, le gouvernement Bhutto reconnut l'existence de l'État du Bangladesh en 1974. Sous la conduite de Bhutto, le Pakistan, affaibli, commença à réorganiser sa vie nationale. Bhutto nationalisa les industries de base, les compagnies d'assurance, les banques, les écoles et les universités. Il institua aussi une réforme agraire limitée, qui avantagea les fermiers et les exploitants agricoles aisés. Il retira les militaires des fonctions décisionnaires mais, pour apaiser les généraux, il affecta environ 6% du produit national brut au budget de la défense. En 1973, l'Assemblée nationale adopta la cinquième Constitution du pays. Bhutto devint Premier ministre, Fazal Elahi Chaudhy le premplaça à la présidence. L'hostilité des entrepreneurs et des capitalistes à l'égard de Bhutto se fit plus vive après la mise en place de son programme de nationalisations et de réformes agraires, et les leaders religieux virent dans son socialisme un ennemi de l'islam. Lors des élections générales de mars 1977, 9 partis d'opposition s'unirent pour former la Pakistan National Alliance (PNA) et se présenter face au PPP de Bhutto. Vaincue dans trois des quatre provinces, la PNA accusa Bhutto d'avoir truqué le scrutin, boycotta les élections provinciales et organisa des manifestations dans tout le pays. Quand la situation sembla totalement bloquée, le chef d'état-major des armées, le général Muhammad Zia Ul-Haq, monta un coup d'État le 5 juillet 1977 et imposa un nouveau régime militaire. Bhutto fut jugé, déclaré coupable et pendu le 4 avril 1979. Zia assuma officiellement la présidence en 1978, et la Charia fut proclamée loi du pays. La Constitution de 1973 fut suspendue en 1979, et une magistrature fut constituée dans les tribunaux afin de faire respecter la loi islamique. Les intérêts bancaires furent supprimés. Zia mit en place la nomination de deux vice-présidents et autorisa les partis politiques qui avaient été approuvés par la commission électorale avant le 30 septembre 1979. Tous les autres partis, dont le PPP, présidé désormais par la veuve de Bhutto et par sa fille, Benazir Bhutto, furent dissous. Le Pakistan fut très affecté par l'intervention des Soviétiques en Afghanistan, en décembre 1979. En 1984, quelque 3 millions de réfugiés afghans vivaient aux confins du Pakistan et de l'Afghanistan, soutenus par le gouvernement et par des organismes internationaux. En septembre 1981, Zia accepta une offre d'aide économique et militaire de six ans des États-Unis. En décembre 1984, après l'approbation par référendum de la politique d'islamisation de Zia et de la prolongation de sa présidence jusqu'en 1990, Zia autorisa la tenue d'élections législatives. Un gouvernement civil entra en fonction en avril, et la loi martiale fut levée en décembre. En mai 1988, Zia prononça la dissolution du gouvernement et décréta de nouvelles élections. Trois mois après, il trouva la mort dans un accident d'avion, et un régime militaire intérimaire prit le pouvoir. Ghulam Ishaq Khan, fonctionnaire, fut nommé président et Benazir Bhutto devint Premier ministre après la victoire du PPP aux élections générales de novembre 1988. Elle fut la première femme à parvenir à la tête d'un État islamique contemporain. En août 1990, le président Ishaq Khan destitua le gouvernement Bhutto pour mauvaise gestion, et déclara l'état d'urgence. Benazir Bhutto et le PPP perdirent les élections d'octobre, après l'arrestation de celle-ci pour corruption et abus de pouvoir. Le programme de privatisations des entreprises d'État et d'encouragement à l'investissement étranger, entrepris dans les années 1980, fut poursuivi par le nouveau Premier ministre, Nawaz Sharif, chef de l'Islamic Democratic Alliance ("!Alliance démocratique islamique!"). Il s'engagea également à ramener le pays à la loi islamique et à atténuer les tensions continues avec l'Inde à propos du Cachemire. Des querelles de pouvoir entre Sharif et Khan provoquèrent de nouvelles élections en octobre 1993. Le PPP les gagna et Bhutto fut de nouveau nommée Premier ministre. Avec Benazir Bhutto au pouvoir, les tensions entre l'Inde et le Pakistan montèrent d'un cran. Le Premier ministre soutint ouvertement les rebelles musulmans du Jammu-et-Cachemire, occupé par l'Inde. De même, elle annonça que le Pakistan poursuivrait son programme de développement de l'arme nucléaire, ce qui souleva des inquiétudes quant à une éventuelle course à l'armement nucléaire entre le Pakistan et l'Inde, qui détenait l'arme atomique depuis les années 1970.
Au début de l'année 1996, la situation pakistanaise demeurait instable. Des affrontements continuels se produisaient entre extrémistes sunnites et chiites, entre factions de réfugiés venus de l'Inde, et entre l'armée et les tribus de Pachtous à la frontière afghane, avec, en arrière-plan, un fond de corruption et de scandales politico-financiers. Sur le plan extérieur, le Cachemire, où l'agitation anti-indienne connaissait une recrudescence, maintenait un foyer de tension avec ce pays voisin. Seule une certaine amélioration de la situation économique, passant par une réduction du déficit budgéraire, d'autres privatisations et quelques nouveaux investissements étrangers, a pu soulager quelque peu les difficultés du régime de Benazir Bhutto. Accusée "!de népotisme, de corruption et de violation répétée de la loi!", Benazir Buttho fut démise de ses fonctions en novembre 1996 par le président Farouk Ahmed Khan Leghari. Son parti enregistra une lourde défaite aux élections législatives de février 1997, remportées par la Ligue musulmane de Nawaz Sharif, qui devint Premier ministre.
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Ali JINNAH
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