LE
MOIS DE RAMADAN : MOIS SACRE A REUSSIR
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Concernant les vertus du Ramadhan.
Hadice 1

Salmaan (radhia Allahou anhou) rapporte :
" Le dernier jour de Cha'baane, le Messager d'Allah (sallallâhou alayhi
wa sallam) nous fit ce discours: " O gens, il arrive un grand mois, un
mois rempli de bénédictions, dans lequel se trouve une nuit meilleure que mille
mois (Laïlatoul-Qadr). C'est un mois dans lequel Allah a rendu obligatoire de
jeûner le jour et " sounnat " de prier la nuit ( Tarawih ). Pour
quiconque désire s'approcher d'Allah en accomplissant des actes surérogatoires
(nawâfil) durant ce mois, il lui sera compté une récompense comme s'il avait
accompli un acte obligatoire d'un autre moment de l'année et celui qui
accomplit un acte obligatoire (fardh) recevra la récompense de soixante-dix
" farâïdh " d'un autre moment de l'année. C'est un mois de patience
(Sabr) et la récompense de la patience est le paradis. C'est un mois de
sympathie envers ses compagnons. C'est un mois où la portion du croyant
augmente. Quiconque donnera quelque chose à un jeûneur au moment de rompre le
jeûne (iftar) obtiendra le pardon de ses péchés et la protection contre le feu
de l'enfer et il recevra la même récompense que lui, sans que celle de ce
dernier ne soit en rien diminuée ". Les Sahaba (radhia Allahou anhoum)
dirent: " O Messager d'Allah, nous ne pouvons pas tous trouver de quoi
donner à un jeûneur pour qu'il rompe son jeûne. " Raçouloullah
(sallallâhou alayhi wa sallam) répondit : " ( il n'est pas nécessaire de
donner à manger à satiété car ) Allah accorde la même récompense pour celui qui
donne à un jeûneur une simple datte ou un peu d'eau ou de lait au moment de
l'iftâr ".
" C'est un mois tel que sa
première partie est une miséricorde, son milieu le pardon et la dernière : la
libération du feu de l'enfer. Quiconque allégera le fardeau de ses serviteurs
en ce mois, Allah lui pardonnera et le libérera du feu ( de l'enfer). Dans ce
mois, vous devriez vous appliquer à accomplir quatre choses en grande quantité
: deux pour le plaisir de votre Seigneur et deux telles que vous ne puissiez
vous en passer. Celles qui sont pour le plaisir de votre Seigneur sont :
réciter en grande quantité le kalima tayyibah : " Lâ ilâha ilallâh
" et faire beaucoup de demandes de pardon ( Istighfar ). Et quant aux deux
choses dont vous ne puissiez vous passer, ce sont : implorer Allah pour Son
Paradis et Lui demander protection contre l'enfer ".
" Celui qui donnera à boire à un
jeûneur, Allah lui fera boire de mon bassin (Hauz), le jour du jugement, d'une
telle eau qu'il ne sentira plus la soif jusqu'à ce qu'il rentre au Paradis.
" ( rapporté par Khouzaïmah dans son Sahih ).
COMMENTAIRE
Un grand nombre de sujets importants ont
été abordés dans ce hadice. Tout d'abord, l'on remarque que l’Envoyé d’Allah
(sallallâhou alayhi wa sallam) a fait ce sermon à la fin de Cha'baane, attirant
ainsi notre attention sur l'importance du Ramadhan afin de nous tirer de notre
état d'insouciance.
Après la description des vertus de ce
mois, l'accent a été mis ensuite sur plusieurs autres points. Tout d'abord : la
nuit du Destin ( Laïlatoul-Qadr), qui est sans aucun doute une nuit de très
grande valeur ( comme nous le verrons au chap. II). Ensuite le Prophète
(sallallâhou alayhi wa sallam) a dit qu'Allah avait rendu obligatoire de jeûner
durant le jour et sounnat de prier la nuit (Tarawih.) On voit ainsi que le
tarawih est une sounnat ordonnée par Allah Lui-même. Quant aux versions dans
lesquelles le Prophète (sallallâhou alayhi wa sallam) a dit : " Je l'ai
rendu sounnat ", elles montrent par là qu'il a voulu mettre l'emphase sur
l'accomplissement de cette prière. C'est pour cela que toutes les autorités
religieuses sont unanimes au sujet de tarawih hormis les Rawafiz. Mawlana Shah
Abdoul-Haq Dehlawi r.a. écrit dans son livre " Maa thabata bis sounnah
" , d’après certains livres de jurisprudence, que si les habitants d'une
ville négligeaient la prière de tarawih, l'autorité religieuse pouvait les y
contraindre par la force.
Une remarque s'impose au sujet de cette
prière. Beaucoup pensent qu'il suffit simplement pour pouvoir s'acquitter de
cette sounnat, d'écouter la récitation complète du Qour’aan dans la prière de
Tarawih, comme on le fait dans certaines mosquées, en huit ou dix jours
seulement. Ils se trompent, car il faut bien distinguer deux choses : écouter
le Qour’aan en entier pendant le Ramadhan - qui est une sounnat - et accomplir
la prière de Tarawih - qui en est une autre. Dans ce cas, ils en auront
respecté une et délaissé une autre. On devrait au contraire, s'appliquer à
faire les deux avec grand soin.
Quand à ceux qui voyagent ou qui, pour
une raison ou pour une autre, ne peuvent accomplir les deux en même temps, il
leur est conseillé d'écouter, dès les premiers jours, le Qour’aan en entier,
dans la prière de tarawih et de rejoindre celle-ci dès qu'ils en auront
l'occasion.
Un autre point important dans ce hadice
est le fait que l’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) nous ait
informés que tout acte surérogatoire (nafil), durant le Ramadhan était
récompensé autant qu'un acte obligatoire en temps normal et que tout acte
obligatoire équivalait à soixante dix ( faraïdh ) des autres mois. A ce propos
il serait bon que nous réfléchissions à notre attitude quant à nos différentes
activités religieuses durant ce mois : combien d'importance accordons-nous à
celles qui sont obligatoires et que faisons- nous de plus en ce qui concerne
les surérogatoires ?
En ce qui concerne les " Faraïdh
", nous trouvons beaucoup de gens qui, après avoir pris le " souhour
" ou sehri en ourdou : le repas avant l'aube), retournent se coucher et
accomplissent ainsi leur prière de l'aube (fadjr) après son heure, ou du moins,
en dehors du groupe (Djamaat). En guise de remerciement envers Allah pour le
sauhour, nous accomplissons l'une des obligations les plus importantes après
son heure ou de façon incomplète!
L'Envoyé d'Allah (sallallâhou alayhi wa
sallam) a dit : " Il n'y a pas de prière pour celui qui habite à côté
d'une mosquée, si ce n'est dans la mosquée ".
Il est mentionné dans le livre"
Mazaahiré Haq " qu'une personne qui accomplit sa prière en dehors du
groupe(djamaate), sans excuse valable, se verra acquittée de son obligation
mais, en échange, ne recevra pas de récompense ( sawab ).
De la même façon, dans la plupart des
cas, au moment de l’iftâr, les gens manquent la prière de maghrib en groupe,
sans parler du " takbir el oula " ( formule d'ouverture de la prière )
ou de la première rakate...
Beaucoup d'autres, à cause de la longueur
de tarawih, font même la prière Icha avant son heure ! Voila la triste façon
dont nous nous occupons de nos actes d'adoration pendant le Ramadhan. Dans le
but d'accomplir un fardh, nous en négligeons trois autres ! Combien d'autres
fois encore, nous délaissons la prière Zohr à cause de la sieste, tandis que le
temps de la prière Asr passe alors que nous sommes occupés dans nos achats,
notre commerce et la préparation du repas pour l’iftâr...
Si tel est le cas pour les farâïdh, alors
on peut s'imaginer ce qu'il en est pour les nawâfil ! Le temps de la prière
Ichrâq ( après le lever du soleil ) et Dhoha " Tchiast " (
avant midi) passent alors que nous dormons. Quant à la prière Awwâbine (nafil
après maghrib), qui la fait ? En effet, à peine avons nous rompu notre jeûne
que le fardeau du Tarawih commence à nous préoccuper ! Ensuite, au moment du
Tahadjoud (prière nafil au milieu de la nuit), c'est précisément l'heure de
prendre notre sauhour et il ne nous reste ainsi plus aucun moment pour
accomplir des nawâfil !
Tout cela est dû à notre négligence et à
notre mauvaise volonté, car comme le dit un dicton ( ourdou ) : "
Si tu n'éprouves pas le désir de faire une chose, alors, tu trouveras mille
excuses ! ", pourtant combien de serviteurs d'Allah trouvaient, dans
ces mêmes instants, le temps d'accomplir toutes ces ibaadate ( actes
d'adoration ) ! Ainsi, j'ai personnellement observé mon professeur Mawlana
Khalil Ahmad r.a. au cours de nombreux Ramadhans. C'était un homme faible,
malade, d'âge avancé mais en dépit de tout cela, il avait l'habitude de réciter
un djouz un quart du Qour’aan ( un djouz est équivalent à un trentième du livre
sacré), seul ou en groupe durant la prière nafil après maghrib. Il consacrait
alors environ une demi-heure pour manger et se préparer avant la prière de
tarawih, qu’il accomplissait en deux heures et demie lorsqu'il se trouvait en
Inde et trois heures lorsqu'il séjournait à Madina Mounawwarah. Puis il se
reposait deux ou trois heures (suivant la saison) et récitait ensuite le
Qour’aan dans la prière de Tahadjoud. Une demi-heure avant l'aurore, il prenait
son repas de sauhour(sehri). Il lisait ensuite le Qour’aan jusqu'à la prière de
fadjr ou récitait ses wazifas (formules de souvenir d'Allah ), puis il
accomplissait sa prière et restait en méditation (Moraaqaba) jusqu’au lever du
soleil.
Après la prière d’Ichraaq, il se reposait
environ une heure et ensuite jusqu'à midi ou une heure (en été) il écrivait son
livre " Bazloul Majhoud " et s'occupait de son courrier. Il se
reposait ensuite jusqu'à la prière Zohr, puis lisait le Qour’aan jusqu'à la
prière Asr. De Asr jusqu'à la prière Maghrib, il restait occupé dans le
souvenir d'Allah et les conversations avec ses visiteurs.
Lorsqu'il eût complété " Bazloul
Majhoud ", il se plongea dans l'étude d'autres ouvrages religieux. Tel
était son programme journalier tout au long de l'année, excepté dans le
Ramadhan où il allongeait la durée de ses prières. Quant aux autres personnes
pieuses, tout le monde ne saurait les suivre dans leur programme spécifique à
cette période de l'année!
Shaikh oul Hind Mawlana Mahmoud oul
Hassan r.a. restait en prière nafil après le Tarawih jusqu'au fadjr et écoutait
ensuite, tour à tour, la lecture du Qour’aan par différents Houffaz.
Mawlana Shah Abdour-Rahim Raïpouri r.a.
restait constamment occupé dans la récitation du Qour’aan, le jour comme la
nuit tout au long du Ramadhan, à tel point qu'il ne lui restait plus de temps
pour répondre à son courrier ou accueillir ses visiteurs. Seuls ses plus
proches serviteurs étaient autorisés à le visiter après le Tarawih, pour un
court instant, tandis qu'il prenait une tasse de thé.
La raison de mentionner la manière dont
ces saints personnages passaient leur Ramadhan n'a pas été fait uniquement dans
le but de pouvoir les lire (sans en tirer aucun avantage) mais plutôt dans
l'intention de pouvoir suivre leurs nobles exemples, du mieux que nous
puissions.
Comme ce serait merveilleux que ceux qui
sont dégagés des obligations de ce monde, après avoir gaspillé les onze mois de
l'année, puissent faire leur possible en ce mois pour réformer leur vie
religieuse !
Et quelle difficulté y aurait-il, pour
ceux qui doivent se rendre à leur bureau ou au travail à huit, neuf ou dix
heures, à lire le Qour’aan depuis fadjr jusqu'à l'heure de ce même travail ?
Après tout, ne trouvons-nous pas du temps, à de tels moments, pour satisfaire
d'autres besoins de ce monde ?
Quant à ceux qui s'occupent d'agriculture
et qui ne sont en général au service de personne, rien ne les empêche de
réciter le Qour’aan durant leurs activités dans les champs. Pour les hommes d’affaires, les commerçants et
marchands, il n'est pas difficile, non plus, pour eux de diminuer leur temps de
travail ou bien alors de lire le Qour’aan pendant leurs activités (en l'absence
de clients ou à tout autre moment ). En effet, il existe un lien très fort
entre le Ramadhan et la Parole d'Allah. La plupart des Ecritures divines furent
ainsi révélées au cours de ce mois. Le Qour’aan descendit en entier du
"Lawh al Mahfouz" ( La table bien gardée ) jusqu'au premier ciel de
ce monde, duquel il fut révélé progressivement à l’Envoyé d’Allah (sallallâhou
alayhi wa sallam) durant une période de vingt-trois années. Le Prophète Ibrahim
(alayhis salâm) reçut ses "feuillets" le premier ou le trois de ce
mois, tandis que Daoud (alayhis salâm) eut la révélation des psaumes, le douze
ou le dix-huit du même mois. Le Prophète Moussa (alyhis salâm) reçut la
"Thora" le six et Issa (alyhis salâm), l'Evangile (Indjîl), le douze
ou le treize de ce mois. Ainsi, on devrait lire abondamment le Saint-Qour’aan
comme c'était l'habitude de nos mashâïkh (pieuses personnes).
On voit dans un hadice que Djibraïl
(alyhis salâm) récitait, durant ce mois, le Qour’aan, à notre bien-aimé
Prophète (sallallâhou alayhi wa sallam).
Suivant d'autres versions, on dit que
l’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) récitait tandis que Djibraïl
(alyhis salâm) écoutait. En regroupant ces deux versions, les savants ont dit
qu'il était Moustahab ( souhaitable ) de lire le Qour’aan Charif de façon à ce
que l'un lise et que l'autre écoute, tour à tour, comme on le fait de nos
jours.
Nous devrions, ainsi, lire le Qour’aan,
autant que nous pouvons et ne pas gaspiller le temps qui reste. En effet,
l’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) a attiré notre attention, à la
fin de ce hadice, sur quatre choses qu'il nous a conseillés de faire, en ce
mois, en grande quantité : la récitation du Kalima Tayyiba, l’istighfâr
(demande de pardon), implorer pour son admission au paradis et demander refuge
contre l'enfer. Ainsi, on devrait utiliser tout moment libre à cette fin,
montrant par là que nous avons pris en considération la parole du Prophète
(sallallâhou alayhi wa sallam). Qu' y aurait-il de si difficile à ce que, tout
en restant occupés à nos tâches journalières, nos langues s'agitent dans la
lecture du Douroud Charif ( Salutation sur le prophète (sallallâhou alayhi wa
sallam)) ou du Kalima Tayyiba ? Comme le dit un poème: " O Allah,
j’étais occupé dans les choses de ce monde, mais jamais je ne t'ai oublié !
"
Dans le même hadice, l’Envoyé d’Allah
(sallallâhou alayhi wa sallam) nous a parlé de quelques autres particularités
et règles de conduite.
Le Ramadhan est le mois de la patience.
Donc, même si nous devons essuyer quelques difficultés durant le jeûne, nous
devrions supporter tout cela avec gaieté de coeur et patience et non pas nous
plaindre aux autres comme le font en général les gens, en période des fortes
chaleurs de l'été, ou comme certains qui manquent le sauhour et commencent à
s'en plaindre dès le matin.
Si également nous nous sentons fatigués
au moment du Tarawih, là aussi, il nous faudra faire preuve de patience et
contentement et ne pas considérer tout cela comme un fardeau ou une épreuve,
sinon de telles actions risqueraient de perdre crédit auprès d'Allah et ce
serait, pour nous, une grosse perte. Quand, pour quelques motifs de ce monde,
nous nous détournons de nos conforts matériels et abandonnons nourriture et
boisson, que sont ces petites difficultés en comparaison du plaisir d'Allah ?
Ensuite le hadice nous montre que c'est
un mois de sympathie plus spécialement envers les pauvres et les personnes
démunies. Ainsi, de façon pratique, lorsque nous trouvons placées devant nous,
dix choses pour l’iftâr, trois ou quatre devraient être mises de côté pour eux,
même si, en réalité, ils mériteraient autant que nous.( Nous devrions, ainsi,
chacun suivant nos moyens, leur réserver une part à ces moments là.)
Les Sahabas (radhia Allahou anhoum) ont
légué aux gens des modèles, des exemples et toutes sortes de règles de
conduite. Ils ont éclairci chaque principe et chaque théorie de la religion de
telle sorte qu'il ne nous reste plus maintenant aucun obstacle ni aucun point
obscur dans la voie de la pratique. Tout s'offre à nous avec le maximum de
clarté et de facilité et il nous suffit de suivre les pas de ces grands
personnages car ils proviennent de véritables hommes de coeur. Ils nous ont laissé
des centaines , voire des milliers de récits étonnants à ce sujet. Prenez
l'exemple suivant : Abou Jahm (radhia Allahou anhou) raconte : " J'étais
parti à la recherche de mon cousin qui participait, à ce moment là, à la guerre
de Yarmouk. J'avais emporté avec moi un peu d'eau, au cas où il lui reste
encore un souffle de vie, que je puisse lui donner à boire et lui laver les
mains et le visage. Je le trouvai étendu ( gisant parmi les blessés ). Lorsque
je lui demandai s'il voulait de l'eau, il me fit signe que oui. Au même moment,
quelqu'un près de lui se mit à gémir. Mon cousin fit signe en sa direction,
montrant par là qu'il fallait d'abord lui donner. Je me précipitai alors vers
celui-ci et lui demandai s'il voulait de l'eau et il me répondit par un signe
affirmatif. Juste comme j'allai lui donner, une troisième personne se mit à
gémir prés de lui. Le second montra en direction du troisième afin qu'on lui
donne en premier. Je me rendis auprès de lui, mais il rendit l'âme avant qu'il
ne puisse boire, je retournai alors auprès du second et le trouvai mort lui
aussi. Lorsque je retournai auprès de mon cousin, je découvris que lui aussi
avait perdu la vie ".
Tel est l'esprit de sacrifice que
possédait nos ancêtres, ils préféraient mourir de soif plutôt que de boire
avant leur propre frère. Qu'Allah les agrée et nous permette de suivre leur
traces !
Il est rapporté dans l'ouvrage "
Rouh al Bayan " une citation du livre "Ja’maa al saghir "
de Souyouti r.a. et du livre "Maqaasib" de Sakhaoui,
mentionnant que Ibn Omar (radhia Allahou anhou) a rapporté une tradition du
Prophète (sallallâhou alayhi wa sallam) disant qu'à chaque époque, il se
trouverait dans sa communauté, cinq cents hommes pieux et quarante Abdâls
(Elites spirituelles). Lorsque l'un deux mourait un autre le remplaçait. Les
Compagnons interrogèrent au sujet de leurs actions particulières. Le Prophète
(sallallâhou alayhi wa sallam) répondit : " Ils pardonnent à
l'oppresseur, rendent le bien pour le mal et aident les indigents avec les
biens qu'Allah a mis à leur disposition. "
Dans un autre hadice il est mentionné que
celui qui nourrit les affamés, habille les gens démunis et donne refuge aux
voyageurs, sera sûrement protégé par Allah contre les atrocités du jour du
jugement.
Yahya Barmaki r.a. dépensait tous les
mois mille dirhams en faveur de l'imam Soufyan Thawri r.a., celui-ci, alors, se
prosternait devant Allah et faisait cette invocation : " O Allah, Yahya
m'a pourvu suffisamment pour mes besoins de ce monde et Toi, par Ton immense
Grâce, Veille à ses besoins dans l'autre ( monde) ! ". Après la mort
de Yahya r.a., quelques-uns le virent en rêve et lui demandèrent ce qui lui
était advenu , il répondit: " Allah m'a pardonné grâce aux invocations
de Soufyan ".
Ensuite l’Envoyé d’Allah (sallallâhou
alayhi wa sallam) a mentionné les mérites de donner à manger à un jeûneur au
moment de l’iftâr. Il est spécifié dans un hadice que ceux qui, durant le
Ramadhan, donneront l’iftâr à un jeûneur au moyen d'une chose licite,
bénéficieront au cours de ces nuits, de la bénédiction des anges et, durant
celle d’Al Quadr, recevront la visite personnelle de Djibraïl (alyhis salâm).
Comme signe de cette grâce, ils verront leur coeur s'attendrir et leurs yeux se
rempliront de larmes.
Hammâd bin Sâlama r.a., un célèbre
mouhaddith, assurait chaque jour du Ramadhan l’iftâr à une cinquantaine de
personnes ( Rouh al Bayan).
Vers la fin du hadice, l’Envoyé d’Allah
(sallallâhou alayhi wa sallam) a désigné la première partie du Ramadhan comme
une période de miséricorde accordée en général à tous les musulmans. Ceux qui
se montreront reconnaissants envers Allah pour Ses Faveurs en seront davantage
favorisés. Le Qour’aan dit: " Si vous êtes reconnaissants, Je vous
accorderais davantage ".
Le milieu du Ramadhan est une période de
pardon accordé aux musulmans, parce qu’ils viennent de terminer une partie de
leur mois de jeûne.
La dernière partie assure l'immunité
contre le feu de l'enfer comme cela a été confirmé dans de nombreux ahaadith
semblables.
D’après mon opinion personnelle, le
Ramadhan a été divisé en trois parties car les gens sont généralement de trois
sortes. Tout d’abord, il y a ceux qui sont exempts de tout péché. Pour eux, la
Grâce et la Miséricorde d'Allah se manifestent dès le tout début. Deuxièmement,
il y a les pécheurs moyens qui sont pardonnés après avoir accompli un tiers du
Ramadhan. Troisièmement vient la catégorie des pécheurs endurcis pour qui le
pardon n'est accordé qu’après avoir jeûné la majeure partie de ce mois. Quant à
ceux pour qui se manifeste la miséricorde d'Allah dès le début ( Etant absous
de tout péché ), ils connaîtront très certainement les innombrables faveurs
d'Allah ( Comme Lui seul connaît ! ) .
Le Prophète (sallallâhou alayhi wa
sallam) attire ensuite notre attention sur une autre chose : les patrons
(maîtres) devraient se montrer indulgents envers leurs employés (serviteurs),
car ils font aussi le jeûne et risquent de ne pas pouvoir supporter une trop
lourde tâche. Et s’il y a trop de travail, pourquoi n'embaucheraient-ils pas un
ou deux travailleurs en plus pour les soulager ? Cela, bien entendu, uniquement
dans le cas où ces employés jeûnent, sinon, le Ramadhan n'ayant aucun effet sur
eux, quelle différence pourrait-il y avoir entre ce mois et un autre ?
Que dire également de l'abus de ces
patrons qui ne jeûnent pas et font travailler sans aucune honte, leurs employés
en état de jeûne et s'il leur arrive quelque insuffisance à cause de celui-ci
ou de la prière, ils leurs tombent dessus et les réprimandent sévèrement ? Mais
" bientôt les oppresseurs sauront vers quel endroit ( de tourment ) ils
retourneront ( l'enfer ). "
Finalement, le Prophète (sallallâhou
alayhi wa sallam) exhorta les Sahabas (radhia Allahou anhou) à accomplir
constamment quatre actions. Premièrement : la récitation du Kalima Tayyiba qui
est désigné dans d'autres ahaadith comme étant la plus haute forme de Zikr
(Souvenir d'Allah). Dans le "Mishkaat", Abou Saîd Khoudri (radhia
Allahou anhou) rapporte: " Une fois, le Prophète Moussa (alyhis salâm)
demanda : " O Allah, enseigne-moi une invocation par laquelle je
puisse me rappeler de Toi et T'invoquer. " Allah lui demanda alors de
réciter le Kalima: " Lâ ilâha illallâh ". Le Prophète Moussa
(alyhis salâm) dit : " O Allah, c'est un Kalima que tous les serviteurs
utilisent, je désire un Zikr spécial " . Allah répondit: " O
Moussa, si les sept cieux et les sept terres et tous leurs habitants excepté
Moi-Même, étaient placés dans un plateau d'une balance et ce Kalima dans
l'autre, le Kalima l'emporterait " .
Dans un autre hadice, il est mentionné: "
Si quelqu'un récite sincèrement ce Kalima, les portes du ciel s'ouvrent
immédiatement et rien ne peut l'empêcher d'atteindre le trône d'Allah, aussi
longtemps que celui qui l'a formulé s'abstient de commettre des grands péchés
".
Regardez comment Allah, dans Son Infinie
Miséricorde, pourvoit en grande quantité aux choses indispensables à tous.
Prenons l'eau par exemple, elle existe en telle abondance que l'on ne peut la
mesurer, tandis que l'or, qui n'est pas d'un usage courant se trouve plus
rarement. De la même façon, on peut trouver le Kalima qui est la plus haute
forme de Zikr, sur toutes les langues de ceux qui veulent bien le réciter . Nul
n'en est privé, sauf celui qui le veut bien et en demeure seul responsable. Il
existe ainsi d'autres ahaadith affirmant la supériorité de ce Kalima, mais pour
abréger, nous nous contenterons des quelques uns cités plus haut.
La seconde chose que l'on devrait réciter
avec abondance est l’istighfâr (demande de pardon). Plusieurs ahaadith font
mention de ses vertus. Dans l'un d’eux nous lisons:
" Allah aplanit toutes les
difficultés et estompe tous les soucis de celui qui fait beaucoup l'Istighfar
et Il le pourvoit d'une façon dont il ne s'attendait pas."
Dans un autre hadice, l'Envoyé d'Allah
(sallallâhou alayhi wa sallam) a dit: " Tous les fils d'Adam sont
pécheurs et les meilleurs sont ceux qui se repentent ".
On voit également dans une autre
tradition que lorsqu'un homme commet un péché, un point noir s'inscrit sur son
coeur et quand il se repent, ce point noir disparaît aussitôt, mais s’il
persiste, celui-ci grossit et finit par obscurcir son coeur tout entier.
Finalement, le Prophète (sallallâhou
alayhi wa sallam) nous a conseillé de faire deux choses dont on ne puisse se
passer : " implorer Allah pour Son paradis et Lui demander protection
contre l'enfer ".
Qu'Allah, par Sa Grâce, nous accorde à
tous une place dans le paradis et nous protège du feu de l'enfer!
Hadice 2

Abou Hourairah (radhia Allahou anhou)
rapporte que l' Envoyé d'Allah (radhia Allahou anhou) a dit : " Cinq
choses particulières ont été attribuées à ma communauté telles qu'elles ne
l'avaient jamais été auparavant à aucune autre : l'odeur de la bouche d'un
jeûneur est plus agréable à Allah que le parfum du musc. Les poissons ne
cessent de demander le pardon en sa faveur jusqu’à ce qu’il rompe son jeûne. Allah
( Exalté soit-Il ) embellit chaque jour Son Paradis et dit ensuite : Le temps
est proche où mes fidèles serviteurs laisseront les grandes épreuves(de ce
monde) et viendront à toi. Dans ce mois les démons rebelles sont enchaînés, les
empêchant ainsi d'engendrer tous les vices qu'ils occasionnent en temps
ordinaire. La dernière nuit, ils (les jeûneurs) sont pardonnés ". Les
Sahabas (radhia Allahou anhoum) demandèrent alors: " Est-ce que
c'est la nuit d’Al Quadr ? " Il répondit : " Non, mais n'est-il pas
juste, en vérité, qu'un travailleur ne reçoive son salaire qu'après avoir
accompli son labeur ? ".
COMMENTAIRE
Dans ce hadice, l' Envoyé d'Allah
(sallallâhou alayhi wa sallam) a mentionné cinq faveurs exclusives à sa
communauté, dont aucun autre jeûneur n'avait pu bénéficier auparavant. Si
seulement nous pouvions véritablement apprécier cette grande bonté de la part
d'Allah, alors nous ferions notre possible pour obtenir ses grâces spéciales !
Premièrement, il nous est dit que la
mauvaise odeur qui se dégage de la bouche du jeûneur, à cause de la faim, est
plus agréable pour Allah que le parfum du musc.
Selon certains commentateurs de hadice,
celui-ci comprend huit sens (que j'ai déjà énumérés dans mon commentaire du
livre Mou'atta) et à mon avis,
j'en retiendrai trois.
a) Certains sont de l'opinion que dans
l'autre monde, Allah donnera comme récompense, en échange de cette odeur de la
bouche, un parfum plus subtil que le musc. Ce sens là parait évident et
d'ailleurs, il existe dans Dourré Mansour, un hadice confirmant cette version.
b) Au jour de la Résurrection, on
reconnaîtra les jeûneurs, quand ils se lèveront de leurs tombes, grâce à un
parfum meilleur que le musc qui sortira de leur bouche.
c) Dès ici-bas, cette mauvaise haleine a
plus de valeur, aux yeux d'Allah, que le musc.
Cette dernière interprétation est, à mon
humble avis, la plus acceptable car elle témoigne du lien d'amour qui existe
entre Allah et Ses créatures qui font le jeûne. Pour l'amoureux, la mauvaise
odeur de l'être aimé est meilleure que tous les parfums. Et dans ce cas, c'est
Allah Lui-même qui aime et qui manifeste son état de rapprochement avec les
jeûneurs.
Le jeûne est parmi les actes d'adoration
préférés d'Allah. C'est pour cela qu’il est dit dans un hadice Qoudsi: "
Toutes les bonnes actions sont rétribuées par l'intermédiaire des anges,
excepté le jeûne. C'est Moi Seul qui en donnerai la récompense parce qu’il a
été fait uniquement pour Moi ". Certains mashâïkh traduisent ce
passage du hadice: " Adjzi bihi " ainsi: "C'est Moi qui
serai la récompense ". Et Quelle récompense, pour l'amoureux,
pourrait-elle être plus grande que celle d'obtenir l'être aimé lui-même !
Dans un autre hadice, il est dit : "
Le jeûne est la porte de toutes autres formes d'adoration ". Cela
signifie qu'au moyen du jeûne, le coeur s'illumine, permettant ainsi
d'augmenter le désir d'accomplir les autres formes d'adoration. Tel est le cas,
seulement si ce jeûne est un jeûne au véritable sens du terme, c'est à dire
accompli suivant toutes les règles exigées ( Comme nous le verrons plus tard au
hadice 9 ) et non pas le simple fait de rester sans boire ni manger.
Note.
J'aimerai maintenant attirer l'attention
sur un point particulier. En raison de ce hadice, certains imams ont interdit
de se nettoyer la bouche avec un miswak ( bâton utilisé pour se frotter les
dents. ) durant les après-midis du Ramadhan, alors que les Hanafis considèrent
celui-ci comme : " Moustahab " ( souhaitable) à tout moment. (Comme
on peut le trouver dans leurs livres de jurisprudence). En effet, par
l'intermédiaire du miswak, l'odeur de la bouche est dissipée, alors que l'odeur
dont on parle dans le hadice, provient de l'estomac vide et n'a donc rien à
voir avec celle-ci.
La seconde faveur particulière est le
fait que les poissons invoquent le pardon pour les jeûneurs. Le Prophète
(sallallâhou alayhi wa sallam) a voulu montrer ainsi qu'un grand nombre de
créatures priaient en leur faveur. Dans certaines versions on dit que les anges
également demandent le pardon pour eux. Mon oncle Mawlana Mohammad Ilyas r.a.
disait qu'il en était ainsi apparemment parce qu'Allah avait dit dans le
Qour’aan : " En vérité, ceux qui ont cru et font oeuvres bonnes, le
Miséricordieux suscitera de l'amour pour eux ". De même, il est dit
dans un hadice: " Quand Allah aime quelqu'un, Il dit à Djibraïl (alyhis
salâm): J'aime cette personne, toi aussi aime la. Alors Djibraïl
(alyhis salâm) aime cette personne et l'annonce ainsi dans les cieux : Cette
personne est aimée d'Allah, vous aussi, aimez la ! Alors les habitants des
cieux se mettent à l'aimer et l'amour pour cette personne se répand sur la
terre ".
Habituellement, l'amour est réservé aux
gens proches de l’être aimé, mais on voit ici qu'il déborde au-delà de ces
limites et qu'il atteint les poissons dans la mer et que ceux-ci se mettent
alors à prier pour eux, tout comme les animaux de la forêt).
Le troisième privilège accordé aux
jeûneurs est le fait que le paradis leur soit embelli. On voit dans plusieurs
ahaadith qu'au tout début de l'année, le paradis fait l'objet de nombreux
ornements en vue du Ramadhan béni. Il est connu que lorsqu'on attend la visite
d'une personne importante, un grand soin est pris dans la préparation de sa
venue. Pour un mariage par exemple, les préparatifs commencent plusieurs mois à
l'avance. Tel est le cas pour le Ramadhan.
La quatrième faveur est le fait que les
démons soient enchaînés durant ce mois, diminuant ainsi la présence du mal. Ce
mois aurait été pour eux une bonne occasion pour qu'ils fassent tous leurs
efforts pour tromper l'homme, au moment où il en avait le plus besoin pour se
concentrer dans ses devoirs religieux. Au contraire, nous constatons une
diminution certaine du mal. Ainsi combien d'alcooliques, à cause de ce mois
béni, ne s'arrêtent-ils pas de boire et combien d'autres personnes qui
commettaient ouvertement des péchés, ne s'en écartent-elles pas également ?
Mais ceci ne veut pas dire que les péchés
disparaissent complètement, ce serait trop beau ; seuls les plus importants
diminuent et régressent de façon certaine. Une question pourrait alors ici se
poser : " Si les démons sont enchaînés, comment se fait-il que le mal
persiste, même à un moindre
degré ? " Tout d'abord il faut
savoir que ce sont, d’après ce hadice, les chayâtine les plus diaboliques qui
sont enchaînés et que l'on voit malgré tout des gens commettre des péchés.
Pourtant cela ne met pas en cause ce hadice, car au cas où les péchés sont
l'effet des autres chayâtine (de toutes sortes) la question, alors ne se pose
pas. Dans certaines versions il est dit que : " Les chayâtine sont
enfermés " sans préciser s'il s'agit des plus diaboliques. Mais dans
ce cas aussi, cela sous-entendrait également ces derniers, car on cite souvent
une expression ( dans les ahaadith) sans en donner aucune précision parceque
celle-ci a été signalée en d'autres endroits. D'autre part, il faut savoir que
les gens ayant vécu onze mois sous l'effet capricieux des chayâtine, à tel
point que leur effet venimeux soit devenu comme une seconde nature, continuent
à perpétrer le mal pendant le Ramadhan, même en leur absence. Il existe
également un hadice qui dit que lorsque quelqu'un commet un péché, un point
noir s'inscrit sur son coeur et que celui-ci disparaît lorsqu'il se repent
sincèrement. Quand il en commet un autre, un autre point apparaît et ainsi de
suite jusqu'à ce que son coeur devienne complètement ténébreux. Alors plus rien
de bon ne peut y pénétrer. A ce sujet Allah a dit dans le Qour’aan: "
Mais sur leur cœur est la rouille ( du mal ) ".
Ainsi leurs coeurs deviennent-ils
complètement noirs et s'inclinent naturellement vers le péché. C'est la raison
pour laquelle certaines personnes ont pris l'habitude de commettre une sorte de
péché sans aucune honte, et pourtant, lorsqu'arrivent d'autres occasions de
faire le mal, elles s'offusquent, tel cet homme qui boit et qui refuse de
manger du porc, alors que ce sont tous deux des péchés aussi graves. Elles ont
tellement pris l'habitude de faire ces péchés en dehors du Ramadhan que leurs
coeurs en sont comme " teintés " et qu'il n'est pas besoin de la
présence des chayâtine pour qu'elles commettent ceux-ci durant ce mois. Donc si
c'est la majorité des chayâtine qui est enchaînée, on comprendra pourquoi, malgré
tout, des péchés sont commis pendant le Ramadhan. Et si ce sont seulement les
plus diaboliques, la question alors ne se pose plus - et c'est là l'explication
la meilleure. Ainsi on peut voir que cela ne demande pas un grand effort et
beaucoup de courage pour accomplir une bonne action durant ce mois. Mawlana
Shah Mohammad Ishaaq r.a. pensait que pour les gens pervers, seuls les démons
rebelles étaient enchaînés, alors que pour les personnes pieuses, c'était la
totalité.
La cinquième faveur est que le pardon
soit accordé lors de la dernière nuit du Ramadhan ( comme nous l'avons vu dans
le hadice précédent). Les Compagnons (radhia Allahou anhoum) pensaient qu'il
s'agissait de la nuit d'al Quadr, à cause des nombreuses bénédictions qu'elle
contenait et ils posèrent la question à l' Envoyé d'Allah (sallallâhou alayhi
wa sallam). Il leur répondit alors négativement et leur montra que c'était
seulement un privilège accordé à la fin du Ramadhan pour avoir fait l'effort de
jeûner jusqu'au bout.
Hadice 3

Ka'ab bin Oudjrah (radhia Allahou anhou)
raconte : " Une fois l’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam)
nous dit : " Rapprochez-vous du mimbar (une chaire) et nous nous rapprochâmes.
Quand il monta sur la première marche il dit :
" Aamine " , lorsqu'il monta
sur la deuxième il dit : " Aamine " et quand il monta sur
la troisième marche il dit (également) : " Aamine ". Après avoir
conclu son sermon, il redescendit, alors nous lui demandâmes : " O
Envoyé d'Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) nous t'avons entendu dire une
chose aujourd'hui que nous n'avions jamais entendue auparavant (en montant sur
le mimbar). Il dit : Djibraïl (alyhis salâm) s'est présenté à moi (lorsque j'ai
posé le pied sur la première marche) et dit : " Malheur à celui qui laisse
passer le Ramadhan sans se faire pardonner ", ce à quoi je répondis :
" Aamine " . Quand je montai sur la deuxième marche, il dit : "
Malheur à celui devant qui ton nom est mentionné et qui ne fait pas de
salutations (n’envoie de douroud) sur toi " . Je répondis : "
Aamine " . Quand je montai sur la troisième marche il dit : "
Malheur à celui qui se trouve en présence de ses parents ou de l’un des deux,
dans leur vieillesse, et que, ceux-ci ne deviennent pas pour lui un moyen
d'accéder au paradis " , je dis : " Aamine
".
COMMENTAIRE
Dans ce hadice, on voit que Djibraïl
(alyhis salâm) a formulé trois malédictions (Bad doua’) auxquelles l'Envoyé
d'Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) a répondu :
" Aamine ". La malédiction d'un
ange aussi rapproché que Djibraïl (alyhis salâm) n'est pas chose minime. En
plus de cela, le fait que le Prophète (sallallâhou alayhi wa sallam) ait
prononcé " Aamine " a bien évidemment aggravé cette malédiction.
Qu'Allah, par Sa grâce, nous donne la
chance de nous préserver de ces trois choses et nous sauve de tels maux, sinon
notre perdition ne fait aucun doute !
Dans l'ouvrage : "Dourré
Mansour", il est mentionné que Djibraïl (alyhis salâm) lui-même conseilla
à l' Envoyé d'Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) de dire " Aamine
", ce que fit le Prophète (sallallâhou alayhi wa sallam) , montrant ainsi
encore mieux l'importance donnée à cette malédiction (bad doua’).
La première personne dont il s'agit dans
ce début du hadice est celle qui laisse passer le Ramadhan sans se faire
pardonner -c'est à dire qui passe ce mois de bénédictions et de bienfaits, dans
l'insouciance et les péchés, alors que pendant celui-ci, le pardon et la
bénédiction divine se répandent comme la pluie. Ainsi, la personne qui passe ce
mois de telle façon, qu'en raison de ses péchés et de ses insuffisances, elle
soit privée du pardon, alors, quel autre moment pourrait-elle trouver pour se
faire pardonner ? Et quel doute pourrait-il subsister au sujet de sa perte ?
Pour se faire pardonner nos péchés, il
nous faudra accomplir correctement, durant ce mois, les obligations prescrites
par Allah : c'est à dire le jeûne, la salah de Tarawih et également passer
beaucoup de temps dans le repentir (Tawbah) et la demande de pardon
(Istighfar).
La seconde personne qui a été maudite est
celle qui entend le nom de l’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) et
ne fait pas de salutations sur lui (comme cela a été mentionné dans beaucoup
d'autres versions). Pour cette raison, certains savants considèrent comme
pratiquement obligatoire (Wadjib) de faire des salutations sur le Prophète
(sallallâhou alayhi wa sallam) à chaque fois que l'on mentionne son nom. A part
le hadice ci-dessus, il existe beaucoup d'autres avertissements très sévères au
sujet de la personne qui, entendant le nom du Prophète (sallallâhou alayhi wa
sallam) n'envoie pas de bénédictions(douroude) sur lui. Certains la considèrent
comme une des plus malheureuses et avare, ou bien dure et s’étant éloignée du
chemin du paradis, jusqu'à ce qu'il il a été dit qu'elle devra rentrer en enfer
ou qu'elle sera considérée comme ayant tourné le dos à sa religion. On dit
également que cette personne ne pourra pas voir le visage lumineux du Prophète
(sallallâhou alayhi wa sallam).
Les savants donnent différentes
interprétations à ces ahaadith, mais le fait demeure que les mots employés par
le Prophète (sallallâhou alayhi wa sallam) au sujet de ces personnes sont si
durs qu'on a de la peine à les supporter. Pourquoi n'en serait-il pas ainsi
lorsque l'on sait que les faveurs de l’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa
sallam) envers sa communauté sont si nombreuses qu'on ne pourrait toutes les
inclure, ni dans nos écrits ni dans nos discours. De plus, si l'on réfléchit
aux nombreux droits que le Prophète (sallallâhou alayhi wa sallam) possède sur
sa communauté (oummat), alors tous les avertissements cités au sujet de cette personne
qui ne fait pas de salutations sur lui (sallallâhou alayhi wa sallam) seront
justifiés. De même, les vertus du douroud charif sont si nombreuses que le
simple fait d'en être privé constitue à lui seul une calamité. Quelle vertu, en
effet, pourrait-elle être plus grande que celle attribuée à celui qui fait des
salutations sur l’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) et en faveur de
qui Allah accorde dix bénédictions ? En plus de cela, il bénéficie de la prière
des anges, du pardon de ses péchés, de l'élévation de son rang, d'une
récompense (sawab) aussi grande que le mont Ouhoud, de l'intercession du
Prophète (sallallâhou alayhi wa sallam) qui devient presque obligatoire
(wadjib) pour lui et de beaucoup d'autres choses en sa faveur : le contentement
d'Allah, Sa clémence, la protection contre Sa colère, l'affranchissement des
atrocités du jugement dernier, la vision de sa place au paradis dans sa vie
même etc... Beaucoup de bonnes annonces ont été également faites au sujet de la
récitation d'un nombre particulier de douroud charif.
En plus de cela, par la lecture du
douroud, la misère et la pauvreté s'éloignent, on se rapproche d'Allah et de
son Prophète (sallallâhou alayhi wa sallam) et l'on reçoit la promesse du
secours contre ses ennemis, les coeurs se purifient et s'éloignent de
l'hypocrisie et de la rouille, et l'on obtient l'amour des autres.
Les savants de jurisprudence (Fiqh) ont
dit qu'il était obligatoire
(Fardh) de faire des salutations sur le
Prophète (sallallâhou alayhi wa sallam) au moins une fois dans sa vie, et tous
les Oulama sont unanimes à ce sujet. Cependant, il existe des divergences quant
au fait de savoir s'il est wadjib ou non de réciter le douroud à chaque fois
que le nom du Prophète (sallallâhou alayhi wa sallam) est mentionné. Pour
certains cela est wadjib et pour d'autres c'est seulement moustahab
(souhaitable).
La troisième personne mentionnée dans ce
hadice est celle qui se trouve auprès de ses parents âgés ou de l'un des deux,
encore vivant, et qui n'est pas restée suffisamment à leur service pour mériter
le paradis. Il existe de nombreux ahaadith sur les devoirs envers les parents.
Les savants en ont ainsi déduit qu'il était obligatoire de leur obéir dans
toutes choses permises, de ne pas leur manquer de respect, de rester humble et
de ne pas leur parler avec fierté et arrogance, même s'ils n'étaient pas
musulmans, de ne jamais élever notre voix au dessus de la leur, ni de les
appeler par leur nom et de leur accorder la préférence en toute choses. Quand
il est nécessaire de les encourager au bien et de les prévenir d'un mal, nous
devrions toujours user de douceur et faire preuve d'indulgence et continuer de
bien les traiter et de faire doua' pour eux, même s'ils refusent d'accepter.
Nous devrions ainsi les honorer et les respecter à chaque instant.
Il est rapporté dans un hadice : " La
meilleure des portes pour entrer au paradis, c'est le père. Libre à vous de la
préserver ou de la perdre ". Un Compagnon demanda à l’Envoyé d’Allah
(sallallâhou alayhi wa sallam): " Quels sont les droits envers les
parents ? " Il répondit : " Ils sont ton paradis ou ton
enfer - c'est à dire que leur contentement conduit au paradis tandis que
leur mécontentement conduit en enfer ". Il est établi plus loin dans
un autre hadice que lorsqu'un fils obéissant regarde ses parents avec amour et
affection, il reçoit pour cela la même récompense que celle d'un pèlerinage
accepté ( Hadj maqboul ). Il est dit dans un autre hadice qu'Allah pardonne
tous les péchés, excepté l'association ( shirk ), cependant Il afflige un
châtiment dans ce monde même, avant la mort, à ceux qui désobéissent à leurs
parents.
Un Compagnon demanda un jour : " O
Prophète d'Allah (sallallâhou alayhi wa sallam), je veux partir pour le
Djihad ". L’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) lui
demanda : " Est ce que ta mère est encore vivante ? " Il
répondit : " Oui " . Le Prophète (sallallâhou alayhi wa sallam)
lui dit alors : " Occupe toi d'elle, car le paradis, pour toi, se
trouve à ses pieds ". Il existe ainsi beaucoup de traditions
mentionnant l'importance et les vertus de l'obéissance aux parents .
D’après un autre hadice, on voit que le
contentement et le mécontentement d'Allah dépendent du contentement et du
mécontentement du père. Il ne faut pourtant pas en déduire, par là, qu'il n'y
ait aucun moyen de s'amender pour ceux qui n'ont pas convenablement respecté et
traité leurs parents aujourd'hui décédés - car suivant la Chariah, il existe
une issue. Les ahaadith nous enseignent en effet, que dans de tels cas, l'on
devrait prier abondamment pour leur pardon, pour pouvoir être ainsi considéré
parmi " les obéissants."
Un autre hadice nous montre que la
meilleure action que l'on puisse faire après la mort de son père est de bien
traiter ses amis et relations.
Hadice 4

Oubaadah bin Saamit (radhi allâhou anhou
) rapporte que l’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) dit une fois à
l'approche du Ramadhan : " Le mois de Ramadhan, le mois de la
bénédiction est arrivé, un mois où Allah se dirige vers vous et fait descendre
Sa Miséricorde Spéciale, vous pardonne vos fautes, accepte vos invocations,
observe votre compétition pour le bien et la vante auprès des anges. Aussi,
exposez à Allah vos bonnes actions, car, en vérité, le plus malheureux sera
celui qui sera privé, en ce mois, de la Miséricorde d'Allah.Plein d’honneur et
de Majesté ".
COMMENTAIRE
Le mot employé par le Prophète
(sallallâhou alayhi wa sallam): " Tanâfous " signifie : faire quelque
chose par envie à l'égard de l'autre et essayer de le surpasser. Cela veut dire
que ceux qui désirent se concurrencer et se surpasser pendant ce mois devraient
faire preuve de leurs qualités. Et si moi-même je ne puis le faire, par manque
de capacité, au moins suis-je ravi de voir comment, dans notre propre maison,
les femmes elles-mêmes se surpassent pour pouvoir lire plus de Qour’aan, à tel
point que, malgré leurs occupations domestiques, elles arrivent à lire quinze
ou vingt djouzs (un djouz = un trentième du Qour’aan) tous les jours. Je
mentionne cela uniquement par reconnaissance envers Allah, en citant Ses Grâces
et non par ostentation. Qu'Il accepte, par Sa Miséricorde, leurs oeuvres ainsi
que les nôtres et nous accorde la capacité de faire davantage !
Hadice 5

Abou Saïd Khoudri (radhi allâhou anhou )
rapporte que l'Envoyé d'Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) a dit :
" Durant chaque jour et
chaque nuit du Ramadhan, Allah (Exalté soit-Il ) libère de nombreuses âmes de
l'enfer, et chaque jour et chaque nuit, tout musulman verra une de ses
invocations exaucée. "
COMMENTAIRE
Il existe de nombreux autres ahaadith à
part celui-ci qui nous montrent que le doua' d'un jeûneur est accepté. Selon
certains, le doua' est accepté à l'heure de l’iftâr, mais malheureusement, à ce
moment précis, nous " tombons " sur la nourriture, à tel point que
nous ne trouvons plus le temps de faire des invocations et que nous oublions
même de faire le doua’ suivant :
![]()
"Allahoumma laka soumtou wa bika
aamantou wa alaïka tawakkaltou wa alaa rizqika aftartou."
" O Allah, c'est pour Toi que
j'ai jeûné, c'est en Toi que je crois et c'est en Toi que je place ma confiance
et par la portion que Tu m'as assignée, je romps mon jeûne ".
Abdoullah bin Amr bin Aas (radhi allâhou
anhou ) faisait, lui ce doua’:
![]()
"Allahoumma inni as alouka bi
rahmatikal lati wa si-ate koulla chay’ïn an taghfira li"
" O Allah, je Te demande,
par Ta Miséricorde qui englobe chaque chose, de me pardonner ".
Dans certains livres ,on lit que l’Envoyé
d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) disait :
![]()
" O Toi qui dispenses avec
largesse, pardonne moi ! "
Beaucoup d'autres invocations ont été
conseillées pour l’iftâr, mais aucun doua’ spécial n’a été fixé. Ce temps est
un temps d’acceptation, aussi soumettez tous vos besoins devant Allah. Et si
vous vous souvenez, n’oubliez pas le pauvre pécheur que je suis dans vos doua’,
car je me trouve dans l’état du mendiant et le mendiant a un droit (sur les
autres).
Hadice 6.

Abou Hourairah (radhi allâhou anhou )
rapporte que l’Envoyé d’Allah(sallallâhou alayhi wa sallam) a dit : " Il
y a trois personnes dont le doua n'est pas rejeté : celle qui jeûne jusqu'au
moment de l’iftâr, un souverain juste et une personne opprimée dont
l'invocation est transportée par Allah au delà des nuages et pour qui s'ouvrent
les portes du ciel et le Seigneur dit :
" Par mon Honneur, certes, je te
viendrai en aide, même après quelque temps. "
COMMENTAIRE
Dans " Dourré Mansour " il est
rapporté une parole de Aïcha (radhi allâhou anhou ) disant que lorsqu'arrivait
le Ramadhan, la couleur du visage de l’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa
sallam) changeait. Il intensifiait ses prières en s'humiliant encore davantage
dans ses invocations ( doua’ ) et faisait preuve d’encore plus de crainte
d'Allah. Suivant une autre version, on dit également, qu'il ne s'étendait que
très peu sur son lit durant toute cette période.
Il est précisé dans un hadice que,
pendant ce mois, Allah ordonne aux anges porteurs du trône, d'abandonner leur
Ibaadat et de réciter : " Aamine " en faveur des douas de ceux qui
font le jeûne.
On trouve beaucoup de ahaadith
mentionnant l'acceptation des douas du jeûneur. Lorsque c'est Allah Lui-Même
qui nous a fait cette promesse et que Son Prophète véridique (sallallâhou
alayhi wa sallam) nous en a informés, alors il ne devrait plus subsister aucun
doute au sujet de telles paroles. Il est pourtant étrange, qu'en dépit de cela,
on trouve encore certaines personnes qui, apparemment, n'obtiennent pas ce
qu'elle désire dans leurs invocations. Elles demandent et n'obtiennent pas de
réponse ; mais cela ne signifie pas pour autant que leurs prières aient été
rejetées. On devrait donc, à ce stade, bien comprendre ce que signifie
l'acceptation des doua’.
L' Envoyé d'Allah (sallallâhou alayhi wa
sallam) nous a enseigné de quelles façons Allah répondait aux invocations d'un
croyant, aussi longtemps, bien-sûr, que celles ci n'allaient pas l'encontre des
liens familiaux et qu'il ne priait pas pour une chose mauvaise. Ainsi, en
réponse, Allah lui donne nécessairement l'une de ces trois choses : - soit Il
lui accorde immédiatement ce qu'il avait demandé, - soit Il le préserve d'un
grand malheur qui lui était destiné en échange de ses invocations - ou bien
alors Il réserve pour l'au-delà, la récompense de ses douas. Dans un autre
hadice, il est dit qu'au jour de la Résurrection, Allah appellera un de ses
serviteurs et lui dira : " O mon serviteur, Je t'avais demandé de
m'implorer et t'avais promis de répondre. M'as tu demandé quelque chose ?
" Le serviteur répondra : " Oui je l'ai fait. " Allah lui
dira alors : " Tu n'as formulé aucune prière sans qu'elle ne fut
exaucée. Tu as prié pour être préservé de tel et tel malheur et je l'ai fait
dès ici-bas. Tu as prié pour être préservé de tel souci et comme tu ne t'es pas
aperçu de ses effets, en échange, je t'ai réservé telle et telle récompense
dans l'au-delà." L’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) dit
qu'il sera alors rappelé à cet homme chacune de ses invocations et qu'il lui
sera montré comment elles furent exaucées dans ce monde ou comment elles lui
auront été réservées dans l'au-delà. En voyant cela, celui-ci souhaitera
qu'aucune n'ait été acceptée sur terre et qu'il puisse recevoir la pleine
récompense dans l'autre monde.
Ainsi, le doua' est une chose essentielle
qu'il serait vraiment très dommage de négliger. Même si nous ne voyons pas
apparemment les signes extérieurs de leur acceptation, nous ne devrions pas
désespérer. Nous verrons ainsi clairement dans le long hadice à la fin de ce
livret, comment Allah répond à ces invocations, en considérant avant tout,
notre bien-être et notre intérêt. S'Il voit que la réponse nous est favorable,
Il l'accepte et au cas contraire, Il ne l'accorde pas. C'est vraiment une
faveur pour nous qu'il en soit ainsi, car très souvent, par manque de
connaissance, nous demandons des choses qui , actuellement, risqueraient de
nous être nuisibles.
Je dois attirer votre attention, ici, sur
un point particulier : les hommes et les femmes d'aujourd'hui ont pris
l'habitude, dans un moment de colère ou au cours d'un malheur, de maudire leurs
propres enfants. Nous devrions faire très attention à cela. En effet il existe
certaines occasions, comme Allah l'a prédéterminé, où toute prière est
immédiatement acceptée. Ainsi parfois, dû à notre propre stupidité, l'enfant se
retrouve maudit et lorsque l'effet de cette même malédiction retombe sur lui et
le précipite vers un malheur, ces mêmes parents s'en vont en pleurant et se
lamentant, sans se rendre compte que ce malheur est arrivé à cause de leur imprécation.
L’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa
sallam) nous a ordonné de ne maudire ni soi-même, ni nos enfants, ni nos biens
ou nos serviteurs, car il se peut que cette malédiction soit formulée à un
moment où toute demande est acceptée -spécialement pendant le Ramadhan- qui est
rempli de tels instants favorables. On devrait donc, surtout durant ce mois,
faire très attention.
Oumar (radhi allâhou anhou ) rapporte du
Prophète (sallallâhou alayhi wa sallam) : " Celui qui se rappelle
d'Allah durant le Ramadhan est pardonné et celui qui demande à Allah ne sera
pas privé. " Ibn Mass’oud (radhi allâhou anhou ) rapporte également
que chaque nuit du Ramadhan, un héraut venu du ciel, lance cet appel : "
O vous qui cherchez le bien, approchez-vous, ô vous qui cherchez le mal,
détournez-vous et ouvrez vos yeux ! ". Puis cet ange demande:
" Y a -t- il quelqu’un qui se repente, que son repentir soit
accepté, y a -t- il quelqu’un qui demande le pardon, qu'il puisse être pardonné,
y a -t-il quelqu'un qui fasse une invocation, que cette invocation soit
entendue, y a -t-il quelqu'un qui désire quelque chose, que son voeu soit
exaucé ? "
Finalement, il devrait bien être clair
dans notre esprit qu'il existe certaines conditions pour l'acceptation des
doua', en l'absence desquelles ceux-ci sont souvent rejetés. Parmi celles-là
figure la consommation de nourriture " Haram " (illicite) : car
lorsqu'on consomme quelque chose d'illicite, les doua's ne sont plus acceptés. L’Envoyé
d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) a ainsi fait allusion à l’homme (pieux)
qui prolonge ses voyages et qui tend ses mains vers le ciel en disant : "
O mon Seigneur, mon Seigneur, mais sa nourriture est Haram, sa boisson est
Haram, ses vêtements sont Haram, ainsi dans de telles conditions, comment son
doua pourrait-il être accepté ? "
Les historiens racontent qu'à Koufa, se
trouvait un groupe de personnes dont le doua' était toujours accepté. Chaque
fois qu'un gouverneur injuste arrivait au pouvoir, ils faisaient des
invocations contre lui entraînant ainsi sa destruction rapide. Lorsque Hajjaaj
bin Youssouf devint gouverneur de ce pays, il les invita en particulier, à
participer à un festin. Une fois qu'ils eurent terminé, il fit cette remarque :
" Je n'ai plus peur maintenant des invocations de ces gens contre moi,
parceque la nourriture qu'ils viennent d'absorber est illicite ( Haram
). "
A ce sujet nous devrions réfléchir au
nombre de choses Haram que l'on consomme de nos jours où les gens essayent même
de permettre l'usage de l’intérêt et où les employés considèrent la corruption
comme étant meilleurs que d'être honnête !
Hadice 7

Ibn Omar (radhi allâhou anhou ) rapporte
que l’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) a dit : " En
vérité, Allah et Ses anges envoient des bénédictions sur ceux qui prennent le
sauhour . "
COMMENTAIRE
Regardez combien est grande la faveur
d'Allah envers nous, au point que même le fait de prendre de la nourriture
avant l'aube, pour le jeûne, soit si récompensée ! Il existe de nombreux
hadices où sont mentionnées les vertus et les récompenses du sauhour. Allammah
‘Aïny r.a. ( Un commentateur de Boukhari ) a cité ses vertus provenant de
dix-sept Sahabas (radhia allâhou anhoum) différents, et tous les Oulama sont
unanimes sur son caractère moustahab (souhaitable).Cependant, beaucoup de gens
se trouvent, par pure paresse, privés de ce grand bienfait. Certains vont si
loin dans ce domaine que lorsqu'ils ont terminé le tarawih, ils mangent ( ce
qu'ils supposent être leur sauhour ) et vont ensuite se coucher, se privant
ainsi d'une bénédiction aussi grande que celle-ci !
Le Sauhour signifie actuellement prendre
de la nourriture peu de temps avant l'aube. Certains érudits disent que le
temps du sauhour commence après la première partie de la nuit ( Mirqaat).
L'auteur de Kash-shaaf (Zamakhshari) quant à lui, a divisé la nuit en six
parties, en précisant que la dernière correspondait au temps du sauhour, en
sorte que lorsque la nuit ( du coucher du soleil jusqu'à l'aube ) s'étend sur
douze heures, les deux dernières représentent le temps correct pour le sauhour
(sehri).
Il devrait être ainsi rappelé que le fait
de manger le plus tard possible est meilleur et plus récompensé que l'inverse,
à condition bien sûr, qu'il ne subsiste aucun doute sur le temps correct du
sauhour.
De nombreux ahaadith existent sur les
vertus de ce dernier. L’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) a dit :
" La différence entre notre jeûne et celui des gens du livre ( juifs et
chrétiens ), réside dans le fait de prendre de la nourriture au moment du
sauhour, contrairement à eux. " Le Prophète (sallallâhou alayhi wa
sallam) a dit : "Prenez le sauhour car il renferme de grandes
bénédictions." et aussi : " Dans trois choses se trouvent de
grandes bénédictions : la Djamaa’t ( la compagnie d'un groupe ), le tharid et
le sauhour. "
Dans ce hadice le terme Djamaa’t a été
employé dans un sens général, incluant la prière en groupe aussi bien que toute
action pieuse accomplie en compagnie de la Djamaa't ( entraînant ainsi l'aide
d'Allah ).
Quant au tharid (çarîd), c'est une
préparation savoureuse composée d'un mélange de pain et de viande. La
troisième chose mentionnée dans ce hadice est le sauhour. Quand l’Envoyé
d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) invitait l'un de ses compagnons pour
prendre le sauhour avec lui, il disait : "Viens partager avec moi une
nourriture bénie." Un hadice dit : " Prenez le sauhour et
prenez des forces pour le jeûne, et dormez l’après-midi pour vous aider à vous
réveiller dans la dernière portion de la nuit ( pour l'adoration ) . "
Abdoullah bin Haarith (radhi allâhou
anhou ) rapporte le récit suivant d'un Compagnon (radhi allâhou anhou ) :
" Une fois, je visitai l’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) au
moment où il était en train de prendre le sauhour. Il dit alors : "
C'est une chose remplie de bénédictions qu'Allah vous a accordée. Ne
l'abandonnez pas. "
En recommandant à plusieurs reprises le
sauhour, l’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) disait : "
Même si vous ne trouvez aucune nourriture, prenez au moins une datte ou une
gorgée d'eau. "
Ainsi, puisque le sauhour renferme autant
d'avantages et de récompenses, les musulmans devraient s'efforcer d'observer
cette pratique du mieux possible. Cependant, en toute chose, la modération est
recommandée, alors que l'inverse est nuisible : ainsi on ne devrait ni prendre
trop peu de nourriture, au point de se sentir faible tout au long de la période
du jeûne, ni trop manger au point que cela nous incommode. A plusieurs
reprises, dans les hadices, il nous a été en effet déconseillé de manger avec
excès.
Dans son commentaire du Sahih al
Boukhari, Ibné Hajar r.a. a mentionné différentes raisons expliquant les
bénédictions du sauhour :
1) En l'observant, on met en pratique une
sounnat.
2) Par le sauhour, on se différencie des
coutumes des gens du Livre, ce qui nous a toujours été recommandée .
3) Il procure de la force pour les
adorations (Ibaadates).
4) Il suscite également une plus grande
sincérité dans celles-ci.
5) Il facilite l'élimination de la
mauvaise humeur occasionnée par la faim. Une autre raison supplémentaire est
que si à cette heure il arrive un pauvre, on peut l'aider, de même que l'on
peut assister nos voisins défavorisés.
6) Le sauhour se prend au moment où les
douas sont acceptés.
7) En ces instants, on a l'occasion de
pouvoir se rappeler d'Allah en faisant le Zikr et en tendant ses mains vers
Lui, en supplication.
Telles sont quelques unes des raisons
principales, il en existe encore beaucoup d'autres. Certains soufis ont éprouvé
un doute quant à savoir si le repas du sauhour contredisait ou non le but du
jeûne. Ils soutiennent que l'objet de celui-ci est le fait de s'éloigner de la
nourriture, boissons et désirs sexuels et que le sauhour irait ainsi à
l'encontre de cet objectif. A mon avis, la quantité de nourriture à absorber
varie suivant les gens et leurs activités: Par exemple, en ce qui concerne les
étudiants occupés dans l'apprentissage de la science religieuse, trop peu de
nourriture dans le sauhour et l’iftâr leur serait nuisible, et il est mieux
qu'ils ne prennent pas trop de petites quantités, étant engagés dans une activité
précieuse pour la préservation et la propagation de l'Islam.
Tel est le cas également de ceux qui sont
occupés dans le Zikr et les autres activités religieuses. Quant à ceux qui
n'ont pas à accomplir de tâches aussi fastidieuses, ils devraient manger moins
à ce moment là. Une fois l’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) fit
l'annonce suivante à ceux qui partaient pour le Djihad : " Il n'y a pas
de bien à accomplir le jeûne en voyageant " .C'était donc l'époque du
Ramadhan et quelques sahabas faisaient le jeûne.
Allaa'ma Sha’raani r.a. mentionne dans
sharh Iqna’ : " Nous avions convenu que nous ne mangerions pas à
satiété, spécialement durant les nuits du Ramadhan. "
Il est ainsi préférable de manger moins
que les autres nuits. Après tout quelle serait l'utilité de jeûner une fois
s'être gavé durant le sauhour et l’iftâr ?
Les gens pieux ont dit : " Celui
qui ressentira les effets de la faim durant le Ramadhan sera protégé des effets
de Shaïtan tout au long de l'année, jusqu'au prochain Ramadhan. "
Sharah Ihya Ouloum Ouddine mentionne des
anecdotes sur certains saints comme Sahl bin Abdoullah Tastari r.a. qui
mangeait seulement une fois tous les quinze jours, tandis que dans le Ramadhan,
n'absorbait qu'une petite bouchée de nourriture, et de manière à respecter la
sounnat, prenait quand-même un peu d'eau pour le sauhour et l’iftâr. Shaikh
Djounaïd Baghdadi r.a. jeûnait tout au long de l'année. Cependant quand ses
nobles amis venaient, à l'occasion, le visiter, il rompait son jeûne et
mangeait avec eux en disant : " La vertu de rompre le jeûne avec de
tels amis n'est pas moindre que celle d'un jeûne surérogatoire. "
De la même façon nous pourrions citer les
expériences de nombreux saints qui disciplinaient leur moi intérieur en
réduisant leur nourriture, mais il devrait être clair dans notre esprit qu'un
tel ascétisme ne saurait être poussé à l'extrême, au risque d'entraver les
activités et responsabilités religieuses (en raison de l'affaiblissement du
corps).
Hadice 8

Abou Hourairah (radhi allâhou anhou )
rapporte que l’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) a dit : " Beaucoup
de jeûneurs n'obtiennent rien d'autre de leur jeûne que la faim, et beaucoup de
ceux qui font la prière de la nuit n'ont en échange que la fatigue du sommeil.
"
COMMENTAIRE
Les Oulama ont donné trois
interprétations différentes au sujet de ce hadice. Tout d'abord, il peut ici
faire allusion à ceux qui jeûnent durant la journée et qui, au moment de
l’iftâr, consomment quelque chose de haram (interdit), perdant ainsi la
récompense d'avoir jeûné à cause de ce grand péché et qui n'obtiennent rien en retour
si ce n'est leur état de faim.
Deuxièmement, il peut s'agir de ceux qui
jeûnent en temps voulu, mais qui passent leur temps à faire la médisance (
comme on le verra plus tard ).
Troisièmement, il peut faire allusion à
la personne qui, tout en jeûnant, ne s'abstient pas des péchés. Les trois
éventualités sont ainsi incluses dans ce hadice. Tel est ainsi le cas de la
personne qui accomplit la prière surérogatoire toute la nuit et qui, à cause de
la médisance ou d'une mauvaise action (manquer la prière fadjr par exemple ou
rester éveillé par ostentation), perd la récompense de sa nuit de dévotion.
Hadice 9

Abou Oubaidah (radhi allâhou anhou )
rapporte : " J'ai entendu dire l’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa
sallam): " Le jeûne est un bouclier pour l’homme, aussi longtemps
qu’il ne l’endommage pas. "
COMMENTAIRE
De la même façon qu'un homme se protège à
l'aide d'un bouclier, le jeûne protège celui-ci de son ennemi bien connu :
"Shaïtan". Dans d'autres hadices, il est expliqué que le jeûne
protège du châtiment d'Allah ainsi que du feu de l'enfer.
Une fois quelqu'un demanda à l’Envoyé
d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam): " Qu'est ce qui annule le jeûne ?
" Il répondit: " Le mensonge et la médisance. "
Ce hadice, comme beaucoup d'autres, nous
demande de nous abstenir des actions qui annulent le jeûne. Hélas, de nos
jours, nous prenons plaisir à passer notre temps dans les conversations futiles
!
Quelques Oulama sont de l'opinion que le
fait de mentir, médire, diffamer, etc... annulent le jeûne de la même façon que
de boire et manger, bien que la grande majorité pense que celui-ci ne soit pas
complètement annulé mais qu'il perde seulement de ses bénédictions. Les gens
pieux de l'Islam ont ainsi mentionné six règles de conduite dont nous devrions
prendre soin en faisant le jeûne :
1) Tout d'abord on devrait
préserver son regard de toute chose inconvenante. Certains ont même défendu de
regarder avec envie sa propre épouse et ne parlons pas de la femme étrangère...
De la même façon, on devrait éviter de regarder les mauvaises actions ainsi
que les choses défendues. L’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) a dit
: " Le regard est comme une flèche de Satan. Quiconque, par crainte
d'Allah, préservera celui-ci du mal, goûtera dans son coeur la douceur de la
foi. " Les soufis ont interprété la parole ci-dessus : " toute
chose inconvenante " dans le sens où l'on devrait s'abstenir de regarder
tout endroit et objet qui risquent de distraire le coeur du souvenir d'Allah.
2) Deuxièmement, on devrait se préserver
du mensonge, des conversations inutiles, de la médisance, des disputes, des
injures etc...
Il est écrit, dans Boukhari, que le jeûne
est un bouclier pour les jeûneurs ; pour cette raison, ils devraient s'abstenir
de toutes paroles inutiles, plaisanteries, querelles etc... Si jamais quelqu’un
cherche à se disputer avec nous, nous devrions lui dire : " Je jeûne
". En d'autres termes, nous ne devrions pas chercher querelle et si une
personne nous pousse à cela, nous ne devrions pas non plus lui répondre. Si
elle ne fait pas preuve de compréhension, au moins devrions-nous nous rappeler
dans notre for-intérieur que nous sommes en train de jeûner.
Une fois à l'époque de notre Prophète
(sallallâhou alayhi wa sallam) , deux femmes avaient jeûné et souffraient
tellement de la faim qu'elles ne pouvaient plus supporter le jeûne. Elles
étaient toutes deux sur le point de mourir. Les Sahabas (radhia allâhou anhoum)
en informèrent notre Prophète (sallallâhou alayhi wa sallam). Raçouloullah
(sallallâhou alayhi wa sallam) leur fit apporter un bol en leur demandant de
vomir. Lorsqu'elles l'eurent fait, on aperçut à l'intérieur, des morceaux de
chair et du sang frais. Les sahabas (radhia allâhou anhoum) en furent beaucoup
étonnés et le Prophète (sallallâhou alayhi wa sallam) leur fit alors cette
remarque : " Elles ont commencé leur jeûne avec de la nourriture licite
( de la part d'Allah ), mais ont ensuite consommé de la nourriture illicite (
haram ) en médisant sur les autres. " D’après le récit ci-dessus, on
voit donc clairement que le jeûne devient beaucoup plus difficile à cause de la
médisance et de ce fait, ces deux femmes faillirent trouver la mort. Il en est
ainsi pour tout autre péché. Par contre, l'expérience nous montre que les gens
pieux ne ressentent pas l’effet du jeûne, tandis que pour les gens pécheurs, il
semble extrêmement plus difficile à supporter. Nous devrions ainsi nous
préserver des péchés, principalement des plus graves, tels que la médisance,
chose à laquelle les gens s’adonnent si souvent en guise de passe-temps. Allah
dit dans le Saint Qour’aan que le fait de médire est équivalent à celui de
manger la chair de son propre frère mort. On retrouve ceci également dans de
nombreux ahaadith. Le Prophète (sallallâhou alayhi wa sallam) demanda, une
fois, à certaines personnes de se nettoyer les dents. Elles répondirent
qu'elles n'avaient consommé, en ce jour, aucune viande, sur quoi le Prophète
(sallallâhou alayhi wa sallam) leur répondit :
"La chair de telle personne est
restée entre vos dents. " ( signifiant par là, qu'elles avaient fait
la médisance ).
Qu'Allah nous préserve d'un tel mal, car
nous sommes, hélas, très négligents dans ce domaine ! Nous sommes tous
atteints, non seulement le commun des mortels, mais aussi l'élite et même les
savants religieux qui, dans leurs réunions, tombent pour la plupart, dans de
tels pièges ! Le pire de tout, c'est que nous ne nous en apercevons même pas,
et lorsque nous nous surprenons nous-même, nous dissimulons cela sous le
prétexte de faire la lumière sur tel ou tel événement. Un sahabi (radhi allâhou
anhou ) demanda une fois à l’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam): "
Qu'est ce que la médisance ? " L’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa
sallam) répondit: " Mentionner quelque chose au sujet de ton frère en
son absence, qu'il serait mécontent d'entendre . " Le sahabi dit alors
: " Et si la chose que l'on mentionne à son sujet est vraie ? "
Notre prophète (sallallâhou alayhi wa sallam) dit : " Si tel est le
cas, c'est cela la médisance, mais au cas contraire ( Si la chose est fausse)
tu l'auras, en fait, calomnié. "
Une fois, notre Prophète (sallallâhou
alayhi wa sallam) passait près de deux tombes. Il dit : " Les deux
habitants de ces tombeaux subissent actuellement un châtiment. L'un pour avoir
fait la médisance et l'autre pour ne pas avoir pris de précaution en urinant.
" L’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) a également dit : "
Il existe soixante-dix catégories d'usure. La plus faible d'entre elles
équivaut à commettre l'adultère avec sa propre mère. Un dirham d'usure est plus
méprisable que le fait d'avoir accompli trente-cinq fois l'adultère. Le plus
bas et vil degré de l'usure est le fait de déshonorer un musulman."
Dans différents ahaadith, nous avons été sévèrement avertis contre le fait de
médire et calomnier un musulman ainsi que de porter atteinte à son honneur.
C'était mon grand désir de citer un certain nombre de tels hadices car toutes
nos assemblées et nos conversations sont généralement remplies de ces méfaits.
Néanmoins, j'ai finalement décidé de ne pas le faire, car le sujet que nous
abordons ici, est autre. Qu’Allah nous préserve tous de cette calamité! Et je
demande à mes amis et pieuses personnes de prier également pour moi, un être
indigne, car je suis rempli de fautes à l'intérieur ( de moi-même ) !
" Quels maux n'existent-ils pas, O
Allah, que l'on ne retrouve en moi : l'orgueil, l'ignorance, l'insouciance, la
jalousie, l'envie, les mauvaises pensées sur autrui, le mensonge, le manque de
respect de la parole, l'ostentation, la haine, la médisance et l'inimitié ?
Guéris moi de toute maladie et exauce mes
désirs !
Vraiment mon coeur est malade.
Et Toi Tu es le Guérisseur de tout malade
! " ( Poème ourdou)
3) Troisièmement, nous devrions préserver
nos oreilles de toutes choses indésirables ( Makrouh ). Il n'est pas permis,
non plus, d'écouter des choses répréhensibles. L’Envoyé d’Allah (sallallâhou
alayhi wa sallam) a dit : " Dans la médisance, celui qui parle et celui
qui écoute partagent une part égale de péché."
4) Quatrièmement, les autres membres du
corps devraient être préservés du péché et des choses illicites ; ainsi, les
mains devraient s'abstenir de toucher toutes choses répréhensibles et les pieds
ne devraient pas non plus marcher en leur direction. Quant à notre estomac,
nous devrions particulièrement veiller à ce qu'il n'absorbe pas, surtout au
moment de l’iftâr, quelque chose d'origine douteuse. Le jeûneur qui, au moment
de l’iftâr, rompt son jeûne avec de la nourriture haram est semblable au malade
qui prend un médicament contre sa maladie, mais qui, en même temps, y ajoute un
peu de poison, entraînant ainsi sa perte malgré l'effet curatif du remède.
5) Cinquièmement, il n'est pas
recommandé, après avoir jeûné, de manger à satiété au moment de l’iftâr, même
avec de la nourriture halal (licite), car ce serait contraire à l'esprit du
jeûne. Celui-ci est destiné à réduire nos propres désirs charnels et instincts
bestiaux et à augmenter notre côté angélique et capacité spirituelle. Durant
onze mois nous mangeons et buvons suffisamment à satiété et pendant le
Ramadhan, au moins devrions-nous réduire ces activités au minimum ( sans
crainte de mourir ). Mais, au moment de l’iftâr nous avons pris l'habitude de
remplir nos estomacs pour compenser notre manque de nourriture, de même qu'au
sauhour, en prévision du jour à venir, augmentant ainsi notre consommation
habituelle. Le Ramadhan devient ainsi un moyen d'aiguiser davantage nos
appétits et en fait, nous consommons toutes sortes de nourriture en plus de
l'ordinaire. Un tel régime est tout à fait contraire à l'esprit du Ramadhan et
au véritable but du jeûne. L'Imam Ghazali r.a. a lui-même posé cette question :
" Lorsque le but de jeûner est de diminuer ses passions charnelles,
en contrecarrant Iblis ( Shaïtan ), comment pourrait-on y arriver en mangeant
avec excès au moment de l’iftâr ( récupérant ainsi ce qu'on a perdu dans la
journée ) ? " En fait, dans ce cas, nous aurons seulement changé le
moment de nos repas et non pas véritablement jeûné.
Ainsi, en consommant différentes sortes
de mets délicats, nous mangeons même plus qu'en temps ordinaire de même que
nous gardons les meilleures choses pour ce mois. Ainsi, le nafs, après être
resté affamé toute la journée, au moment où il se précipite sur la nourriture,
mange alors avec excès. Résultat : au lieu de diminuer nos désirs charnels,
nous les augmentons considérablement. Les fruits du jeûne ne peuvent se faire
sentir qu'au moyen de la faim, au véritable sens du terme. Notre Prophète
(sallallâhou alayhi wa sallam) a dit : " Shaïtan circule dans le corps
de l'homme comme le sang dans les veines, aussi barrez lui la route au moyen de
la faim. " Ainsi quand le corps souffre de la faim notre âme se
raffermit. En plus d'éprouver un tel état, le jeûne nous donne l'occasion de
réaliser la condition du pauvre et du déshérité, suscitant ainsi des sentiments
de sympathie envers eux. On ne pourra également obtenir cela qu'en ressentant
cet état et non en se remplissant l'estomac de plats succulents au moment du
sauhour, en sorte que l'on ne sente pas la faim jusqu'au moment de l’iftâr.
Une fois, une personne se rendit auprès
de Bichr Haafi r.a.(un célèbre saint) et trouva celui ci grelottant de froid
alors qu'il avait à côté de lui des vêtements chauds. Cette personne demanda :
" Est-ce là le moment d'enlever ses vêtements ? " Bichr
répondit : " Il y a beaucoup de pauvres et je ne peux pas m'occuper de
tous, la moindre chose que je puisse faire, c'est de me mettre à leur place !
"
Les soufis ainsi que les fouqaha
(juristes) agréent avec une telle attitude au moment du jeûne. Il est écrit
dans Marâqil Falaah : " Ne mangez pas avec excès durant le sauhour comme
c'est l'habitude des gens riches, car cela nuit au but du jeûne. " Alaama
Tahtâwi r.a. écrit : " Lorsqu'on ressent véritablement la faim, la
récompense du jeûne augmente d'une façon certaine de même que de bons
sentiments se développent en faveur des pauvres et de ceux qui souffrent de la
faim. " Notre Prophète (sallallâhou alayhi wa sallam) a dit lui-même :
" Le fait de remplir aucun autre récipient n'est aussi
désagréable à Allah que le fait de remplir un estomac. " A une autre
occasion, il a dit aussi : " Quelques bouchées devraient suffire
( à l'homme ) pour tenir debout. ( S'il désire manger ), le mieux pour lui
c'est qu'il consacre un tiers ( de son estomac ) pour la nourriture, un tiers
pour la boisson, tandis que le dernier (tiers) devrait rester vide. "
L’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa
sallam) jeûnait lui-même plusieurs jours consécutifs sans prendre aucune
nourriture. J'ai vu moi-même mon maître Mawlana Khalil Ahmad r.a. ne manger
durant toute la durée du Ramadhan qu'à peine un " tchapâti " et demi
(pain indien confectionné à la main) au moment de l’iftâr et du sauhour, et
quand l'un de ses proches le poussait à manger davantage, il répondait :"
Je n'ai pas faim. Je m’assois pour manger simplement par respect pour mes amis
. " J'ai entendu au sujet de Mawlana Shah Abdourrahim Raïpouri r.a. que
pendant le Ramadhan, des jours durants, il jeûnait , ne consommant au moment de
l’iftâr et du sauhour que quelques tasses de thé sans lait et rien d'autre. Une
fois, l'un de ses plus dévoués disciples ( ainsi que khalifa ), Mawlana Shah
Abdoul Quadir r.a., remarqua avec anxiété : " Hazrat, vous allez beaucoup
vous affaiblir si vous ne mangez rien d'autre . " Sur ce, Mawlana Shah
Raïpouri r.a. répondit : " Louanges à Allah , je ressens quelque chose de
l'extase du Djannate ( paradis ). "
Qu'Allah permette à des pécheurs comme
nous, de suivre ces pieuses personnes ! Aamine.
6) Le sixième point est que l'on devrait
toujours éprouver , après avoir jeûné, une certaine anxiété sur le fait de
savoir si notre jeûne est digne d'être accepté par Allah ou non. Il devrait en
être ainsi pour toute autre forme d'adoration, car on ne sait jamais si une
partie importante n'a pas été délaissée ou négligée. On devrait, ainsi,
toujours craindre qu'Allah rejette nos propres oeuvres. L’Envoyé d’Allah
(sallallâhou alayhi wa sallam) a dit : " Beaucoup de ceux qui récitent
le Qour’aan sont maudits par le Qour’aan. " Il a dit aussi : " Au
jour du jugement, l'un des premiers à être jugé, sera un martyr. Allah
l'appellera et lui rappellera toutes Ses faveurs qu'Il lui a accordées et il
les reconnaîtra. Il lui sera alors demandé : " Qu'as-tu fait pour exprimer
ta gratitude pour tous ces bienfaits ? " Le martyr ( Shahid ) répondra :
"J'ai lutté dans Ton Sentier jusqu'à ce que je devienne martyr. "
Allah répondra : " C'est faux, tu as combattu pour qu'on puisse t'appeler
un homme courageux et l'on t'a appelé ainsi. " Alors il sera ordonné qu'on
le traîne le visage contre le sol, et il sera jeté dans l'enfer.
Ensuite on appellera un savant ( A'lim ).
Il lui sera également rappelé les faveurs d'Allah et la même question lui sera
posée. Il répondra : " O Seigneur, j'ai étudié la science et l'ai
enseignée aux autres et, pour Ta Cause, j'ai récité le Qour’aan. " Allah
dira : " Ce n'est pas vrai. Tu as fait tout cela pour que l'on dise que tu
étais savant et l'on t'a appelé ainsi." Alors il sera ordonné que lui
aussi soit traîné le visage contre le sol et jeté dans l'enfer ( Djahannam ).
Ensuite on appellera un homme riche. Après qu'on lui ait rappelé les faveurs
d'Allah et qu'il les ait admises, en réponse à la question d'Allah pour savoir
comment il avait exprimé sa gratitude, il répondra : " Il n'y a pas une
cause valable sans que je n'ai dépensé pour elle, en Ton Nom. " La réponse
d'Allah sera: " C'est faux. Tu as fait tout cela de façon que l'on dise
que tu étais généreux et il fut dit ainsi." Alors il sera ordonné que lui
aussi soit traîné le visage contre le sol et jeté dans l'enfer.
" Qu'Allah nous préserve de toutes ces choses !
Tout cela n'est que le résultat d'une
mauvaise intention (niyyate). C'est pourquoi le jeûneur devrait toujours rester
dans la crainte d'Allah, tout en surveillant son intention, et faire des
invocations pour que ses jeûnes soient la cause du contentement d'Allah. A ce
point il nous faut comprendre qu'il existe deux choses distinctes : d'une part,
considérer ses actions comme insuffisantes et d'autre part, ne pas perdre
espoir dans la grâce d'Allah, car celle ci est véritablement incomparable.
Parfois , il arrive qu'Allah accorde Sa récompense même pour des actions
incomplètes.
Ces six points mentionnés ci-dessus sont
essentiels pour toute personne vertueuse. Et pour celles particulièrement
pieuses, un septième leur sera ajouté : c'est que, durant le jeûne, leurs coeurs
devraient se tourner exclusivement vers Allah au point que le seul fait de se
soucier de la nourriture de l’iftâr devrait être considéré comme un péché.
Certains mashâïkh considèrent même comme une faute de penser à la nourriture de
l’iftâr ou de faire des efforts pour trouver quelque chose pour cela, car ce
serait, disent-ils, une preuve de manque de confiance en la promesse d'Allah de
nous garantir notre portion (rizq). Dans le commentaire de Ihya Ouloumid Dîne,
il est écrit que si avant l’iftâr, certains d'entre eux obtenaient quelque
chose d'un endroit ou d’un autre, ils le distribuaient alors, de crainte que
pour le restant de ce jour, leur coeur n'y soit attentionné et que leur
confiance en Allah ne diminue. Notons qu'une telle attitude est réservée à des
personnes particulièrement pieuses et que pour nous, il n'est pas même
envisageable de pouvoir atteindre un tel degré de foi et si, malgré tout, nous
voulions tenter de les suivre, nous risquerions alors notre propre perte.
Le Qour’aan nous dit que : " Le
jeûne vous a été prescrit. " Les commentateurs du Qour’aan disent qu’à
partir de ce verset on peut en déduire que le jeûne a été rendu obligatoire
pour chaque partie du corps. Ainsi le jeûne de la langue signifie se préserver
du mensonge, celui des oreilles, de ne pas écouter de mauvaises choses, celui
des yeux, de ne pas regarder les choses futiles. De la même manière, le jeûne
du nafs ( l’ego ) sous entend la préservation de tout envie et désir, le jeûne
du coeur que l'on extirpe de celui-ci l'amour des choses de ce monde, le jeûne
de l'âme, de ne pas désirer même les plaisirs de âkhirat (l'au-delà). Quant au
jeûne de l'élite, il consiste à se détourner de toute autre existence en dehors
d’ Allah.
Hadice 10

Abou Houraira (radhi allâhou anhou )
rapporte que l’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) a dit : "Quiconque
mange un jour du Ramadhan sans excuse valable ( la maladie par exemple ) ne
pourra jamais le remplacer, même s'il jeûnait tout le reste de sa vie.
"
COMMENTAIRE
L'opinion de certains Oulama sur ce
hadice est que : lorsque quelqu'un a, sans aucune excuse valable, manqué un
jour de Ramadhan ou qu'il a déshonoré celui-ci en mangeant, buvant etc..., il
ne pourra jamais le compenser par son équivalent (Qazaa') même s'il jeûnait
tout le restant de sa vie. Telle était l'opinion de Hazrat Ali (radhi allâhou
anhou ). Néanmoins, la grande majorité des Oulama maintient que si une personne
a manqué une journée de Ramadhan, alors un seul jour suffira en guise
d'expiation. Par contre, si quelqu'un a commencé un jour de jeûne durant le
Ramadhan et l'a ensuite rompu intentionnellement, sans aucune excuse valable
d’après la Chariât (Loi), il devra jeûner soixante jours consécutifs.
Cependant, les vertus complètes et les bénédictions du Ramadhan ne pourront
jamais être remplacées.
C'est là le sens du hadice ci-dessus ; en
d'autres mots, si l'on a manqué un jour du Ramadhan sans excuse valable, aucun
nombre de jours de jeûne par voie d'expiation, ne pourra remplacer les
véritables bénédictions d'un jour de Ramadhan. Tout ceci concerne ceux qui
observent le jeûne qazaa. Combien malheureux et égarés sont ceux qui ignorent
complètement le jeûne et ne l'observent ni durant le Ramadhan, ni après, en
expiation! Le jeûne est l'un des piliers fondamentaux de l'Islam et l’Envoyé
d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) en a cité cinq. Tout d'abord, le premier
et principal est la croyance en l'unicité d'Allah et en la prophétie de
Mohammad (sallallâhou alayhi wa sallam) , ensuite les quatre autres bien connus
: " As Salat ( la prière ), As Saum ( le jeûne ), Az Zakaat (la part du
pauvre) et Al Hadj ( le pèlerinage ). Un grand nombre de "musulmans",
du moins considérés comme tels, n'observent pourtant pas même un seul de ces
cinq piliers. Dans les journaux officiels et les recensements, ils sont
répertoriés en tant que musulmans, alors qu’auprès d'Allah, ils peuvent être
difficilement considérés comme tels. Ibn Abbas (radhi allâhou anhou ) rapporte
un hadice disant que : " L'Islam est basé sur trois principes : Al Iman
( la foi ), as Salat ( la prière ) et as Saum ( le jeûne ). Quiconque délaisse
l'un d'eux est un mécréant et mérite la peine capitale. " En ce qui
concerne la dernière portion de ce hadice, les Oulama ont dit qu'il ne devenait
mécréant que lorsqu'en même temps de délaisser l'un de ces principes, il niait
également l’obligation ou l'existence même de ce principe. Peu importe
l'interprétation qu'on peut donner, mais le fait demeure que l’Envoyé d’Allah
(sallallâhou alayhi wa sallam) s'est adressé à de telles personnes d'une façon
très véhémente et ceux qui faillissent à observer les obligations ( Faraïdh )
de Dîne ( Religion ) devraient, sans aucun doute, craindre fortement la colère
d'Allah. Les plaisirs de cette vie sont éphémères et la mort les amènera
sûrement face à face avec Allah, alors personne ne pourra s'échapper et seul
l'obéissance à Ses ordres, dans cette vie même, pourra les sauver. Il existe
une catégorie de personnes ignorantes qui ne font pas le jeûne, mais pire
encore est le cas de celles qui, non seulement refusent de jeûner, mais
plaisantent et se raillent au sujet du mois de Ramadhan, en disant par exemple
d'une manière sarcastique : " Devrait jeûner celui qui n'a rien à manger
dans sa maison " ou : " Qu'est-ce qu'Allah gagne à nous faire
souffrir de la faim ? " De tels mots ne devraient jamais être proférés et
il devrait être rappelé que se moquer ou faire des plaisanteries au sujet de la
moindre chose de notre Dîne peut conduire au Koufr ( Infidélité ). Si quelqu'un
ne fait aucune prière durant sa vie, ni ne jeûne un seul jour, ou bien délaisse
un fardh (obligation) quelconque de l'Islam, il ne devient pas pour autant
kafir (mécréant), tant qu'il ne renie pas leur caractère obligatoire. Quelque
soit l'obligation accomplie, il sera récompensé, et quelque soit celle qu'il a
négligée, il sera puni. Mais tourner en dérision, même la plus petite partie de
dîne, peut conduire au koufr et de ce fait, ses salats, ses jeûnes et toutes
ses bonnes actions seront annulés. A partir de cela, on peut voir combien sont
dangereuses de telles plaisanteries, et nous devrions ainsi veiller à ne pas
prononcer la moindre parole contre le jeûne. Celui qui omet de jeûner durant le
Ramadhan, sans excuse valable, deviendra un transgresseur (faaciq). Certains
fouqaha (juristes) vont si loin qu'ils ont établi que quiconque mangeait
publiquement durant le Ramadhan, sans excuse, devrait être exécuté, mais même
en l'absence d'un gouvernement islamique pour pouvoir mettre en vigueur cette
loi ( et ainsi mettre fin à de telles actions, car ce pouvoir appartient au
chef des croyants), rien ne nous empêche d'exprimer notre dégoût contre de
telles transgressions. Ceci est la moindre chose que devrait nous dicter notre
" Iman " ( Foi ) et le plus petit degré de celle-ci consiste à
rejeter de telles actions au fond de notre coeur. Qu'Allah me donne à moi aussi
le " Tawfiq " (l'occasion) de faire des bonnes actions, par la
bénédiction de Ses serviteurs soumis, car je suis parmi ceux qui ont le plus de
lacunes à cet égard !
Arrivé à ce point, je considère ces dix
ahaadith suffisants pour ce premier chapitre, car pour ceux qui désirent les
suivre avec sincérité, en fait, un seul suffit. Quant à ceux qui n'ont pas
l'intention de les mettre en pratique, même les plus grands nombres d'écrits ne
seraient leur être utiles. Puisse Allah m'accorder ainsi qu'à tous les
musulmans la force d'accomplir les actions vertueuses. Aamine !
LAÏLATOUL QADR
(Nuit du destin.)
Pendant la période de Ramadhan, se trouve
une nuit particulière, appelée " Laïlatoul Qadr " et qui se distingue
par ses grandes bénédictions et bienfaits. Le saint Qour’aan nous l'a décrite
comme étant meilleure, par sa grâce et vertu spirituelle, que mille mois, c'est
à dire 83 ans et 4 mois. Heureuse, en vérité, la personne qui profitera de
toutes les grâces de cette nuit, en passant celle-ci dans l'adoration d'Allah,
car elle aura alors obtenu la récompense de 83 années et quatre mois d'ibadaat
et même davantage. Certainement, cette nuit est un grand bienfait pour les
musulmans.
L'origine.
Dans un hadice rapporté par Anas (radhi
allâhou anhou ), dans " Dourré Mansour ", l’Envoyé d’Allah
(sallallâhou alayhi wa sallam) a dit :" Laïlatoul Qadr a été accordée à
cette communauté ( oummat ) et à aucune autre avant celle-ci. " Il
existe plusieurs points de vue au sujet de l'attribution de cette faveur.
D’après certains ahaadith, en voici la raison :
L’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa
sallam) avait l'habitude de méditer sur la longue durée de vie des gens des
temps anciens et lorsqu'il la compara avec celle beaucoup plus courte de ceux
de sa oummat, il en fut beaucoup attristé. Si ses oummatis (membres de sa
oummat) voulaient se mesurer avec leurs prédécesseurs, alors il leur serait
impossible de surpasser ou même d'imiter ces communautés précédentes dans
l'accomplissement des bonnes œuvres. Par conséquent, Allah, dans Son Infinie
Miséricorde, leur accorda cette nuit de grandes bénédictions. Ainsi, si une
personne chanceuse de cette oummat, au cours de sa vie, passe dix nuits
semblables dans l'adoration de son Créateur, elle aura gagné la récompense de
l'adoration de 833 années et même davantage.
Une autre version rapporte que l’Envoyé
d’Allah raconta une fois aux Sahabas (radhia allâhou anhou) l'histoire d'un
homme très pieux, parmi les enfants d'Israïl, qui avait combattu mille mois
dans le Sentier d'Allah. En entendant cela, les Sahabas (radhia allâhou anhou)
ressentirent de l'envie, du fait de ne pas pouvoir obtenir la même récompense,
et c'est alors qu'Allah leur accorda cette nuit. Dans une autre version, on
raconte que notre Prophète (sallallâhou alayhi wa sallam) mentionna une fois
les noms des quatre personnes les plus pieuses parmi les Bani Israïl: le
prophète Ayoub (alayhis salâm), Zakariyyah (alayhis salâm), Ezéchiel (alayhis
salâm) et Yousha' (alayhis salâm), qui avaient passé quatre-vingts années de
leur vie dans l’adoration sincère d'Allah, sans commettre la moindre
transgression (ne serait-ce que le temps d'un battement de paupière). En
écoutant avec admiration la nouvelle de cette extraordinaire dévotion,
l'étonnement s'empara des Compagnons, car de telles périodes d'adoration leur
étaient impossibles, vu l'avantage de temps dont bénéficiaient leurs
prédécesseurs. Sur ce, Djibraïl (alayhis salâm) apparut et récita la sourate
d'Al Quadr.
Il existe également d'autres versions
expliquant l'origine de la nuit du Destin. Ces divergences sont dues en général
au fait que, souvent, après plusieurs événements, un verset était révélé et
ensuite, chacun de ces événements pouvait être cité comme cause de sa
révélation. Mais quelque soit l'explication que l'on puisse adopter, il n'en
reste pas moins qu'Allah a accordé une grande faveur à la communauté du
Prophète (sallallâhou alayhi wa sallam) , par l'intermédiaire de cette nuit.
Combien fortunées sont ces personnes pieuses qui n'ont jamais manqué ( depuis
leur adolescence ) d'accomplir des actes d'adoration durant cette nuit là !
Quant au sujet de sa détermination, il y
a environ cinquante versions différentes. Il ne m'est pas facile de les
énumérer toutes, mais nous présenterons néanmoins dans les pages de ce chapitre,
celles qui sont les plus connues. Il existe de nombreux ahaadith au sujet des
vertus de cette nuit (et nous en mentionnerons quelques-unes), mais comme le
Qour’aan contient un chapitre spécial à ce sujet, nous préférons commencer avec
un bref commentaire de cette sourate (D’après une traduction de Hazrat Mawlana
Thanwi r.a. tirée de son Tafsir : " Bayan oul Qour’aan ", alors
que les autres commentaires proviennent d'autres ouvrages) :
![]()
Bismillahir Rahmanir Rahim.
" Inna anzalnahou fi laïlatil Qadr
"
" En vérité Nous l'avons fait
descendre au cours de la nuit de la Détermination . "
Il est ici fait allusion au fait que,
durant cette nuit, le Qour’aan a été descendu du " Lawhé Mahfouz " (
Table gardée) jusqu'au premier ciel. Le simple fait que le Qour’aan ait été
révélé en cette nuit eût été suffisant pour témoigner de sa grandeur mais, en
plus de cela, cette nuit se distingue des autres par de nombreuses autres
vertus. Ainsi, dans le verset suivant, pour augmenter notre intérêt sur le
sujet, Allah pose cette question :
![]()
" wa maa adraaka maa Laïlatoul Qadri
? "
" Et qui te fera connaître ce
qu'est la nuit de la Détermination ? "
En d'autres mots, la question posée ici
est : " As-tu une connaissance (quelconque) au sujet de la grandeur et de
l'importance de cette nuit ?
As-tu quelque connaissance des grandes faveurs
et vertus qui l'accompagnent ? " Le verset suivant continue alors à
ce sujet :
![]()
" Laïlatoul Qadri khaïroum min alfi
chahrin "
"La nuit de la détermination est
meilleure que mille mois"
La vraie signification ici est que la
récompense pour avoir passé cette nuit en adoration est meilleure et supérieure
au fait d’avoir passé mille mois en ibaadat mais de combien, cela ne nous a pas
été signalé ici.
![]()
" Tanazzaloul Malaaïkatou "
" ( Dans cette nuit ) les anges
descendent "
L'imam Raazi r.a. a donné une explication
subtile pour ce verset. En commentant celui-ci, il explique que lorsque l'homme
apparut pour la première fois sur terre, les anges le regardèrent avec une
certaine répugnance. Ils s'aventurèrent même à demander à Allah : " Vas-tu
créer quelqu'un qui commettra du désordre, répandra le trouble et le sang sur
la terre ? "
De la même façon, vos parents, lorsqu'ils
vous ont vu au début alors que vous n'étiez qu'une goutte de sperme, ont
éprouvé du dégoût à votre égard au point qu'ils lavaient les vêtements
empreints d'une goutte d'une telle substance. Mais lorsqu'Allah transforma celle-ci
en une splendide forme, alors ceux-ci se mirent à vous contempler et à vous
aimer. A présent, au cours de cette grande nuit, grâce à Allah, quand vous êtes
occupés dans l'ibaadat, les anges également descendent pour s'excuser à propos
de ces mots qu'ils avaient prononcés.
![]()
" War Rouhou fiha "
" ainsi que
l’Esprit "
Il est ici fait référence à Djibraïl
(alayhis salâm) qui descend sur la terre durant cette nuit. Les commentateurs
du Qour’aan diffèrent sur l'interprétation du mot " Rouh " :
a) La grande majorité est d'accord sur le
fait qu'il s'agisse ici de Djibraïl (alayhis salâm) et, suivant l’imam Raazi
r.a., c'est le sens le plus correct. Ainsi Allah fait tout d'abord mention des
anges ( Malaïka) et ensuite de Djibraïl (alayhis salâm), en raison de son
excellence.
b) Certains commentateurs ont émis
l'opinion que l'Esprit (Rouh) signifiait ici une sorte d'ange, aux proportions
si extraordinaires et gigantesques, que devant lui, les cieux et la terre ne
semblaient qu'une simple bouchée.
c) Un autre groupe de commentateurs
disent que" Rouh " signifie un groupe d'anges que l'on peut
apercevoir, exceptionnellement, cette nuit là, parmi les autres.
d) Il existe également une opinion disant
que " l'Esprit " (Rouh) fait ici allusion au Prophète Issa (alayhis
salâm) (Jésus), qui lors de cette nuit, descend observer les actions pieuses de
cette oummat ( Communauté).
e) La dernière interprétation que nous
désirons mentionner ici est que le " Rouh " signifie une grâce
spéciale d'Allah qui descend après l'apparition des anges.
Il existe également d'autres
interprétations, mais comme nous l'avons déjà dit, la première est la plus
commune. Elle est confirmée par un hadice rapporté dans Sounané Bayhaqui, dans
laquelle Anas (radhi allâhou anhou ) rapporte que le Prophète (sallallâhou
alayhi wa sallam) a dit : " Durant la nuit du Destin, Djibraïl (alayhis
salâm) descend avec un groupe d'anges et invoque la Miséricorde pour tous ceux
qu'il trouve occupés dans l'adoration. "
![]()
" Bi izni Rabbihim min koulli amr.
"
"( Ils descendent ) par la
permission de leur Seigneur, ( en apportant avec eux ) toutes bonnes choses.
"
L'auteur de " Mazahiré
Haq " écrit que lors de cette nuit, il y a très longtemps, les anges
furent créés et également débuta la création de Adam (alayhis salâm) , la même
nuit, les arbres furent plantés au paradis et durant celle-ci, comme
l'attestent de nombreux ahaadith, les invocations (doua’s) sont acceptées. Nous
lisons également dans " Dourré Mansour " que d’après un hadice, c'est
lors de cette nuit que le Prophète Issa (alayhis salâm) fut élevé dans les cieux
et qu'également le repentir (tawbah) des Bani Israïl fut accepté.
![]()
" Salamoun hiya hattaa matla il
fadjr. "
" ( C'est une nuit de ) paix
jusqu'à l’apparition de l’aube. "
En vérité, cette nuit est la
matérialisation même de la paix, et tout au long de celle-ci, les anges
adressent des salutations aux fidèles croyants en train d'adorer leur Seigneur.
Lorsqu'un groupe monte, un autre le remplace, comme on peut le voir dans
certains récits. Une autre interprétation est que c'est une nuit de paix et de
protection contre le mal et la discorde.
Ces bénédictions durent toute la nuit
jusqu'à l'apparition de l'aube, et ne sont pas limitées à une partie
quelconque.
Après avoir signalé quelques vertus de
cette nuit telles qu'elles nous sont expliquées dans le Livre d'Allah, ( ce qui
aurait été suffisant ), passons néanmoins aux ahaadith où nous trouvons
davantage au sujet des vertus de cette nuit.
Hadice 1

Abou Houraïra (radhi allâhou anhou )
rapporte que l’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) a dit : "Quiconque
se tient debout en prière et en adoration durant la Nuit du Destin ( Laïlatoul
Qadr ), avec une foi complète et l’espoir sincère d’obtenir une récompense,
aura tous ses péchés antérieurs pardonnés."
COMMENTAIRE
Dans le hadice sus-mentionné : " se
tenir debout " fait allusion à la prière, mais inclut également toute
autre forme d'adoration, comme par exemple le Rappel d'Allah (Zikroullah), la
lecture du Qour’aan etc... La phrase : " avec l'espoir sincère
d'obtenir une récompense " signifie que notre intention devrait être
pure et que l'on devrait se tenir debout devant Allah en parfaite humilité et
sincérité ( et non par ostentation ou autre mauvaise intention ).
Suivant Khattabi r.a., cela signifie que
l'on devrait se tenir debout avec joie et la certitude de la récompense, et non
comme pour un fardeau ou à contrecœur.
Après tout, il est connu que lorsqu'on
cultive de hautes aspirations et que l'on désire obtenir une grande récompense,
en même temps que l'on a en soi la certitude d'obtenir celle-ci, on multiplie
également les adorations pour atteindre ce but, qui devient alors chose facile.
C'est la raison pour laquelle ceux qui se sont élevés au regard d'Allah,
trouvent aisé de rester en état d'adoration la majeure partie de leur temps.
Il faut noter que lorsque les ahaadith
parlent des péchés antérieurs pardonnés, les savants disent que ce pardon (
comme il est mentionné dans le hadice ci-dessus et dans d'autres ) concerne
seulement les " petits ". En effet, comme indiqué dans le Qour’aan,
les grands péchés ne sont pardonnés qu’après un repentir sincère, avec
l'intention de ne jamais retomber dans de telles actions. Ainsi, chaque fois
que le hadice fait allusion aux péchés pardonnés, les savants le prennent comme
signifiant seulement les " petits ". Mon défunt père (Qu'Allah le
bénisse et lui accorde Sa Lumière dans sa tombe) avait l'habitude de dire que
pour deux raisons le mot " petit " n'avait pas été mentionné dans les
ahaadith. Premièrement, disait-il, chez un véritable musulman, il ne devrait
subsister aucun grand péché, car chaque fois qu'il aura commis une telle
action, il ne pourra trouver le repos ou être en paix tant qu'il ne se sera pas
sincèrement repenti devant son Seigneur. Deuxièmement, durant des jours et des
nuits aussi grands et bénis, lorsqu'il se tient debout devant son Seigneur en
prière ou en adoration, ayant l'espoir d'obtenir une récompense, un profond
sentiment d'affliction est suscité en lui en raison de ses péchés - ce qui est
la condition essentielle du repentir de même que la résolution de ne pas
retourner à de tels actes. Ainsi, en de tels jours et nuits, l'adorateur se
repent sans aucun doute des grands péchés qu'il a commis. Il est meilleur
pourtant lorsqu'arrive une nuit comme " Laïlatoul Qadr " que l'on se
repente avec sa langue aussi bien qu'avec son cœur, avec le désir sincère
d'être pardonné, de façon à ce qu'Allah, dans Son Infinie Miséricorde, nous
efface toutes formes de péchés.
Et lorsque vous ferez cela, souvenez vous
de moi, pauvre malheureux, dans vos sincères invocations !
HADICE 2

Anas (radhi allâhou anhou ) rapporte
qu’une fois, le mois de Ramadhan était arrivé et l’Envoyé d’Allah (sallallâhou
alayhi wa sallam) dit : " Un mois vient certainement de vous arriver
dans lequel se trouve une nuit meilleure que mille mois. Quiconque manquera une
telle nuit aura été, en vérité, dépourvu de tout bien et nul n'en est privé
sauf celui qui est vraiment malchanceux. "
COMMENTAIRE
Qui pourra douter de la malchance de la
personne qui est dépourvue ou qui se prive elle même du grand bien contenu dans
" Laïlatoul Qadr " ? Il existe des gens qui, à cause de
leurs fonctions et durant leur service, restent éveillés la nuit tout au long
de l'année ( comme les employés de chemin de fer par exemple ) ; combien il
pourrait être ainsi facile, dans l'espoir de pouvoir gagner la récompense de
plus de quatre-vingts années d'adoration, de rester éveillés pendant un mois,
au service d'Allah !
A cause du manque d'enthousiasme, nos
cœurs sont dépourvus de zèle ; si cet enthousiasme existait, des milliers de
nuits passées dans l'adoration d'Allah deviendraient extrêmement faciles. C'est
ce zèle et ce désir que nous devrions susciter. Regardez notre Saint Prophète
(sallallâhou alayhi wa sallam): il lui avait été promis, à maintes reprises,
qu'il n'aurait rien à craindre dans l'au-delà et il avait reçu la bonne
nouvelle de sa position exaltée et malgré tout, nuit après nuit, on le trouvait
en état d'adoration, à tel point que ses pieds enflaient. Nous appartenons à sa
communauté, et parmi nous se trouvent de nombreuses saintes personnes qui ont
suivi cet exemple. Ils étaient eux aussi des êtres humains, et nul ne pourra
dire qu'il nous est impossible d'avoir la même ardeur pour l'adoration. Ils
sont devenus des modèles pour les autres et nul ne pourra plus dire également :
" Qui peut se mesurer avec le Prophète (sallallâhou alayhi wa sallam) et
qui peut avoir le courage de faire comme lui ? " Tout ceci n'est qu'une
question de conviction au fond du cœur, car pour ceux qui ont le désir de faire
les choses, la tâche la plus difficile (comme de creuser une rivière de lait
dans une montagne par exemple) n'est pas impossible. Mais l'on ne saurait
obtenir cela sans suivre une éducation spirituelle auprès des Mashâïkh ( guides
dans la voie qui mène à Allah ).
Un poème dit :
" Si tu veux obtenir la compassion
du coeur
Tu dois rester au service des fouqarah
(pauvres)
Car ce joyau ne peut être obtenu du
trésor des rois."
Ainsi, ce n'est pas sans raison que Omar
(radhi allâhou anhou ) rentrait chez lui, après avoir accompli sa prière Icha
et restait en prière tout au long de la nuit jusqu'au matin.
On trouve aussi l'exemple du pieux
Khaliphe Othman (radhi allâhou anhou ) qui, après avoir jeûné tout le jour,
passait la nuit en prière après avoir dormi un peu durant la première partie et
récitait le Qour’aan en entier dans une seule rakaate.
Dans le commentaire de " Ihya
Ouloumiddine ", Abou Taalib Makki r.a. mentionne ( d’après une source
sûre ) le cas de quarante personnes parmi les Tabéïnes qui avaient l'habitude
d'accomplir leur prière de l'aurore (fadjr) avec les mêmes ablutions que celles
de la prière de la nuit (Icha).
Chaddad (radhi allâhou anhou ), quant à
lui, était ce sahabi qui, au moment de s'allonger sur son lit, ne cessait de se
retourner jusqu'à l'aube, et disait alors : " O Allah, la crainte du
feu de l'enfer m'a enlevé le sommeil ! " Assouad bin Yazid r.a. quant
à lui, excepté entre maghrib et Icha où il dormait un peu, passait toutes ses
nuits de Ramadhan en état d'adoration. Quant à Saïd Ibn Moussayyib r.a.,
pendant cinquante ans , dit-on, il accomplit la prière de Icha et de Fadjr avec
les mêmes ablutions.
Il y a aussi l'exemple de Sila bin Ashyam
r.a. qui, après avoir passé toute la nuit dans l'adoration, s’adressait à Allah
en ces termes : " O Allah, je suis indigne de te demander le paradis et
la seule chose pour laquelle je t'implore, c'est de me sauver de l'enfer !
"
Qataadah (radhi allâhou anhou ) avait
l'habitude de terminer la récitation du Qour’aan toutes les trois nuits de
Ramadhan et une fois dans toutes celles de la dernière décade. Il est bien
connu que l'Imam Abou Hanifah r.a., pendant quarante ans, fit la prière de Icha
et de Fadjr avec les mêmes ablutions ( et réfuter cela serait enlever toute crédibilité
à l'histoire.) Lorsque ses compagnons lui demandaient d'où lui provenait cette
force, il répondait : " C'est par la bénédiction d'une invocation
spéciale que j'ai adressée à Allah par l'intermédiaire de certains de Ses
Noms ". Il dormait seulement un peu les après-midis en disant :
" Il nous a été recommandé, dans le hadice, de faire la sieste "
( En d'autres mots, même dans son sommeil de l’après-midi, son intention était
de suivre la sounnat. ) Il avait l'habitude de pleurer si fort en récitant le
Qour’aan que ses voisins avaient pitié de lui. Une fois il pleura toute la nuit
en répétant à maintes reprises ce verset :
![]()
" Non, mais l'heure sera leur
rendez-vous. L'Heure, cependant, est chose très terrible et très amère.
" (Sourate la Lune - Verset : 46)
Ibrahim Ibn Adham r.a. quant à lui, ne
dormait, durant le Ramadhan, ni le jour ni la nuit. L'Imam Shaafi r.a., durant
ce même mois, récitait soixante fois le Qour’aan en entier durant ses prières
de jour et de nuit.
A part le cas de ces quelques personnes,
il existe encore des centaines de récits semblables au sujet de ceux qui ont
pris en considération le verset :
![]()
" Je n'ai créé les djinns et les
hommes que pour M'adorer. "
Tels sont les exemples de nos
prédécesseurs. Même de nos jours, on peut encore trouver de nombreuses
personnes qui font cela, même si elles n'atteignent pas ce degré de sacrifice,
mais en considération de leur force et capacité, elles sont malgré tout des
exemples vivants des " Salafs " (pieux prédécesseurs). Elles suivent
réellement le noble exemple de l’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam)
et ne laissent pas leurs occupations mondaines ni leur confort matériel faire
obstacle à cela.
Le Messager d'Allah (sallallâhou alayhi
wa sallam) a dit: : " Allah a dit : "O fils d'Adam, consacre toi à
mon adoration, je comblerai ton coeur de richesses et j'éloignerai de toi la
pauvreté, sinon Je remplirai ta poitrine d'occupations et tu ne seras pas à
l'abri de la pauvreté. "
Combien de fois observons nous cette
vérité dans les expériences quotidiennes !
Hadice 3

Anas (radhi allâhou anhou ) rapporte que
l'Envoyé d'Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) a dit : " Durant
la nuit du Destin, Djibraïl (alayhis salâm) descend sur terre en compagnie d'un
groupe d'anges, ( et ) ils invoquent la bénédiction pour chaque serviteur
d'Allah qu'ils trouvent debout en adoration ou assis, ( et qui sont occupés)
dans le souvenir d'Allah. Alors le jour de la Fête ( Aïd el Fitr ) Allah fait
leur éloge auprès des anges ( car avant ils avaient critiqué les hommes ) et
dit : " O anges, quelle est la récompense de ce serviteur qui a
pleinement accompli sa tâche " ? Ils répondent : O notre Seigneur, sa
récompense est qu'on lui donne son plein salaire. Allah dit alors :
" O mes anges, en vérité mes serviteurs et mes servantes ont
accompli l'obligation qui leur avait été imposée et ils se dirigent ainsi (
vers le Mouçallah), en élevant la voix en invocation pour Moi. Je jure par mon
Honneur, Ma Gloire, Ma Générosité, par Ma Grandeur et Ma Position élevée :
J'accepterai certainement leurs invocations ". Puis Allah leur
dit : " Retournez, certainement, Je vous ai pardonné et J'ai
transformé vos péchés en bonnes actions ". Puis, ils retournent (du
Mouçallaa, Idegaah en Ourdou) pardonnés de tous leurs péchés ".
COMMENTAIRE
Dans le Qour’aan comme dans ce hadice, il
est clairement mentionné que Djibraïl (alayhis salâm) descend avec les anges.
L'auteur de Ghaaliyatoul Mawaaez signale de la part de Shaikh Abdoul Qâdir
Djilaani r.a. que dans un hadice rapporté par Ibn Abbas (radhi allâhou anhou ),
il est mentionné que Djibraïl (alayhis salâm) , après sa descente, ordonne aux
anges de se rendre dans la maison de tous ceux occupés dans l'adoration et de
les saluer. Alors les anges se répandent pour visiter chaque maison, petite ou
grande, sur terre ou sur mer, dans la ville ou dans la campagne, dans laquelle
se trouve un adorateur, pour le saluer. Pourtant certaines maisons ne sont pas
visitées : la maison dans laquelle se trouve un chien ou un porc, de même que
celle dans laquelle se trouve un homme en état d'impureté majeure à cause de
l'adultère et la maison qui contient des représentations figurées. Comme il est
malheureux que beaucoup de maisons de musulmans soient privées de la venue des
anges simplement à cause de la présence d’images ! Ils se privent alors de la
Bénédiction d'Allah, tout cela uniquement dans le but d'ajouter ce qui leur
semble être un peu plus de " décor ". Il suffit qu’une seule
représentation ait été accrochée par un membre négligeant de la famille pour
que toute la maison se trouve complètement dépourvue de la présence des anges
de la bénédiction !
Hadice 4

Aïcha (radhi allâhou anhou ) rapporte que
l’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) a dit :
" Recherchez " Laïlatoul
Qadr " dans les nuits impaires des dix derniers jours du Ramadhan."
COMMENTAIRE
Le hadice ci-dessus nous recommande de
chercher la Nuit du Destin parmi les dix dernières nuits du Ramadhan. D’après
la grande majorité des savants, les dix dernières nuits commencent à partir de
la vingt et unième, que le mois comporte 29 ou 30 jours. On devrait donc la
rechercher lors de la vingt et unième, vingt troisième, vingt cinquième, vingt
septième ou vingt neuvième nuit. Même si le mois est de vingt neuf jours, cela
ne change rien pour le calcul des dix derniers jours Akhir Asharah )
Ibn Hazm r.a. a pourtant une opinion
différente, disant que le mot " Asharah ", utilisé dans le
hadice signifie : dix. Ainsi le calcul mentionné ci-dessus ne sera correct
seulement lorsque le mois de Ramadhan comprendra trente jours. Au cas
contraire, quand le mois est seulement de vingt neuf jours ( comme cela arrive
souvent ), les dix derniers jours seront comptés à partir du vingt neuvième et
commenceront, en fait la vingtième nuit. Suivant ce calcul cela signifie que
les nuits impaires seront en fait, la vingtième, vingt deuxième, vingt
quatrième, vingt sixième et vingt huitième.
Néanmoins toutes les autorités sont
d'accord sur le fait que, dans sa recherche de la nuit du Destin, l’Envoyé
d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) ne commençait sa retraite spirituelle (
I’tikaaf ) que la vingt et unième nuit. En raison de cela, elles considèrent
les nuits impaires, à partir de la vingt et unième comme plus propices à sa
recherche. Cependant on devrait, malgré tout, passer chacune de celles-ci à
partir de la vingtième, en adoration, de façon à être sûr de bénéficier des bénédictions
de " Laïlatoul Qadr " ( qui peut également arriver dans les nuit
paires ). Consacrer dix ou onze nuits de la sorte n'est assurément pas si
difficile pour la personne qui espère en une récompense !
Hadice 5

Oubaadah bin Saamit (radhi allâhou anhou
) rapporte : " Une fois l’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam)
vint nous informer au sujet de la nuit du Destin, ( malheureusement à ce moment
) une querelle survint entre deux musulmans et il ajouta : " j'étais
venu de façon à vous dire quand était la nuit du Destin, mais telle et telle
personne se sont disputées et ( l'attribution de sa date correcte ) fut
retirée. Il se peut que cela soit meilleur pour vous. Ainsi recherchez celle-ci
parmi la neuvième, septième et cinquième nuits. "
COMMENTAIRE
Trois points importants sont mentionnés
dans ce hadice. Premièrement, il est fait mention d'une dispute tellement
mauvaise, qu'elle fut la cause de la suppression de la réelle connaissance de
la date de Laïlatoul Qadr. En effet, les disputes entraînent toujours la perte
de bienfaits. Une fois, l’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) demanda
aux Compagnons : " Vous informerai-je d'une action qui est meilleure
que la prière, le jeûne et les actes de charité ? "
Les Compagnons (radhia allâhou anhoum)
répondirent : " Certainement. " L’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi
wa sallam) dit alors : " Entretenir de bonnes relations entre vous est
la meilleure chose, car, en vérité, les disputes éliminent ( rasent ) la
religion." C'est à dire que tout comme le rasoir rase les cheveux de
la tête, les disputes éliminent la religion. Ne parlons pas des gens qui sont
plongés dans les affaires de ce bas monde et ne sont pas au courant de la
religion, mais même ceux qui sont occupés dans les longs tasbihs (formules du
souvenir d'Allah) et qui proclament leur attachement au " Dîne " sont
constamment impliqués dans des querelles entre eux. Je vous en prie, prenez en
considération, la parole du Prophète (sallallâhou alayhi wa sallam) et
souciez-vous ensuite de ce " Dîne " que vous utilisez, par orgueil,
comme moyen pour ne pas vous laisser aller à une réconciliation pourtant
naturelle. Dans le premier chapitre de ce livre, nous avons lu que l’Envoyé
d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) avait dit qu'insulter un musulman était
la pire catégorie de l'usure. Pourtant, au milieu de nos disputes, nous
n'épargnons ni l'honneur de notre frère, ni ne retenons nos insultes, ne tenant
ainsi aucun compte des injonctions d'Allah et de Son Bien-Aimé Prophète
(sallallâhou alayhi wa sallam). Allah Lui-même dit : " Et ne vous
disputez pas, sinon vous fléchirez et perdrez votre force, et soyez endurants
car Allah est avec les endurants. " ( Al Anfâl verset 46 )
Il est maintenant du devoir de ceux qui
cherchent toujours querelle et qui salissent l'honneur et la dignité des
autres, de s'asseoir un instant dans la solitude et de réfléchir à quel point
ils sont en train de porter atteinte à leur propre dignité, et combien ils sont
en train de se déshonorer aux yeux d'Allah ainsi qu'à ceux d'autrui.
L’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa
sallam) a dit que celui qui coupait les relations avec son frère musulman plus
de trois jours et qui mourait dans cet état, irait directement en enfer. Dans
un autre hadice, il est dit que chaque lundi et jeudi, les actions des hommes
sont présentées devant Allah. Ensuite, par Sa Miséricorde ( et dû à certaines
bonnes actions), Il accorde Son Pardon, excepté aux idolâtres. Quant aux deux
personnes qui se sont disputées et qui ont coupé leurs relations, il leur sera
dit : " Laissez-les tant qu'elles ne se seront pas
réconciliées. " Un autre hadice affirme que lorsque les actions
sont présentées devant Allah, les lundis et jeudis, le repentir de celui qui se
repent est accepté de même que le pardon de celui qui le demande. Quant à ceux
qui se sont disputés, ils seront tenus à l'écart.
Un autre hadice nous enseigne plus loin
que durant la quinzième nuit du mois de Chabaane, la Miséricorde d'Allah
descend sur toutes les créatures et que Son Pardon est accordé à tous, sauf à
deux catégories de personnes. La première : une personne mécréante ( Kâfir ) et
la seconde : celle qui entretient de mauvaises relations avec une autre . Dans
un hadice il est dit : " Il y a trois sortes de personnes dont la
prière ne dépasse pas plus d'une coudée au dessus de leur tête ( en vue de
son acceptation ). Parmi elles, figure celle des gens qui se disputent ".
Arrivé à ce point, je n'ai pas regroupé tous les ahaadith à ce sujet mais je
n'ai cité ces quelques traditions qu'une fois après avoir constaté que l'élite
et les personnes considérées comme pieuses et saintes ( ne parlons pas du
commun des mortels ) étaient remplies de tels actes abominables.
" A Allah appartient ma doléance et
c'est Lui dont on implore le Secours. "
Une deuxième chose qu'il faut noter aussi
est que le fait de se quereller et de couper toute relation avec autrui soit
considérée comme un crime et quelque chose de mauvais dans l'Islam, surtout
s’il provient de la haine et de l'inimitié ayant pour origine les choses de ce
monde. Autrement il est autorisé de rompre les relations avec quelqu'un à cause
de ses mauvaises actions ou pour certains motifs religieux ( lorsque celui-ci
se trouve impliqué dans l'erreur et les choses blâmables ). Une fois, Ibn Omar
(radhi allâhou anhou ) cita une parole de l’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi
wa sallam), au sujet de laquelle, son fils émit une réflexion qui
extérieurement semblait la contredire. Le résultat fut que Ibn Omar (radhi
allâhou anhou ) n'adressa plus jamais la parole à son fils aussi longtemps
qu'il vécut. On raconte plusieurs incidents semblables au sujet des Sahaabas
(radhia allâhou anhoum). Mais en ce qui nous concerne, Allah connaît mieux et
Lui Seul est au courant de l'état de nos coeurs et Il sait quelles relations
ont été rompues à cause de Dîne et lesquelles à cause de notre propre honneur,
fierté et dignité. Car chacun peut faire passer sa haine et sa rancune au nom
de " Dîne ".
Le second point sur lequel ce hadice
attire notre attention est le fait qu'on devrait être satisfait et accepter
avec bonne grâce la sagesse des décisions d'Allah. Par exemple, bien
qu'apparemment, la perte de la connaissance de la date exacte de Laïlatoul Qadr
soit une chose très sérieuse, on devrait tout de même l'accepter comme
provenant de la part d'Allah. Pour cette raison l’Envoyé d’Allah (sallallâhou
alayhi wa sallam) a dit : " Peut-être que cela est préférable pour
vous." Nous devrions beaucoup méditer sur ce point et en tirer de
grandes leçons. A chaque instant, Allah se montre Miséricordieux et Généreux
envers ses serviteurs. Si quelqu'un est touché par une difficulté quelconque en
raison de ses mauvaises actions, il lui suffit de se tourner vers Allah et de
reconnaître ses faiblesses pour qu'aussitôt la Miséricorde divine ne le
recouvre et que son épreuve devienne alors pour lui la cause d'un plus grand
bien. Et pour Allah, rien n'est difficile !
Les savants ont mentionné quelques autres
avantages en notre faveur, du fait de la méconnaissance de la date précise de
Laïlatoul Qadr. Tout d'abord, si nous avions eu la connaissance de cette nuit
bénie beaucoup de gens négligents auraient cessé de faire des actes d'adoration
durant les autres nuits. Or, dans l'état actuel des choses, " ceux qui
recherchent " ont la possibilité de rester éveillés plusieurs nuits en
adoration dans l'espoir que ce soit Laïlatoul Qadr.
Deuxièmement, il existe parmi nous une
catégorie de personnes qui n'arrive pas à s'abstenir du mal. Combien il aurait
été dangereux pour ce genre de personnes, qu'en dépit de leur connaissance de
la nuit du Destin, elles aient eu l'audace de faire le mal.
Une fois, l’Envoyé d’Allah (sallallâhou
alayhi wa sallam), vit, en entrant dans la mosquée, un de ses Compagnons en
train de dormir. Il dit à Ali (radhi allâhou anhou ) : " Réveille-le afin
qu'il puisse faire ses ablutions ". Ce que fit Ali (radhi allâhou anhou ),
puis il s'adressa au Prophète (sallallâhou alayhi wa sallam) ainsi : " O
Messager d'Allah (sallallâhou alayhi wa sallam), vous qui vous empressez
toujours de faire le bien, pourquoi ne l'avez-vous pas réveillé vous-même?
" Le Saint Prophète (sallallâhou alayhi wa sallam) répondit alors :
" J'ai eu peur que cet homme refuse, et le refus de ma parole est
équivalent au koufr (infidélité) . Tandis que s'il avait refusé de
suivre la tienne, cela n'aurait pas été du koufr. " Ainsi, Allah,
dans Sa miséricorde, ne veut pas qu'en dépit de sa connaissance de Laïlatoul
Qadr, un musulman passe cette nuit dans le péché.
Troisièmement, si cette nuit avait été
fixée et que quelqu'un l'avait laissé passer sans le vouloir, alors il serait
fort probable qu'ensuite, pendant le reste du Ramadhan, il ne passerait plus,
par frustration, aucune autre nuit en adoration, alors qu'il en reste encore
quelques unes ; tandis que maintenant, combien de nombreuses personnes parmi
nous ont la possibilité de passer une, deux ou trois nuits en Ibadaat (alors
qu'elles ignorent sa date exacte) !
Quatrièmement, chaque nuit passée en
Ibadaat à la recherche de Laïlatoul Qadr entraine une récompense spéciale.
Cinquièmement, nous avons vu que durant
le Ramadhan, Allah vantait auprès de ses anges les croyants qui s'évertuaient
dans les actes d'adoration. Maintenant, en de telles occasions, pour obtenir
l’Agrément d'Allah, ils passent, à Son service, nuits après nuits, en dépit du
manque de connaissance de sa date exacte, augmentant ainsi les éloges qu'Allah
fait à leur sujet. Si tel est leur zèle dans cette condition, alors combien
d'autres efforts auraient-ils entrepris s'ils en avaient eu connaissance !
Il peut exister également d'autres
avantages. Il est connu qu'Allah garde souvent certaines choses de grande
importance secrètes, comme par exemple l'l'smoul A’zam ( Le plus grand nom
d'Allah par lequel Il répond aux invocations ), de même que par exemple, un
certain moment où, le jour du Djoum’ah (Vendredi), les doua's sont acceptés. Il
existe encore de nombreuses choses de cette sorte. Il est possible qu'à cause
de cette dispute, la détermination de cette nuit ait été enlevée pendant ce
mois de Ramadhan précis et que par la suite, elle ait été effacée pour
toujours, pour les autres raisons sus-mentionnées.
Le troisième point mentionné dans ce
hadice est le fait que l'on devrait rechercher Laïlatoul Qadr parmi les trois
nuits suivantes : la neuvième, septième et cinquième. En faisant le
rapprochement avec les autres ahaadith, on arrive à comprendre qu'il est ici
fait allusion aux dix dernières nuits de Ramadhan. Ainsi pour déterminer de
quelles nuits il s'agit, en commençant à compter à partir de la vingtième ( en
remontant ), on tombera sur les trois nuits du 25, 27 et 29. Si au contraire,
on commence à partir de la vingt-neuvième, en redescendant ( au cas où le mois
soit de 29 jours ), celles-ci tomberont le 21, 23, 25, mais si le mois est de
30 jours ce seront la vingt-deuxième, vingt-quatrième, vingt-sixième nuit. On
voit ainsi combien il existe d’incertitude au sujet de cette date et l'on
trouve en fait, parmi les grands savants, environ cinquante opinions
différentes. A cause de cela quelques savants ont dit que Laïlatoul Qadr ne
tombait pas la même nuit chaque année. Si telle année c'était une nuit
particulière, une autre, c'était une nuit différente. A certaines époques, le
Saint Prophète (sallallâhou alayhi wa sallam) recommandait à ses Compagnons de
la rechercher parmi un certain nombre de nuits alors qu'à d'autres, il
insistait sur une nuit particulière.
Hazrat Abou Houraïrah (radhi allâhou
anhou ) rapporte, qu’une fois, au cours d'une assemblée avec les compagnons
(radhia allâhou anhoum) on fit mention de Laïlatoul Qadr et l’Envoyé d’Allah
(sallallâhou alayhi wa sallam) demanda : " Quelle date sommes-nous
aujourd'hui ? " Ils répondirent : " Le 22 Ramadhan ". Le
Saint Prophète (sallallâhou alayhi wa sallam) dit :
" Recherchez-la au cours de la nuit qui vient. "
Hazrat Abou Zar (radhi allâhou anhou )
raconte: " Je demandai une fois au Prophète (sallallâhou alayhi wa sallam)
si Laïlatoul Qadr serait accordée seulement durant la vie de l’Envoyé d’Allah
(sallallâhou alayhi wa sallam) ou si elle continuerait après lui. L’Envoyé
d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) répondit : " Elle
continuera jusqu'au jour du jugement. " Je lui demandai alors :
" A quel moment du Ramadhan a-t-elle lieu ? " Le Prophète
(sallallâhou alayhi wa sallam) répondit : " Cherchez-la au cours
des dix premiers et des dix derniers jours. " Puis le Prophète
(sallallâhou alayhi wa sallam) parla d’autre chose. J'attendai et, trouvant une
autre occasion, je lui demandai : " Dans quelle partie de ces dix
jours se trouve Laïlatoul Qadr ? " Sur ce, l’Envoyé d’Allah
(sallallâhou alayhi wa sallam) se mit en colère après moi, comme il ne l'avait
jamais fait auparavant et dit : " Si cela avait été la Volonté d’Allah,
alors ne nous l’aurait-il pas fait savoir, recherchez-la parmi les sept
dernières nuits et ne me posez plus de questions! "
On signale à nouveau, dans un autre
hadice que l’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) dit à un Compagnon
que Laïlatoul Qadr était la vingt-troisième nuit. Hazrat Ibn Abbas (radhi
allâhou anhou ) raconte : " Une fois, alors que je dormai, quelqu'un me
dit dans un rêve : " Lève-toi, c'est Laïlatoul Qadr. " Je me
réveillai et me rendis avec hâte auprès de l’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi
wa sallam) et le trouvai en prière. C'était la vingt-troisième nuit. Dans
d'autres versions, c'est la vingt-quatrième qui est mentionnée. Hazrat
Abdoullah Ibn Mass’oud (radhi allâhou anhou ) dit : " Celui qui passe
chaque nuit de l'année en adoration (ibadaat) pourra trouver Laïlatoul Qadr (En
d'autres mots, cette nuit bénie se déplace tout au long de l'année et ne tombe
pas nécessairement durant le Ramadhan.) Quand on mentionna ceci à Hazrat Oubay
bin Kaa'b (radhi allâhou anhou ) , il dit : " Ibn Mass’oud veut dire par
là que les gens ne doivent pas seulement se contenter de chercher Laïlatoul
Qadr durant une seule nuit. " Ensuite, il jura par Allah que celle-ci
tombait la vingt-septième du Ramadhan. Ceci est également le point de vue de
nombreux Sahabas (radhia allâhou anhoum) et Tabéines r.a. Ce qu'ont voulu dire
Hazrat Ibn Mass’oud et Oubay (radhia allâhou anhoumâ) , c'est que la personne
qui restait en ibadaat toutes les nuits de l'année trouverait certainement
celle-ci ( Comme on le voit dans un hadice dans Dourré Mansour ). Il existe
parmi les Imams une opinion bien connue de Abou Hanifah r.a. disant que
Laïlatoul Qadr variait au cours de l'année. Il existe également un autre de ses
points de vue disant qu'elle se déplaçait tout au long du Ramadhan. Ses
célèbres disciples et étudiants, quoiqu'il en soit, pensaient que celle-ci
tombait une nuit particulière (inconnue de nous), durant le mois sacré de
Ramadhan. Alors que les Shafii's pensent que, très probablement, elle a lieu la
vingt et unième nuit. L'Imam Ahmad et l'Imam Malik r.a., eux, partagent le
point de vue qu'elle tombe durant les dix dernières nuits impaires du Ramadhan,
variant d'année en année et qu'elle n'est pas fixée. Mais la vaste majorité des
Oulama considèrent qu'elle a lieu, le plus probablement, chaque année, la
vingt-septième nuit du Ramadhan.
Le maître des Arifines(personnes ayant
accédé à la connaissance d'Allah), Ibn Arabi r.a., a dit : " A mon
opinion, le point de vue de ceux qui pensent que Laïlatoul Qadr se situe en des
nuits différentes, variant tout au long de l'année, est vraisemblablement le
plus correct, parce que, deux fois, je l'ai vue durant le mois de Cha’baane -
lors de la quinzième nuit et lors de la dix-neuvième - et deux fois dans le
milieu de la deuxième décade du Ramadhan, durant la treizième et dix-huitième
nuit. Et je l'ai vue également dans toutes les nuits impaires de la dernière
décade. C'est pourquoi j'ai la certitude que cette nuit se situe dans
différentes nuits de l'année bien que, le plus souvent, on la trouve dans le
mois béni de Ramadhan . "
Hazrat Shah Walliyoullah Delhawi r.a.
pensait qu'il y avait deux " Laïlatoul Qadr " chaque année :
a) Une Laïlatoul Qadr qui correspond à la
nuit durant laquelle descendent les décrets divins et qui est également celle
pendant laquelle le saint Qour’aan descendit du "Law al Mahfouz" (La
table gardée). Elle n'est pas spécifique au Ramadhan mais varie et peut
survenir n'importe quelle autre nuit de l'année. Néanmoins, la nuit particulière
où fut révélé le Qour’aan eut lieu pendant le Ramadhan.
b) La seconde Laïlatoul Qadr est celle ou
" la spiritualité " se répand d'une façon particulière et
où les anges descendent en grand nombre tandis que les démons sont retenus et
que les invocations sont exaucées. Cette nuit n'arrive que pendant le Ramadhan,
lors des différentes nuits impaires des dix derniers jours. (Ce dernier point
de vue de Shah Waliyoullah r.a. était celui que mon père r.a. préférait.)
De toute façon, qu'il y ait deux Laïlatoul
Qadr ou une, chacun devrait la rechercher suivant ses propres forces et son
courage, et s'il ne le peut tout au long de l'année, alors, au moins durant le
Ramadhan, ou si ce n'est pas possible, au cours des précieux dix derniers
jours. Si cela aussi lui parait un " peu trop ", alors au moins dans
les nuits impaires de la dernière décade, et au cas où l'on ne puisse passer
également celles-ci (Qu'Allah nous en préserve!), alors on devrait considérer
la nuit du vingt-septième comme une autre précieuse occasion. De cette façon,
si par la grâce d'Allah, quelqu'un a la chance de passer cette nuit en
adoration, alors cela vaudra mieux que tous les conforts et les délices de ce
monde ! Et même si quelqu'un n'arrive pas à trouver cette nuit tant recherchée,
alors au moins, recevra-t-il une récompense pour son adoration. Finalement, on
devrait s'efforcer de pratiquer toute l'année les prières Icha et Maghrib en
djamaate (groupe), car au cas où par chance ce soit " Laïlatoul
Qadr ", la récompense pour ces deux prières sera multipliée.
C'est une grâce immense de la part
d'Allah que lorsqu'on entreprend un effort à des fins religieuses et que
celui-ci n'est pas couronné de succès, on soit tout de même récompensé pour cet
effort. Mais malgré cela, combien de gens courageux parmi nous sont attachés au
Dîne (religion), meurent-ils pour elle ou se sacrifient ?
Par contre, en ce qui concerne les
affaires de ce monde, quand des efforts ne portent pas de fruits, alors on les
considère comme vains. En dépit de cela, combien de gens détruisent leur vie et
leurs biens pour des raisons matérielles ou dans l'acquisition des choses
futiles et sans consistance !
Hadice 6

Oubaadah bin Samit (radhi allâhou anhou )
rapporte qu'il a questionné le Saint Prophète (sallallâhou alayhi wa sallam) au
sujet de Laïlatoul Qadr. Il répondit : " Elle se situe dans le
Ramadhan, durant les dix derniers jours, dans une nuit impaire, soit la
vingt-et-unième, vingt-troisième, vingt-cinquième, vingt-septième, la vingt-
neuvième ou encore dans la dernière. Quiconque passe cette nuit en Ibadaat avec
une foi sincère et de fermes espoirs d'obtenir une récompense, ses péchés
antérieurs lui seront pardonnés. Parmi les signes de cette nuit il y a le fait
qu'elle soit sans nuage, brillante, tranquille, la lune y resplendit ( à cause
de la présence de lumière ), elle n'est ni chaude ni froide et les chayâtine ne
sont pas frappés par les étoiles filantes (météores) durant cette nuit là ; et
cela jusqu'à l'arrivée de l'aurore. Un autre signe est qu'au lever du jour, le
soleil se lève sans aucun rayon, ressemblant davantage à la lune quand elle est
pleine. En ce jour, Allah interdit aux chayâtine de sortir en même temps que le
soleil. (Contrairement aux autres jours où ils apparaissent à cet endroit.)
COMMENTAIRE
Un partie de ce qui a été mentionné dans
ce hadice a déjà été traitée précédemment. Quelques signes sont évoqués ici au
sujet de cette même nuit. Ces signes sont clairs et ne nécessitent pas
d'explication supplémentaire. Il en existe d'autres en outre, comme il est
mentionné dans les ahaadith ou les récits de ceux qui ont eu la chance de
trouver cette nuit là. Le signe le plus spécifique dans ce hadice est le lever
du soleil sans aucun rayon. Les autres signes ne sont pas nécessairement
toujours présents. Un Sahabi (radhi allâhou anhou ) : Abda bin Abi Loubaaba dit
:" La nuit du vingt-septième, j'ai goûté l'eau de la mer et je l'ai
trouvée tout à fait douce. " Ayoub Bin Khalid (radhi allâhou anhou ) dit :
" Une fois j'ai eu besoin de prendre un bain dans la mer et en la goûtant,
je trouvai que l'eau était douce. C'était lors de la vingt-troisième nuit.
" Quelques mashâïkhs écrivent que durant la nuit du Destin, chaque chose
se prosterne devant Allah, à tel point que les arbres se courbent vers le sol,
pour retourner ensuite dans leur position normale, mais ces signes sont , de
toute façon, des phénomènes spirituels de " Kachf " ( dévoilement )
qui ne sont pas visibles par tout le monde.
Hadice 7

Aïcha (radhi allâhou anhou ) rapporte :
" J'ai dit ( une fois ) : " O Messager d'Allah (sallallâhou alayhi
wa sallam) dis-moi, s'il m'arrivait de trouver Laïlatoul Qadr, quelle
invocation devrai-je faire ? " Le Prophète (sallallâhou alayhi wa sallam)
répondit : " Dis : " O Allah, Tu es Celui qui pardonne les
péchés, Tu aimes le pardon, pardonne moi."
COMMENTAIRE
Ce doua' est certainement une invocation
à la signification très large, car, si Allah, par Sa Bonté et Sa Grâce, nous
soulage des comptes de l'au-delà, alors que pourrait-on espérer de plus ?
Je ne demande pas l’acceptation de mes
ibaadates (actes d’adoration)
mais que mes péchés soient pardonnés. (Poème)
L'Imam Soufiane Thauri r.a. avait
l'habitude de dire que le fait de se consacrer, en cette nuit, aux invocations,
était meilleur que toute autre forme d'adoration. Ibné Rajab r.a. dit qu'on ne
devrait pas seulement rester occupé dans le doua, mais que l'on devrait prendre
part également à toute autre forme d'ibadaat, telles que la récitation du Saint
Qour’aan, la prière, la contemplation (Moraqabaat) etc... Cette dernière
opinion semble plus correcte et plus proche de ce qu'a dit l’Envoyé d’Allah
(sallallâhou alayhi wa sallam) comme cela a déjà été mentionné dans les
ahaadith précédents.
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