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UN EQUILIBRE DIFFICILE : Dans la conjoncture économique actuelle, le Pakistan a bénéficié moins des facteurs dérivés d'un processus de développement progressif que d'événements politiques qui ont modifié les perspectives à moyen terme de cette partie de l'Asie. En effet, aucun autre pays n'est aussi directement exposé, en raison de sa position géographique, aux conséquences politiques, stratégiques et économiques de la crise provoquée par l'intervention soviétique en Afghanistan (1979). Après trois années difficiles, le régime militaire au pouvoir depuis 1977 a su profiter des avantages qu'offrait la situation ; il a accueilli de bon gré quelque deux millions de réfugiés et a joué de sa neutralité afin de pouvoir bénéficier de l'énorme aide financière accordée par les pays occidentaux, par la Japon, par le Fonds monétaire international et par la Banque mondiale. L'afflux de capitaux étrangers a permis au Pakistan de poursuivre ses efforts en vue de rééquilibrer son économie d'autant que celle-ci a bénéficié de bonnes conditions climatiques pendant plusieurs années consécutives et d'appliquer les principe du libéralisme économique. Les résultats de cette politique n'apparaissent que depuis quelques années, ce qui n'empêche pas les gouvernements, bien qu'ils soient toujours confrontés à de graves difficultés économiques et financières, dont celles qui résultent de la lourde dette extérieure, de mettre sur pied des plans ambitieux. La fragilité du système économique est due à divers facteurs. Les progrès de l'industrie sont trop lents, à cause du manque de capitaux, de technologie et de main d'oeuvre qualifiée. Le régime favorise le secteur privé, mais on ne peut pas dire que la confiance règne dans le monde des affaires, encore dans l'incertitude quant aux décisions à prendre. L'agriculture, qui au cours des dernières années a réussi à couvrir les besoins alimentaires de la population, a toujours une productivité très faible, du fait de la mise en oeuvre de technique archaïques, de l'utilisation insuffisante d'engrais et du morcellement excessif des terres, et, dans l'ensemble, elle est trop dépendante des conditions météorologiques. La balance commerciale est fortement déficitaire, car les exportations ne couvrent en valeur que la moitié des importations. Il en est de même pou la balance des paiements, seule l'aide étrangère peut pour le moment permettre au Pakistan e rétablir la situation. Tendance qui va bers le changement depuis quelques années. Les causes de retard économique sont en partie très anciennes et en parie dérivées du fait que, en vingt-cinq ans, le pays a dû par deux fois réorganiser son économie sur des bases nouvelles : d'abord en 1947, lorsqu'il se sépara de l'Inde, puis après la sécession du Pakistan oriental, devenu indépendant sous le nom de Bangladesh. Peu industrialisé, il manquait surtout de capitaux et de techniciens. La situation de l'agriculture paraissait relativement meilleure grâce aux travaux d'irrigation, qui, dans un milieu souffrant fréquemment de la sécheresse, se révélaient indispensables. Au début des années soixante-dix, la politique de réforme, à vrai dire pas trop poussée, menée sous le signe du « socialisme islamique », a donné lieu à une série de nationalisations (grandes entreprises, banques, etc...), ce qui a permis à l'Etat de jouer un rôle plus dynamique. En 1977, avec l'avènement du nouveau régime appuyé par les militaires, on a cherché à poursuivre la politique de développement. Mais, aujourd&'hui, l'économie du Pakistan reste toujours celle d'un pays pauvre, dans lequel des réformes sont indispensables. La structure industrielle est fragile, et si, comme c'est le cas aujourd'hui, le nombre des consommateurs continue à progresser plus vite que la production, la misère deviendra insupportable, l'aide étrangère n'étant qu'un expédient, trop cher à long terme pour un pays pauvre. L'AGRICULTURE ET L'ELEVAGE : Depuis quelques années ; le gouvernement pakistanais semble se pencher avec plus d'attention sur les problèmes de l'agriculture, laquelle, bien que contribuant pour moins de 30% à la formation du produit national brut, occupe encore plus de la moitié de la population active et, par ailleurs, participe pour une large part aux exportations grâce au coton et au riz. Les réformes agraires ont été appliquées sans grande conviction et n'ont pas libéré les paysans de la condition de sous-développement qui est la leur dans bien des régions du pays. Les subventions accordées à l'agriculture se sont révélées un instrument à double tranchant ; mieux payés, les paysans produisent moins au lieu de cherche à augmenter leurs revenus -, qui n'est guère conciliable avec la politique économique libérale préconisée par le gouvernement d'Islamabad. Dans les plaines du Pakistan, l'agriculture est fondée sur l'alternance de deux récoltes annuelles : les cultures d'été, ou kharif, traditionnellement moins importantes, car elles souffrent de l'insuffisance des pluies de mousson et ne peuvent se pratiquer sans irrigation : les cultures d'hiver, ou rabi (blé, légumineuses, oléagineux), car bénéficiant de pluies suffisantes, et donc plus aptes à satisfaire les besoins d'une population dont l'alimentation de base est fondée sur les céréales. C'est pourquoi ce type de culture a connu un développement considérable dans le Punjab, grâce à l'irrigation, dont dépendent aussi la survie et les rendements de l'agriculture dans les plaines de l'Indus et dans le Balouchistan (voir partie Géographie du présent site Internet). Autrefois, elle était fondée sur les puits, dont on extrayait l'eau au moyen de norias (appelées localement charas) actionnées par des boeufs ou des dromadaires. Mais ce système laissait de inutilisée la majeure partie des réserves d'eau de l'Himalaya. C'est seulement à partir de 1887 que, afin de prévenir les famines, les anglais décidèrent de multiplier les canaux de dérivation, dont le réseau complexe fut associé à un ensemble de bassins artificiels nés de la construction de barrages sur les cours d'eau, barrages qui fournissaient aussi de l'énergie électrique. Parmi les plus connus, il faut mentionner ceux de Sukkur, de Ghulam Muhammad, de Rasul, de Mangla et, enfin, le plus grandiose, celui que forme le système de Tarbela, au nord-ouest de Rawalpindi, véritable symbole de l'effort de modernisation entrepris par le gouvernement pakistanais. Nombre de grands travaux ont été menés à terme ; et d'autres le seront dans les prochaines années ; grâce à l'aide financière et technique de l'étranger, en particulier des pays occidentaux. Aujourd'hui, une grande partie des terres cultivables sont irriguées ; mais il existe un revers à la médaille : outre le fait que les ressources hydrauliques sont souvent mal utilisées, l'eau des canaux peut aussi, par infiltration, faire monter le niveau de la nappe phréatique et, en stagnant sur le terrain, rendre celui-ci inapte aux cultures ; ailleurs, l'eau s'évapore rapidement et dépose sur le sol des couches de sel qui empêchent la croissance des plantes. Le climat se prête à la culture des céréales, à condition que celle-ci soit pratiquée l'hiver et bénéficie ainsi de la saison fraîche. La céréale la plus répandue es le blé, qui occupe à lui seul plus de 24% du terroir occupé ; les rendements sont modestes, mais la production progresse, même si les paysans ne sont pas vraiment stimulés par la politique des prix et s'ils n'emploient pas suffisamment d'engrais et des pesticides. L'orge occupe les terres les moins favorables. A ces céréales rabi s'ajoutent les céréales kharif, cultivées pendant la saison chaude. Le maïs, qui exige de l'humidité, pousse surtout au pied des montagnes, comme dans la vallée de Peshawar, et sur les sols irrigués du Punjab. Le millet, réservé aux régions sèches et non irrigables comme les doab du Punjab, alterne avec le sorgho. Quant au riz, il est cantonné surtout aux plaines inondables du Sind, où il trouve des conditions particulièrement favorables grâce aux crues de l'Indus et de ses affluents et à un ensoleillement prolongé. Les plantes industrielles les plus cultivées sont le coton, la canne à sucre, le lin et le tabac. Le coton, principal produit de la culture kharif, est répandu dans les secteurs irrigués de la vallée de l'Indus ; au cours de ces dernières années, les récoltes ont été moins abondantes que de coutume, pour des raisons climatiques, mais aussi parce que les paysans ont préféré se tourner vers des cultures plus rentables. La canne à sucre, souvent considérée comme kharif parce que elle mûrit en été, constitue en réalité une culture « longue », qui occupe le terrain pendant dix-huit mois ; cultivée sur les sols irrigués du Sind, elle est désavantagée par les hivers trop froids, mais bénéficie du faible coût de l'irrigation et de l'existence d'un vaste marché intérieur. Les plantes oléagineuses (arachide, sésame, colza) sont très répandues. En revanche, les surfaces consacrée aux cultures maraîchères et fruitières sont réduites. Le cheptel bovin est important, mais les races, bien que très résistantes, restent rustiques : très peu d'éleveurs se préoccupent d'améliorer leurs troupeaux par la sélection ou les croisements ; l'insémination artificielle est quasiment inconnue. Dans ces conditions, il n'est pas surprenant que les rendements soient fort faibles. L'élevage des bovins, quoique peu coûteux, n'est donc pas très rémunérateur, bien qu'ici ; à la différence de l'Inde ; on produise aussi de la viande. Les équidés, les dromadaires et les buffles sont largement employés pour les travaux agricoles. L'élevage des moutons et des chèvres reste marginal, fondé sur la transhumance entre les steppes de la plaine et les pentes des montagnes. L'association agriculture - élevage, bien que fournissant aux paysans des moyens de travail et les produits indispensables, ne contribue guère à augmenter d'une amnière appréciable leur niveau de vie. L'INDUSTRIE : L'industrie pakistanaise, de création récente, contribue pour près d'un quart à la formation du produit national. Bine que les progrès accomplis au cours des quinze dernières années soient considérables, dans l'ensemble la structure est encore fragile. L'actuel gouvernement, tout en se heurtant au handicap que constitue le manque de capitaux, cherche à renforcer le secteur public, à encourager l'initiative privée et à attirer les investisseurs étrangers. Il tente même de dénationaliser quelques grandes entreprises en les rendant à leurs anciens propriétaires, même sans grand succès. Le territoire pakistanais n'est pas très riche en ressources minérales, mais la campagne de prospection en cours pourrait permettre de découvrir d'autres réserves. Pour le moment, on extrait de modestes quantités de chrome, de manganèse, de fer, de soufre et de phosphate. Si les mines de Quetta et des environs de Rawalpindi fournissent du charbon en quantités réduites, les gisements de méthane de Sui, Mari, Zin, Uch, Mazarani, Khaipur et Jacobabad, reliés par gazoducs à Karachi, Faisalabad et Islamabad, sont nettement plus riches. La production de pétrole est faible (puits de Khaur, Dhulian, Balkassar et Karsal). L'énergie électrique, pour l'essentiel d'origine hydraulique, est fournie par de grands bassins polyvalents (celui de Tarbela, sur l'Indus, est grandiose), auxquels s'ajoute cependant une partie centrale nucléaire (une autre entité, de 930W, est en projet à Chasma). Une bonne partie du secteur secondaire est orientée vers l'élaboration des produits agricoles, mais d'autres branches (chimie, industries mécaniques, sidérurgie) se développent depuis plusieurs années. L'année à vu la mise en service d'une partie de l'usine sidérurgique de Port Qasim, près de Karachi. Construite grâce à l'aide soviétique, celle-ci absorbe une part importante des investissements publics, mais lorsqu'elle fonctionnera à plein rendements elle produira quelques 3.5 millions de tonnes d'acier et occupera près de 18000 personnes. Cet établissement, qui viendra s'ajouter à ceux, plus petits, de Hyderabad, de Multan, de Lahore et de Rawalpindi, jouera un rôle fondamental dans l'économie. Une fonderie existe à Taxila ; une scierie à Peshawar ; enfin, le Pakistan se dote d'un complexe destiné à la production d'aluminium, qu'il construit en joint venture avec l'Arabie Saoudite. L'industrie mécanique est représentée par le montage (automobiles à Karachi, dans un établissement d'Etat auquel s'est ajoutée en 1982 une usine de montage des voitures japonaises Suzuki) et la réparation navale à Karachi, ferroviaire à Lahore, sans oublier la multitude de petits établissements de mécanique légère fabriquant des pièces de rechange, des bicyclettes et autres objets manufacturés. L'industrie chimique, peu développée, est axée sur la production d'engrais et d'autres produits destinés à l'agriculture. Très active, en partie grâce à l'appui de l'Etat, l'industrie du coton vient au premier rang dans le pays par la main d'oeuvre qu'elle emploie. Disséminée dans un grand nombre de villes, elle alimente un fort courant d'exportation et un artisanat diffus ; mais depuis quelque temps elle se ressent des effets de la politique protectionniste de certains pays importateurs, clients traditionnels des manufactures pakistanaises. La gamme des industries pakistanaises. La gamme des industries alimentaires est très diversifiée : aux sucreries, qui en représentent la branche la plus importante, surtout dans les régions productrices de canne, s'ajoutent en effet des savonneries, des cimenteries, des tanneries, des fabriques de chaussures et des verreries, sans oublier les usines spécialisées dans la fabrication d'articles métalliques. LES COMMUNICATIONS ET LE COMMERCE : Bien que les voies de communication aient été nettement améliorées dans le cadre du développement général du pays, les réseaux routier et ferroviaire conservent toujours le tracé que leur donnent les Anglais. La Pakistan est traditionnellement une région de transit entre le haut plateau iranien et l'Inde gangétique, la route naturelle entre ces deux régions ayant été pendant des siècles la vallée de Kaboul et la fameuse passe de Khyber (voir photos sur ce site), qui garde toute son importance, spécialement depuis l'intervention soviétique en Afghanistan. L'autre voie naturelle de pénétration est l'Indus. L'axe ferroviaire principal part de Karachi vers le nord, pour se ramifier dans le Punjab en direction de Peshawar et de Lahore. Les communications aériennes, assurées par les Pakistan International Airlines (PIA), jouent un rôle très important. Les principaux aéroports sont ceux de Karachi, Lahore, Hyderabad, Faisalabad et Multan. Le port de Karachi draine la presque totalité du commerce extérieur du pays et de l'Afghanistan voisin ; un second port se situe à Phitti Creek, à 30 km de la ville (nommé port Muhammad Bin Qasim), doté d'un équipement spécialisé pour les pondéreux et les hydrocarbures. La balance commerciale du Pakistan est fortement déficitaire. Les rentrées de devises des émigrés ne suffisent pas pour équilibrer la balance des paiements, cette dernière tendance est moins forte depuis 1997.
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