Le Kashmir, sous le règne des empereurs Moghol au 15ème
siècle était un district de la province de Kaboul (Afghanistan).
En 1820 les Sikhs, finirent par conquérir le Punjab, incluant l'état
du Jammu-Kashmir annexé en 1815. La situation ne changea pas
durant 27 ans jusqu'à ce que les anglais, après une victoire contre
les Sikhs, prirent le Kashmir et ses dépendances par le traité de
Lahore. Le Kashmir fut ensuite vendu à l'Inde (dynastie Dogra)
qui l'acheta pour 750 000 livres.
Le pays était alors théoriquement indépendant. Mais 30 ans
après, les anglais réussirent a conquérir toute l'Inde et décidèrent
de sécuriser leurs frontières, spécialement celle avec
l'Afghanistan. Les années de 1947 à 1949 furent des années
décisives. Le Marajha du Kashmir (de la dynastie Dogra) fut pris
dans un dilemme : intégrer le Kashmir au Pakistan aurait
provoqué le mécontentement des hindous, et choisir l'Inde aurait
provoqué la révolte des musulmans. Il pensa alors que
l'indépendance était le meilleur statut pour ce territoire.
La situation géographique du pays et les sentiments nationalistes
de la majorité de la population firent que le 22 octobre 1947,
5000 soldats des tribus Pathans du Pakistan traversèrent la
frontière pour "venir aider leur frère musulmans du Kashmir" à
prendre leur décision.
Vu la gravité du problème, le Marajha du Kashmir n'eut pas
d'autres alternative que celle de faire appel à l'armée indienne
qui, elle, accepta d'aider le Kashmir à condition que le Marajha
montre ses intentions d'adhérer à l'union indienne dès que la paix
serait restaurée. Depuis, l'armée indienne se trouve au Kashmir.
Cette province réclame son indépendance depuis plus de
quarante ans, et la réclame activement (militairement) depuis
plus de 8 ans. Le Kashmir a déjà eu son indépendance de 1936 à
1947, pour les habitants du Kashmir ce n'est donc pas comme si
n'importe quel état de l'Inde réclamait son indépendance. Pour
eux, les hommes politiques Indiens doivent envisager le cas du
Kashmir différemment des autres.
Le Pakistan appuie le Kashmir dans sa lutte pour l'indépendance,
il a promis au peuple du Kashmir de lui donner la moitié
Pakistanaise (équivalent en surface au Kashmir Indien). L'armée
Indienne se trouve au Kashmir depuis plus de cinquante ans. Elle
est actuellement trés présente car de nombreuses explosions et
fusillades ont déjà eu lieu. Les militaires se trouvent dans les
grandes villes car il s'avère dangereux pour eux d'aller dans les
montagnes.
Dans tout le centre ville de la capitale il y a un soldat tout les dix
mètres, et sur la route reliant Jammu à Srinagar, les trois quart
des véhicules sont des véhicules de l'armée. Il est interdit à
quiconque de prendre des photographies (personne ne doit avoir
la preuve d'une telle occupation armée).
L'Inde perdrait beaucoup en abandonnant cette région: d'une part
son unité nationale et d'autre part son territoire s'en trouverait
diminué, ce qui entraînerait une baisse de son influence dans le
monde. De plus, le Kashmir est un réel trésor économique pour
l'Inde, car c'est une région "riche" autant par son agriculture que par son tourisme.
Pour comprendre la complexité du conflit, il faut tout d'abord
comprendre que la population du Kashmir est différente d'une
province à l'autre. Il y a tout d'abord la province de Jammu où les
deux tiers de la population est hindoue, la région appelée Punch,
située au sud-ouest du Kashmir et qui a une majorité musulmane
opposée au gouvernement indien. La ''vallée du Kashmir', la plus
peuplée (6 millions d'habitants), qui a maintenant une majorité
musulmane et qui était appellée "happy valley" est au centre du
conflit. Il y a ensuite le 'Panjal Range', région montagneuse
peuplée de fermiers et d'éleveurs musulmans, et pour finir, les
régions du 'Laddack' du 'Balistan' et du 'Gilgit', isolée du reste du
pays et peuplée par des éleveurs Tibétains qui sont bouddhistes.
Les Kashmiris accusent l'Inde de détruire leur pays par un
déboisement excessif et de ne pas tenir compte de la beauté de
leur région. Certains Kashmiris peut-être un peu utopistes,
pensent que si le Kashmir arrive a obtenir son indépendance, le
Pakistan aura alors intérêt à tenir sa promesse, qui est de donner
la partie du Kashmir pakistanais au Kashmir indépendant pour
qu'il devienne un pays à part entière car cela nuirait ainsi aux
intérêts de son voisin Indien.
Dans les rues de Srinagar (capitale du Kashmir) les soldats
indiens braquent en permanence les passants avec leurs fusils
chargés. Les habitants souffrent cruellement de cette occupation
armée, les hommes autant que les femmes sont fouillés à l'entrée
de chaque lieu public et cela dans leur propre pays. Les
Kashmiris se sentent donc en insécurité permanente. Ils
redoutent autant l'armée indienne que les militants enragés et
incontrôlables. Par exemple, dans les bus, il est obligatoire de
fermer toutes les fenêtres quand on passe devant un groupe de
soldats indiens car des militants jettent des bombes par la fenêtre,
et par solidarité ou par peur des représailles les occupants du bus
se taisent quant l'armée leur demande de dénoncer le coupable.
Les atrocités commises par l'armée indienne au Kashmir peuvent
être comparées à celles commises par les américains au Vietnam.
Il y a 600 000 soldats au Kashmir (1 soldat pour douze habitants)
et depuis 1990 les victimes de l'armée se montent à plus de
20000, Le gouvernement Indien ferme les yeux et permet aux
soldats de faire ce qu'ils veulent sans aucune poursuite ou
condamnation. Il n'est pas surprenant que l'Inde refuse le droit
d'entrée au Kashmir aux associations internationales des droits
de l'homme et à la presse internationale.
Géographiquement le Kashmir se trouve à un endroit stratégique,
aux confins de nombreuses puissances : puissance Arabe, Ex-
URSS, Chine et Inde. Le Kashmir est une des provinces frontière
entre le Pakistan et l'Inde. Ces deux pays ont depuis longtemps
déjà des problèmes au niveau de leur frontières communes. Ces
lignes de partage avec l'armée Indienne d'un coté et l'armée
Pakistanaise de l'autre sont sans cesse troublées par des tensions
nationalistes.
Le Pakistan réclame toujours cette région puisque la majoritée de
ses habitants est musulmane. Les pays de l'Ouest n'ont jamais
admis ce point de vue. L'URSS finit aussi par prendre position
pour l'auto-détermination du peuple Kashmiri. On sait qu'il y a
un très fort risque en cas d'indépendance du Kashmir pour que ce
pays soit dirigé par un gouvernement nationaliste.
La situation politique en Asie a beaucoup changée depuis 1959
aprés l'intervention chinoise au Tibet qui a rouvert la controverse
à propos des frontières sino-indiennes, encore plus lorsque le
Dalaï Lama trouva refuge en Inde. Cela entraina un
rapprochement Sino-Pakistanais et parallélement les USA
montrèrent un intérêt nouveau pour l'Inde.
Le contexte international apparu après la guerre de 65 montra les
positions de chaque puissance internationale sur la question du
Kashmir et derrière, de l'Asie toute entière. L'Inde a toujours
joué la carte juridique (disant que tout était fait dans les règles et
que le Pakistan se comportait en agresseur). Le Pakistan quant à
lui pense qu'une société à majorité religieuse musulmane en Inde
doit s'intégrer au Pakistan. L'URSS ne veut pas que l'Inde
choisissent les USA contre la Chine et pense que les médiateurs
indiens agissent contre l'impérialisme américain. La Grande
Bretagne est dans une situation délicate car les belligérants sont
membres du Commonwealth (zone d'échange, souvent ancienne
colonie anglaise sous l'égérie de la G.B), elle aimerait donc
régler rapidement ce conflit.
Les USA ont tout d'abord considéré le Kashmir comme une
région menacée par les communismes chinois et russes, c'est
pourquoi la politique américaine fut plutôt de favoriser le
Pakistan. Certains politiciens indiens affirment que la Grande
Bretagne et les USA écoutent les plaintes du Pakistan avec l'idée
d'installer des bases militaires au Kashmir. Et enfin, il faut aussi
integrer la Chine occupant le Tibet et qui n'a jamais accepté que
l'Inde protège le Dalaï Lama. Depuis 1971 l'Inde a été considérée
comme le principal pouvoir dans l'Asie du sud. Son influence en
particulier pour les états bordant l'océan indien est très
importante.
Le gouvernement indien n'a jamais pu supporté la création du
Pakistan qui montre que les deux religions hindoue et
musulmane ne peuvent pas cohabiter en paix. C'est un conflit très
complexe car si le Kashmir obtient son indépendance (pour
raisons religieuses en quelque sorte), qu'en sera-t-il pour les
sikhs, les jaïns, les bouddhistes ou les chrétiens ? L'Inde (qui
compte 180 millions de musulmans, plus qu'au Pakistan) refuse
de donner cette indépendance car il est important de montrer que
différentes ethnies religieuses peuvent vivre en harmonie dans le
même pays.
Seul l'assainissement du gouvernement indien (trés corrompu)
peut avoir un effet positif sur l'évolution des droits des habitants
du Kashmir. La solution envisageable passerait tout d'abord par
un statu-quo. Une intégration au Pakistan entraînerait encore plus
de division dans l'état indien. L'intégration à l'Inde n'est plus
possible car comment les Kashmiris pourraient-il supporter
d'obéir aux lois indiennes, les mêmes qui autorisaient les soldats
à massacrer la population.
L'indépendance serait la solution la plus acceptable malgré le
risque de dissolution pour l'Inde. Mais d'autres solutions sont
envisageables et seul un référendum précédé d'un large débat
montrerait la meilleure. La condition préalable à une solution est
la paix au Kashmir par le départ des troupes indiennes.
Le problème est complexe, il faut intégrer une somme de
problèmes importants: Celui de la partie de la population pro-
pakistanaise, les armes vendues aux pays du tiers monde, la peur
du communisme chinois, la vie des musulmans à travers l'Inde,
les relations entre l'Inde et ses petits voisins, la crédibilité de
l'ONU, la peur d'une guerre extérieure, la politique extérieure
américaine et même les populations immigrées en Grande
Bretagne.
Pour trouver une solution il faudrait en fait une réelle
détermination de la part de l'ONU, une condamnation du
comportement de l'Inde au Kashmir et celle de l'aide procurée
par le Pakistan et enfin l'organisation d'un référendum organisé
sous la tutelle de l'ONU.
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