LES PRINCIPALES GRANDES VILLES DU PAKISTAN :


Le Pakistan ne possède pas d'armature urbaine proprement dite, sous-tendue par un réseau organique de relations économiques, mais plutôt une série de villes; dont certaines très peuplées (trois d'entres elles dépassent le million, quatre le demi - million d'habitants et cinq le chiffre de 200 000) ; qui ont connu une très forte expansion démographique au cours du XX ème siècle et qui se sont en général étendues à partir d'anciens centres administratifs de l'époque coloniale. Les régions montagneuses, en particulier, ne sont guère favorables, du fait du caractère cloisonné du relief, au développement de genres de vie urbains, et c'est seulement dans les oasis que l'on trouve quelques petites villes. En revanche, les villes sont très nombreuses dans les zones de piémont et dans les plaines du bassin de l'Indus, ce qui a donné naissance à un réseau de voies de communication (ferroviaires, en particulier) qui, partant de Karachi; principale métropole du Pakistan, dont elle constitue en outre le seul débouché sur la mer - , se ramifie à la façon des branches d'un arbre vers le nord-est. C'est précisément dans cette région qu'a été créée la ville nouvelles d'Islamabad, type même de la capitale « artificielle », fondée dans le dessein de déplacer vers le nord le centre de gravité politique du pays.

ISLAMABAD : Située à 15 km au nord de Rawalpindi, sur le rebord septentrional du plateau de Potwar, à 500 m d'altitude, Islamabad est un exemple type de capitale « artificielle » : elle est en effet née à l'initiative du maréchal Ayyub Khan, qui, en 1958, voulut donner au pays une nouvelle capitale, moins excentrique que Karachi par rapport à l'ensemble du territoire. Islamabad, dont la construction commença en 1961, sur une étendue de quelque 250 km2, présente un aspect moderne et une physionomie occidentale, avec des quartiers administratifs et résidentiels. Le plan régulateur de la « ville de l'Islam », élaboré par l'urbaniste grec K.A.Doxiades, prévoit la division de la capitale pakistanaise en plusieurs zones fonctionnelles, articulées sur des artères régulières et se coupant à angle droit.

KARACHI : Simple village de pêcheurs au début du XVIII ème siècle, Karachi commença à prendre de l'importance, surtout grâce à sa position stratégique, en 1943, lorsque les Anglais conquirent un port. Capitale du Pakistan de 1948 à 1959, elle reste encore aujourd'hui la plus grande agglomération urbaine du pays. Située en bordure d'une zone semi-désertique ; sur une péninsule de la côte de la mer d'Oman, légèrement à l'ouest du delta de l'Indus, la ville a connu au XX e siècle un essor apectaculaire (244160 habitants en 1921, 1 126 517 en 1951),lié à l'afflux des réfugiés musulmans en provenance de l'Inde et à son rôle de principal port maritime du pays : débouché naturel des produits agricoles (céréales, oléagineux, coton) de la vallée de l'Indus, celui-ci enregistre en effet un trafic d'environ 14.5 millions de tonnes de marchandises par an. Le noyau s'étend autour du port et présente l'aspect typique des villes orientales : édifices aux façades très ornées bordant des rues étroites et tortueuses, embouteillées par une circulation chaotique de piétons, de cyclistes et de charrettes. Les quartiers neufs caractérisent , au contraire, par le contraste entre les blancs édifices modernes et les vastes baraquements des réfugiés. Les rues sont larges et rectilignes, ombragées par des rangées d'arbres et bordées de jardins luxuriants. Sur le plan culturel et artistique, les principaux centres d'intérêt sont l'université, le petit, mais riche, musée, le mausolée de Muhammad Ali Jinnah, le Gulam Husayn Khalidina Hall, de style néoclassique européen, et le Frere Hall, néogothique. Principal centre industriel du Pakistan, Karachi rassemble des établissements mécaniques (montage d'automobiles et réparation, aéronautique), électrotechnique de chaussures, des brasseries, des cimenteries et des manufactures de tabac. La ville est également une importante escale aérienne sur la route entre l'Europe et l'Extrême- Orient, et est reliée à Lahore par voie ferrée.

LAHORE : Ville d'origine incertaine mais ancienne (elle fut probablement fondée au 1er siècle avant JC), Lahore jouit d'une grande splendeur au XI e et XII e siècle, lorsque les Arabes en firent la capitale de leurs possessions indiennes. Dévastée en 1214 par Gengis Khan, elle se releva sous les Moghols (du XVI e au XVIII e siècle), qui l'ornèrent de monuments célèbres, et, sous le règne d'Akbar (1556-1605), fut également un brillant centre culturel. Conquise par les Iraniens de Nader chah et par les Afghans d'Ahmed Chah Durrani (XVIII e siècle), elle fut occupée par les sikhs à partir de 1768, puis par les anglais en 1849. En 1974, une importante conférence panislamique sur les problèmes du pétrole et de la Palestine s'y réunit. Lahore est située, à 216 m d'altitude, au point où la Ravi entre dans la plaine, à 265 km au sud-sud-est d'Islamabad. A côté du vieux centre hindou et musulman, aux édifices ornés de balcons et de superstructures en bois, et entouré des murs que fit élevé Akbar, fut construit sous l'occupation anglaise le nouveau quartier européen (Donald Town), fait de bungalows et de bâtiments officiels, autour duquel se développa ensuite la ville moderne ; gravitant autour du Mall ; artère principale , flanquée de constructions de style floral, typique des colonies britanniques -, celle-ci présente un visage assez hétéroclite, avec des édifices d'époques et de style divers. Capitale historique du pays, Lahore possède un patrimoine artistique d'un très grand intérêt. Le fort, situé dans l'angle nord-ouest de l'enceinte, et ses premières constructions (la porte est, la salle du trône et la porte de l'Eléphant) en brique et en grès rose remontent à l'époque d'Akbar et de Djahangir. Le Khuabagh, pavillon en marbre aux arcs polylobés incrustés de pierres précieuses, la Moti Masjid et la salle des Glaces datent, quant à eux, du règne de Chah Djahan (1628-1658). Parmi les mosquées, les plus remarquables sont celles de Wazir Khan, de Dai Anga et de Zakaria Khan, avec les fameux jardins de Chalimar aux magnifiques terrasses et fontaines, sans oublier la mosquée de Badshahi (voir photos dans la partie cultuelles du présent site), édifiée à l'initiative de l'empereur Aurangzeb, toujours à l'époque moghole. Foyer culturel vivant, la ville possède également une université (fondée en 1882) et quelques riches musées. Lahore est aujourd'hui avant tout un grand marché du coton et des céréales, cultivés à ses alentours grâce au canal Bari Doab. Mais l'activité industrielle, représentée par des établissements sidérurgiques, mécaniques (matériel ferroviaire), électrotechnique et alimentaires (huileries), y est également très développée. Noeud de communication terrestres entre les plaines de l'Indus et du Gange, la ville est aussi desservie par un aéroport.

FAISALABAD : Située à quelque 100 km à L'Ouest de Lahore, entre les fleuves Chenab et Ravi, Faisalabad, qui a porté le nom de Lyallpur jusqu'en 1977, fut fondée au début du XIX e siècle, lorsque débutèrent les grand travaux de mise en valeur du Rechna Doab, mise en valeur fondée sur les eaux du Chenab, a connu un essor démographique très rapide, puisque sa population, évaluée à 500 000 habitants au lendemain de l'indépendance (1947), a aujourd'hui franchi le cap du million. Le tissu urbain est centré sur le tour de l'Horloge, d'où rayonnent les rues de la ville. L'université, axée sur les recherches agronomiques, est très réputée. Commercialisant les produitsagricoles (céréales, thé, fruits) de son arrière-pays, dont elle assure également la transformation (sucreries, confiseries), Faisalabad possède par ailleurs quelques usines textiles et chimiques. Elle constitue, enfin, un noeud routier et ferroviaire actif.

RAWALPINDI : La topographie de Rawalpindi correspond dans les grandes lignes à celle de la cité antique de Taxila, dont on peut voir les ruines dans ses environs. Il s'agit d'une ville très ancienne; elle fut occupée par les divers peuples qui, au fil des siècles, s'installèrent dans cette partie de l'Asie qui acquit de l'importance sous l'occupation britannique, lorsque les Anglais en firent le pivot de tout le système de défense du nord-ouest de l'Inde. A partir de 1959, elle joua le rôle de capitale provisoire du Pakistan, en attendant la mise en service définitive d'Islamabad, dont elle n'est séparée que par une quinzaine de kilomètres. Située à 520 m d'altitude sur le plateau de Potwar et jouissant d'une position clef dans les échanges entre les positions montagneuses de l'Himalaya et la plaine de l'indus, Rawalpindi juxtapose deux quartiers : le Cantonment, qui marque nettement la marque de l'occupation britannique, et le Raja Bazar, typiquement oriental. Elle possède une intéressante galerie d'art et un musée des armes. La fonction politique de la ville a entraîné une augmentation considérable de la population, déjà grossie par l'énorme afflux de réfugiés et par le développement de l'industrie à partir de 1947. Rawalpindi compte en effet de nombreuses usines textiles, chimiques et métallurgiques ; le raffinage du pétrole est concentré dans le faubourg de Morgha, approvisionné en brut par l'oléoduc qui relie aux gisements voisins. Commercialisant les produits agricoles (céréales, bétail, bois) de son arrière pays, la ville dispose de bonnes liaisons routières avec l'Afghanistan (à travers la passe de Khyber), avec Srinagar (Kashmir) et, vers le sud, avec Lahore. Elle possède un aéroport, Chaklala, qui dessert également la capitale, Islamabad.

HYDERABAD : Fondée en 1768 dans un site de grande importance stratégique, Hyderabad fut le siège d'un émirat et d'un arsenal, puis, devenue ville frontière, elle rejoua un rôle politique et militaire dans des conditions nouvelles. De 1948 à 1955, elle a été la capitale de la province du Sind. Hyderabad est construite sur une colline, dans le triangle formé par le cours principal de l'Indus de l'ouest, le canal Fuleli au nord et à l'est, un brassecondaire du fleuve au sud. Ville chaotique, caractérisée par ses nombreuses maisons dotées d'ouvertures tout à fait typiques, elle est riche en bazars et animée par un trafic intense. Parmi les vestiges qu'elle conserve de son prestigieux passé, il faut citer la forteresse, la nécropole islamique, les ruines du palais de Mir Nasir Khan (XIX e siècle), sans oublier les tombeaux des Kalhoras et des Talpurs. Depuis 1947, la ville possède une université, localisée comme les diverses écoles, les hôpitaux et le parc municipal, dans le Cantonment. Hyderabad doit aujourd'hui son importance à sa situation au coeur d'une vaste zone d'irrigation, siège d'une agriculture prospère et densément peuplée. Le secteur secondaire, également très actif, est fondé sur le textile, le travail du verre, les savonneries, les industries alimentaires, les tanneries et les cimenteries. L'artisanat (soie, métaux précieux, céramique) est célèbre et toujours florissant. Traversée par la voire ferrée Karachi-Delhi, Hyderabad commande également l'essentiel du trafic en direction du nord du pays et de l'Inde.

MULTAN : Multan, centre déjà important à l'époque de Alexandre le Grand, était célèbre pour son temple du Soleil. Détruite par Timur Lang (Tamerlan) en 1398 , reconstruite par les Moghols, soumise par les Persan Nader Chah, elle fut annexée au royaume afghan du Punjab, avant de tomber aux mains des sikhs en 1818, puis à celles des Britanniques en 1849. La ville s'étend à quelques 6 ou 7 km de la rive gauche du Chenab, au centre d'une vaste région autrefois désertique, mais aujourd'hui fertilisée par l'irrigation. Une vieille forteresse, les mausolées de Baha -ud-Din et de Shams-i-Tabriz ainsi que le sanctuaire de Rukn-ud-Din témoignent de sa longue histoire. Noeud de communications routières et ferroviaires (lignes pour Lahore, Bahawalpur et les régions de la Frontière du Nord-Ouest), reliée par la gazoduc aux gisements de gaz naturel de Sui et possédant un port sur la Chenab, Multan est un centre commercial très actif. On y trouve aussi des industries textiles (laine et coton), alimentaires, chimiques, métallurgiques et mécaniques, ainsi que des tanneries.

GUJRANWALA : Située à 225 m d'altitude près du canal d'irrigation reliant les fleuves Chenab et Ravi, à 70 km au nord-ouest de Lahore, Gujranwala est la patrie de Ranjit Singh, qui au début du XIX e siècle, fut le seigneur du Punjab, après avoir libérée la région de la domination afghane. La vie économique de la ville est fondée au premier sur la commercialisation des produits agricoles (blé, riz, maïs, coton et canne à sucre) de son fertile hinterland. Mais, station sur la ligne de chemin de fer Lahore-Rawalpindi, elle a également connu un bel essor sur le plan industriel (textile, industries alimentaire, mécanique, électronique). Le travail artisanal du cuivre et du laiton est également très répandu.

PESHAWAR : Etablie sur la rive gauche du Bar, sur la route menant à la passe de Khyber, et entourée sur trois cotés par la montagne, Peshawar fut pendant longtemps un centre très actif du trafic caravanier entre l'Afghanistan et les khanats d'Asie centrale. Capitale, sous le nom de Purushapura, du royaume des Kusana, elle fut l'objet, au cours des siècles, des convoitises de divers potentats iraniens, afghans et indiens, convoitises qui cependant n'eurent pas de répercussions sur la vie de la cité, laquelle doit son nom actuel à Akbar le Grand. Résidence favorite des rois de la dynastie des Durrani, elle fut prise par les sikhs en 1833, avant de tomber en 1848 aux mains des Anglais, qui en firent l'un des points clefs de leurs possessions ; avec le système défensif mis en place jusqu'à la passe de Khyber, traditionnellement empruntée par tous les envahisseurs venant de l'ouest, le Cantonment (camp retranché) représente en effet l'un des dispositifs les plus puissants de tout l'Empire britannique. Entourée d'une muraille percée d'une vingtaine de portes, Peshawar, qui est une des villes les plus célèbres du Pakistan, présente un caractère typiquement musulman. Son architecture rappelle plus celle des villes indiennes : rues irrégulières partant de la mosquée, bazar, édifices à plusieurs étages avec loggias, terrasses et vérandas, grand usage du bois. Le Bala Hisar, fort édifiée par Babur en 1519 et reconstruit tel qu'il se présente actuellement par les sikhs, la mosquée bâtie sous le règne de Chah Djahan (1630) et un riche musée, qui arbitre, entre autres, les pièces greco-bouddhistes retrouvées lors des fouilles de Shahr-i Balhol, en constituent les principaux centres d'intérêt sur le plan culturel.

SIALKOT : Ville fort ancienne, Sialkot fut, aux environs de 170 avant J-C, la capitale de l'empire indo-grec de Ménandre de Bactriane et connut une période de grande splendeur jusqu'au temps des invasions Kusana. Elle est située à 253 m d'altitude non loin des monts Siwalik, à quelques kilomètres de la frontière avec le territoire du Jammu-et-Kashmir. Les monuments les plus dignes d'intérêt sont le fort (XII e siècle) et le mausolée de Nanak, apôtre des sikhs, mort en 1538. Important marché agricole (céréales, jute, riz, coton, thé, bétail), Sialkot est aussi l'un des plus grands centres industriels du pays (textile, industries alimentaires, papier). Une ligne de chemin de fer la relie à Lahore.

SARGODHA : Sargodha s'est développée au début du XX e siècle en relation avec l'irrigation. Erigée en municipalité en 1914, elle a connu une expansion rapide, puisque sa population est passée de 34000 habitants en 1947 à près de 300 000 aujourd'hui. Noeud routier et ferroviaire, la ville est avant tout un marché agricole (blé et coton, surtout), doublé d'un centre industriel actif.

QUETTA : Située en un lieu dont certaines découvertes archéologiques laissent à penser qu'il est occupé par l'homme depuis le IV e millènaire avant J-C., Quetta est mentionnée dans les chroniques du XI e siècle comme fief des Rhaznévides. A partir de 1559, date à laquelle elle tomba aux mains des Moghols, la ville fut longuement disputée entre ces derniers et les Séfévides. Prise par les Britanniques lors de la guerre anglo-afghane de 1839-1842, elle allait jouer un rôle de premier plan du point vue politique et militaire ; du fait de sa situation aux portes de l'Afghanistan, les Anglais en firent en effet un camp retranché (son nom dérive de kwat-kot, qui signifie « forteresse ») et la raccordèrent à un embranchement de la voie ferrée reliant Karachi à la vallée de l'Indus. La vie militaire finit par prendre une importance telle que Quetta fut choisie en 1907 pour être le siège de l'école e guerre de l'armée des Indes. Reconstruite après le violent tremblement de terre qui la ravagea en 1935, la ville s'étend dans une large vallée s'ouvrant à plus de 1650 m d'altitude, entre la passe de Bolan, au sud, au carrefour des voies ferrées et des routes se dirigeant vers l'Afghanistan et l'Iran. Chef -lieu d'une des régions les plus désolées de l'Asie du Sud, elle est située dans une oasis fertile , où les palmeraies voisinent avec les vergers et des jardins dans lesquels, au printemps, s'épanouissent les roses et les tulipes. Centre moteur de l'évolution économique et sociale du Balouchistan, siège de l'Institut géologique pakistanais et important marché agricole, Quetta a également vu se développer le secteur secondaire, fondé sur les industries mécanique et textile, et surtout sur le charbon extrait des gisements proches et alimentant, pour l'essentiel, les hauts fourneaux du Sind et du Punjab. Elle est desservie par un aéroport.


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