LE MOIS DE RAMADAN : MOIS SACRE A REUSSIR


 

Concernant les vertus du Ramadhan.

Hadice 1

 

Salmaan (radhia Allahou anhou) rapporte : " Le dernier jour de Cha'baane, le Messager d'Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) nous fit ce discours: " O gens, il arrive un grand mois, un mois rempli de bénédictions, dans lequel se trouve une nuit meilleure que mille mois (Laïlatoul-Qadr). C'est un mois dans lequel Allah a rendu obligatoire de jeûner le jour et " sounnat " de prier la nuit ( Tarawih ). Pour quiconque désire s'approcher d'Allah en accomplissant des actes surérogatoires (nawâfil) durant ce mois, il lui sera compté une récompense comme s'il avait accompli un acte obligatoire d'un autre moment de l'année et celui qui accomplit un acte obligatoire (fardh) recevra la récompense de soixante-dix " farâïdh " d'un autre moment de l'année. C'est un mois de patience (Sabr) et la récompense de la patience est le paradis. C'est un mois de sympathie envers ses compagnons. C'est un mois où la portion du croyant augmente. Quiconque donnera quelque chose à un jeûneur au moment de rompre le jeûne (iftar) obtiendra le pardon de ses péchés et la protection contre le feu de l'enfer et il recevra la même récompense que lui, sans que celle de ce dernier ne soit en rien diminuée ". Les Sahaba (radhia Allahou anhoum) dirent: " O Messager d'Allah, nous ne pouvons pas tous trouver de quoi donner à un jeûneur pour qu'il rompe son jeûne. " Raçouloullah (sallallâhou alayhi wa sallam) répondit : " ( il n'est pas nécessaire de donner à manger à satiété car ) Allah accorde la même récompense pour celui qui donne à un jeûneur une simple datte ou un peu d'eau ou de lait au moment de l'iftâr ".

"  C'est un mois tel que sa première partie est une miséricorde, son milieu le pardon et la dernière : la libération du feu de l'enfer. Quiconque allégera le fardeau de ses serviteurs en ce mois, Allah lui pardonnera et le libérera du feu ( de l'enfer). Dans ce mois, vous devriez vous appliquer à accomplir quatre choses en grande quantité : deux pour le plaisir de votre Seigneur et deux telles que vous ne puissiez vous en passer. Celles qui sont pour le plaisir de votre Seigneur sont : réciter en grande quantité le kalima tayyibah :  " Lâ ilâha ilallâh " et faire beaucoup de demandes de pardon ( Istighfar ). Et quant aux deux choses dont vous ne puissiez vous passer, ce sont : implorer Allah pour Son Paradis et Lui demander protection contre l'enfer ".

" Celui qui donnera à boire à un jeûneur, Allah lui fera boire de mon bassin (Hauz), le jour du jugement, d'une telle eau qu'il ne sentira plus la soif jusqu'à ce qu'il rentre au Paradis. " ( rapporté par Khouzaïmah dans son Sahih ).

COMMENTAIRE

Un grand nombre de sujets importants ont été abordés dans ce hadice. Tout d'abord, l'on remarque que l’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) a fait ce sermon à la fin de Cha'baane, attirant ainsi notre attention sur l'importance du Ramadhan afin de nous tirer de notre état d'insouciance.

Après la description des vertus de ce mois, l'accent a été mis ensuite sur plusieurs autres points. Tout d'abord : la nuit du Destin ( Laïlatoul-Qadr), qui est sans aucun doute une nuit de très grande valeur ( comme nous le verrons au chap. II). Ensuite le Prophète (sallallâhou alayhi wa sallam) a dit qu'Allah avait rendu obligatoire de jeûner durant le jour et sounnat de prier la nuit (Tarawih.) On voit ainsi que le tarawih est une sounnat ordonnée par Allah Lui-même. Quant aux versions dans lesquelles le Prophète (sallallâhou alayhi wa sallam) a dit : " Je l'ai rendu sounnat ", elles montrent par là qu'il a voulu mettre l'emphase sur l'accomplissement de cette prière. C'est pour cela que toutes les autorités religieuses sont unanimes au sujet de tarawih hormis les Rawafiz. Mawlana Shah Abdoul-Haq Dehlawi r.a. écrit dans son livre " Maa thabata bis sounnah " , d’après certains livres de jurisprudence, que si les habitants d'une ville négligeaient la prière de tarawih, l'autorité religieuse pouvait les y contraindre par la force.

Une remarque s'impose au sujet de cette prière. Beaucoup pensent qu'il suffit simplement pour pouvoir s'acquitter de cette sounnat, d'écouter la récitation complète du Qour’aan dans la prière de Tarawih, comme on le fait dans certaines mosquées, en huit ou dix jours seulement. Ils se trompent, car il faut bien distinguer deux choses : écouter le Qour’aan en entier pendant le Ramadhan - qui est une sounnat - et accomplir la prière de Tarawih - qui en est une autre. Dans ce cas, ils en auront respecté une et délaissé une autre. On devrait au contraire, s'appliquer à faire les deux avec grand soin.

Quand à ceux qui voyagent ou qui, pour une raison ou pour une autre, ne peuvent accomplir les deux en même temps, il leur est conseillé d'écouter, dès les premiers jours, le Qour’aan en entier, dans la prière de tarawih et de rejoindre celle-ci dès qu'ils en auront l'occasion.

Un autre point important dans ce hadice est le fait que l’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) nous ait informés que tout acte surérogatoire (nafil), durant le Ramadhan était récompensé autant qu'un acte obligatoire en temps normal et que tout acte obligatoire équivalait à soixante dix ( faraïdh ) des autres mois. A ce propos il serait bon que nous réfléchissions à notre attitude quant à nos différentes activités religieuses durant ce mois : combien d'importance accordons-nous à celles qui sont obligatoires et que faisons- nous de plus en ce qui concerne les surérogatoires ?

En ce qui concerne les " Faraïdh ", nous trouvons beaucoup de gens qui, après avoir pris le " souhour " ou sehri en ourdou : le repas avant l'aube), retournent se coucher et accomplissent ainsi leur prière de l'aube (fadjr) après son heure, ou du moins, en dehors du groupe (Djamaat). En guise de remerciement envers Allah pour le sauhour, nous accomplissons l'une des obligations les plus importantes après son heure ou de façon incomplète!

L'Envoyé d'Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) a dit : " Il n'y a pas de prière pour celui qui habite à côté d'une mosquée, si ce n'est dans la mosquée ".

Il est mentionné dans le livre" Mazaahiré Haq " qu'une personne qui accomplit sa prière en dehors du groupe(djamaate), sans excuse valable, se verra acquittée de son obligation mais, en échange, ne recevra pas de récompense ( sawab ).

De la même façon, dans la plupart des cas, au moment de l’iftâr, les gens manquent la prière de maghrib en groupe, sans parler du " takbir el oula " ( formule d'ouverture de la prière ) ou de la première rakate...

Beaucoup d'autres, à cause de la longueur de tarawih, font même la prière Icha avant son heure ! Voila la triste façon dont nous nous occupons de nos actes d'adoration pendant le Ramadhan. Dans le but d'accomplir un fardh, nous en négligeons trois autres ! Combien d'autres fois encore, nous délaissons la prière Zohr à cause de la sieste, tandis que le temps de la prière Asr passe alors que nous sommes occupés dans nos achats, notre commerce et la préparation du repas pour l’iftâr...

Si tel est le cas pour les farâïdh, alors on peut s'imaginer ce qu'il en est pour les nawâfil ! Le temps de la prière Ichrâq ( après le lever du soleil ) et Dhoha " Tchiast " ( avant midi) passent alors que nous dormons. Quant à la prière Awwâbine (nafil après maghrib), qui la fait ? En effet, à peine avons nous rompu notre jeûne que le fardeau du Tarawih commence à nous préoccuper ! Ensuite, au moment du Tahadjoud (prière nafil au milieu de la nuit), c'est précisément l'heure de prendre notre sauhour et il ne nous reste ainsi plus aucun moment pour accomplir des nawâfil !

Tout cela est dû à notre négligence et à notre mauvaise volonté, car comme le dit un dicton ( ourdou ) : "  Si tu n'éprouves pas le désir de faire une chose, alors, tu trouveras mille excuses ! ", pourtant combien de serviteurs d'Allah trouvaient, dans ces mêmes instants, le temps d'accomplir toutes ces ibaadate ( actes d'adoration ) ! Ainsi, j'ai personnellement observé mon professeur Mawlana Khalil Ahmad r.a. au cours de nombreux Ramadhans. C'était un homme faible, malade, d'âge avancé mais en dépit de tout cela, il avait l'habitude de réciter un djouz un quart du Qour’aan ( un djouz est équivalent à un trentième du livre sacré), seul ou en groupe durant la prière nafil après maghrib. Il consacrait alors environ une demi-heure pour manger et se préparer avant la prière de tarawih, qu’il accomplissait en deux heures et demie lorsqu'il se trouvait en Inde et trois heures lorsqu'il séjournait à Madina Mounawwarah. Puis il se reposait deux ou trois heures (suivant la saison) et récitait ensuite le Qour’aan dans la prière de Tahadjoud. Une demi-heure avant l'aurore, il prenait son repas de sauhour(sehri). Il lisait ensuite le Qour’aan jusqu'à la prière de fadjr ou récitait ses wazifas (formules de souvenir d'Allah ), puis il accomplissait sa prière et restait en méditation (Moraaqaba) jusqu’au lever du soleil.

Après la prière d’Ichraaq, il se reposait environ une heure et ensuite jusqu'à midi ou une heure (en été) il écrivait son livre " Bazloul Majhoud " et s'occupait de son courrier. Il se reposait ensuite jusqu'à la prière Zohr, puis lisait le Qour’aan jusqu'à la prière Asr. De Asr jusqu'à la prière Maghrib, il restait occupé dans le souvenir d'Allah et les conversations avec ses visiteurs.

Lorsqu'il eût complété " Bazloul Majhoud ", il se plongea dans l'étude d'autres ouvrages religieux. Tel était son programme journalier tout au long de l'année, excepté dans le Ramadhan où il allongeait la durée de ses prières. Quant aux autres personnes pieuses, tout le monde ne saurait les suivre dans leur programme spécifique à cette période de l'année!

Shaikh oul Hind Mawlana Mahmoud oul Hassan r.a. restait en prière nafil après le Tarawih jusqu'au fadjr et écoutait ensuite, tour à tour, la lecture du Qour’aan par différents Houffaz.

Mawlana Shah Abdour-Rahim Raïpouri r.a. restait constamment occupé dans la récitation du Qour’aan, le jour comme la nuit tout au long du Ramadhan, à tel point qu'il ne lui restait plus de temps pour répondre à son courrier ou accueillir ses visiteurs. Seuls ses plus proches serviteurs étaient autorisés à le visiter après le Tarawih, pour un court instant, tandis qu'il prenait une tasse de thé.

La raison de mentionner la manière dont ces saints personnages passaient leur Ramadhan n'a pas été fait uniquement dans le but de pouvoir les lire (sans en tirer aucun avantage) mais plutôt dans l'intention de pouvoir suivre leurs nobles exemples, du mieux que nous puissions.

Comme ce serait merveilleux que ceux qui sont dégagés des obligations de ce monde, après avoir gaspillé les onze mois de l'année, puissent faire leur possible en ce mois pour réformer leur vie religieuse !

Et quelle difficulté y aurait-il, pour ceux qui doivent se rendre à leur bureau ou au travail à huit, neuf ou dix heures, à lire le Qour’aan depuis fadjr jusqu'à l'heure de ce même travail ? Après tout, ne trouvons-nous pas du temps, à de tels moments, pour satisfaire d'autres besoins de ce monde ?

Quant à ceux qui s'occupent d'agriculture et qui ne sont en général au service de personne, rien ne les empêche de réciter le Qour’aan durant leurs activités dans les champs. Pour les hommes d’affaires, les commerçants et marchands, il n'est pas difficile, non plus, pour eux de diminuer leur temps de travail ou bien alors de lire le Qour’aan pendant leurs activités (en l'absence de clients ou à tout autre moment ). En effet, il existe un lien très fort entre le Ramadhan et la Parole d'Allah. La plupart des Ecritures divines furent ainsi révélées au cours de ce mois. Le Qour’aan descendit en entier du "Lawh al Mahfouz" ( La table bien gardée ) jusqu'au premier ciel de ce monde, duquel il fut révélé progressivement à l’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) durant une période de vingt-trois années. Le Prophète Ibrahim (alayhis salâm) reçut ses "feuillets" le premier ou le trois de ce mois, tandis que Daoud (alayhis salâm) eut la révélation des psaumes, le douze ou le dix-huit du même mois. Le Prophète Moussa (alyhis salâm) reçut la "Thora" le six et Issa (alyhis salâm), l'Evangile (Indjîl), le douze ou le treize de ce mois. Ainsi, on devrait lire abondamment le Saint-Qour’aan comme c'était l'habitude de nos mashâïkh (pieuses personnes).

On voit dans un hadice que Djibraïl (alyhis salâm) récitait, durant ce mois, le Qour’aan, à notre bien-aimé Prophète (sallallâhou alayhi wa sallam).

Suivant d'autres versions, on dit que l’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) récitait tandis que Djibraïl (alyhis salâm) écoutait. En regroupant ces deux versions, les savants ont dit qu'il était Moustahab ( souhaitable ) de lire le Qour’aan Charif de façon à ce que l'un lise et que l'autre écoute, tour à tour, comme on le fait de nos jours.

Nous devrions, ainsi, lire le Qour’aan, autant que nous pouvons et ne pas gaspiller le temps qui reste. En effet, l’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) a attiré notre attention, à la fin de ce hadice, sur quatre choses qu'il nous a conseillés de faire, en ce mois, en grande quantité : la récitation du Kalima Tayyiba, l’istighfâr (demande de pardon), implorer pour son admission au paradis et demander refuge contre l'enfer. Ainsi, on devrait utiliser tout moment libre à cette fin, montrant par là que nous avons pris en considération la parole du Prophète (sallallâhou alayhi wa sallam). Qu' y aurait-il de si difficile à ce que, tout en restant occupés à nos tâches journalières, nos langues s'agitent dans la lecture du Douroud Charif ( Salutation sur le prophète (sallallâhou alayhi wa sallam)) ou du Kalima Tayyiba ? Comme le dit un poème: " O Allah, j’étais occupé dans les choses de ce monde, mais jamais je ne t'ai oublié ! "

Dans le même hadice, l’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) nous a parlé de quelques autres particularités et règles de conduite.

Le Ramadhan est le mois de la patience. Donc, même si nous devons essuyer quelques difficultés durant le jeûne, nous devrions supporter tout cela avec gaieté de coeur et patience et non pas nous plaindre aux autres comme le font en général les gens, en période des fortes chaleurs de l'été, ou comme certains qui manquent le sauhour et commencent à s'en plaindre dès le matin.

Si également nous nous sentons fatigués au moment du Tarawih, là aussi, il nous faudra faire preuve de patience et contentement et ne pas considérer tout cela comme un fardeau ou une épreuve, sinon de telles actions risqueraient de perdre crédit auprès d'Allah et ce serait, pour nous, une grosse perte. Quand, pour quelques motifs de ce monde, nous nous détournons de nos conforts matériels et abandonnons nourriture et boisson, que sont ces petites difficultés en comparaison du plaisir d'Allah ?

Ensuite le hadice nous montre que c'est un mois de sympathie plus spécialement envers les pauvres et les personnes démunies. Ainsi, de façon pratique, lorsque nous trouvons placées devant nous, dix choses pour l’iftâr, trois ou quatre devraient être mises de côté pour eux, même si, en réalité, ils mériteraient autant que nous.( Nous devrions, ainsi, chacun suivant nos moyens, leur réserver une part à ces moments là.)

Les Sahabas (radhia Allahou anhoum) ont légué aux gens des modèles, des exemples et toutes sortes de règles de conduite. Ils ont éclairci chaque principe et chaque théorie de la religion de telle sorte qu'il ne nous reste plus maintenant aucun obstacle ni aucun point obscur dans la voie de la pratique. Tout s'offre à nous avec le maximum de clarté et de facilité et il nous suffit de suivre les pas de ces grands personnages car ils proviennent de véritables hommes de coeur. Ils nous ont laissé des centaines , voire des milliers de récits étonnants à ce sujet. Prenez l'exemple suivant : Abou Jahm (radhia Allahou anhou) raconte : " J'étais parti à la recherche de mon cousin qui participait, à ce moment là, à la guerre de Yarmouk. J'avais emporté avec moi un peu d'eau, au cas où il lui reste encore un souffle de vie, que je puisse lui donner à boire et lui laver les mains et le visage. Je le trouvai étendu ( gisant parmi les blessés ). Lorsque je lui demandai s'il voulait de l'eau, il me fit signe que oui. Au même moment, quelqu'un près de lui se mit à gémir. Mon cousin fit signe en sa direction, montrant par là qu'il fallait d'abord lui donner. Je me précipitai alors vers celui-ci et lui demandai s'il voulait de l'eau et il me répondit par un signe affirmatif. Juste comme j'allai lui donner, une troisième personne se mit à gémir prés de lui. Le second montra en direction du troisième afin qu'on lui donne en premier. Je me rendis auprès de lui, mais il rendit l'âme avant qu'il ne puisse boire, je retournai alors auprès du second et le trouvai mort lui aussi. Lorsque je retournai auprès de mon cousin, je découvris que lui aussi avait perdu la vie ".

Tel est l'esprit de sacrifice que possédait nos ancêtres, ils préféraient mourir de soif plutôt que de boire avant leur propre frère. Qu'Allah les agrée et nous permette de suivre leur traces !

Il est rapporté dans l'ouvrage " Rouh al Bayan " une citation du livre "Ja’maa al saghir " de Souyouti r.a. et du livre "Maqaasib" de Sakhaoui, mentionnant que Ibn Omar (radhia Allahou anhou) a rapporté une tradition du Prophète (sallallâhou alayhi wa sallam) disant qu'à chaque époque, il se trouverait dans sa communauté, cinq cents hommes pieux et quarante Abdâls (Elites spirituelles). Lorsque l'un deux mourait un autre le remplaçait. Les Compagnons interrogèrent au sujet de leurs actions particulières. Le Prophète (sallallâhou alayhi wa sallam) répondit : " Ils pardonnent à l'oppresseur, rendent le bien pour le mal et aident les indigents avec les biens qu'Allah a mis à leur disposition. "

Dans un autre hadice il est mentionné que celui qui nourrit les affamés, habille les gens démunis et donne refuge aux voyageurs, sera sûrement protégé par Allah contre les atrocités du jour du jugement.

Yahya Barmaki r.a. dépensait tous les mois mille dirhams en faveur de l'imam Soufyan Thawri r.a., celui-ci, alors, se prosternait devant Allah et faisait cette invocation : " O Allah, Yahya m'a pourvu suffisamment pour mes besoins de ce monde et Toi, par Ton immense Grâce, Veille à ses besoins dans l'autre ( monde) ! ". Après la mort de Yahya r.a., quelques-uns le virent en rêve et lui demandèrent ce qui lui était advenu , il répondit: " Allah m'a pardonné grâce aux invocations de Soufyan ".

Ensuite l’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) a mentionné les mérites de donner à manger à un jeûneur au moment de l’iftâr. Il est spécifié dans un hadice que ceux qui, durant le Ramadhan, donneront l’iftâr à un jeûneur au moyen d'une chose licite, bénéficieront au cours de ces nuits, de la bénédiction des anges et, durant celle d’Al Quadr, recevront la visite personnelle de Djibraïl (alyhis salâm). Comme signe de cette grâce, ils verront leur coeur s'attendrir et leurs yeux se rempliront de larmes.

Hammâd bin Sâlama r.a., un célèbre mouhaddith, assurait chaque jour du Ramadhan l’iftâr à une cinquantaine de personnes ( Rouh al Bayan).

Vers la fin du hadice, l’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) a désigné la première partie du Ramadhan comme une période de miséricorde accordée en général à tous les musulmans. Ceux qui se montreront reconnaissants envers Allah pour Ses Faveurs en seront davantage favorisés. Le Qour’aan dit: " Si vous êtes reconnaissants, Je vous accorderais davantage ".

Le milieu du Ramadhan est une période de pardon accordé aux musulmans, parce qu’ils viennent de terminer une partie de leur mois de jeûne.

La dernière partie assure l'immunité contre le feu de l'enfer comme cela a été confirmé dans de nombreux ahaadith semblables.

D’après mon opinion personnelle, le Ramadhan a été divisé en trois parties car les gens sont généralement de trois sortes. Tout d’abord, il y a ceux qui sont exempts de tout péché. Pour eux, la Grâce et la Miséricorde d'Allah se manifestent dès le tout début. Deuxièmement, il y a les pécheurs moyens qui sont pardonnés après avoir accompli un tiers du Ramadhan. Troisièmement vient la catégorie des pécheurs endurcis pour qui le pardon n'est accordé qu’après avoir jeûné la majeure partie de ce mois. Quant à ceux pour qui se manifeste la miséricorde d'Allah dès le début ( Etant absous de tout péché ), ils connaîtront très certainement les innombrables faveurs d'Allah ( Comme Lui seul connaît ! ) .

Le Prophète (sallallâhou alayhi wa sallam) attire ensuite notre attention sur une autre chose : les patrons (maîtres) devraient se montrer indulgents envers leurs employés (serviteurs), car ils font aussi le jeûne et risquent de ne pas pouvoir supporter une trop lourde tâche. Et s’il y a trop de travail, pourquoi n'embaucheraient-ils pas un ou deux travailleurs en plus pour les soulager ? Cela, bien entendu, uniquement dans le cas où ces employés jeûnent, sinon, le Ramadhan n'ayant aucun effet sur eux, quelle différence pourrait-il y avoir entre ce mois et un autre ?

Que dire également de l'abus de ces patrons qui ne jeûnent pas et font travailler sans aucune honte, leurs employés en état de jeûne et s'il leur arrive quelque insuffisance à cause de celui-ci ou de la prière, ils leurs tombent dessus et les réprimandent sévèrement ? Mais " bientôt les oppresseurs sauront vers quel endroit ( de tourment ) ils retourneront ( l'enfer ). "

Finalement, le Prophète (sallallâhou alayhi wa sallam) exhorta les Sahabas (radhia Allahou anhou) à accomplir constamment quatre actions. Premièrement : la récitation du Kalima Tayyiba qui est désigné dans d'autres ahaadith comme étant la plus haute forme de Zikr (Souvenir d'Allah). Dans le "Mishkaat", Abou Saîd Khoudri (radhia Allahou anhou) rapporte: " Une fois, le Prophète Moussa (alyhis salâm) demanda : "  O Allah, enseigne-moi une invocation par laquelle je puisse me rappeler de Toi et T'invoquer. " Allah lui demanda alors de réciter le Kalima:  " Lâ ilâha illallâh ". Le Prophète Moussa (alyhis salâm) dit : " O Allah, c'est un Kalima que tous les serviteurs utilisent, je désire un Zikr spécial " . Allah répondit: " O Moussa, si les sept cieux et les sept terres et tous leurs habitants excepté Moi-Même, étaient placés dans un plateau d'une balance et ce Kalima dans l'autre, le Kalima l'emporterait " .

Dans un autre hadice, il est mentionné: " Si quelqu'un récite sincèrement ce Kalima, les portes du ciel s'ouvrent immédiatement et rien ne peut l'empêcher d'atteindre le trône d'Allah, aussi longtemps que celui qui l'a formulé s'abstient de commettre des grands péchés ".

Regardez comment Allah, dans Son Infinie Miséricorde, pourvoit en grande quantité aux choses indispensables à tous. Prenons l'eau par exemple, elle existe en telle abondance que l'on ne peut la mesurer, tandis que l'or, qui n'est pas d'un usage courant se trouve plus rarement. De la même façon, on peut trouver le Kalima qui est la plus haute forme de Zikr, sur toutes les langues de ceux qui veulent bien le réciter . Nul n'en est privé, sauf celui qui le veut bien et en demeure seul responsable. Il existe ainsi d'autres ahaadith affirmant la supériorité de ce Kalima, mais pour abréger, nous nous contenterons des quelques uns cités plus haut.

La seconde chose que l'on devrait réciter avec abondance est l’istighfâr (demande de pardon). Plusieurs ahaadith font mention de ses vertus. Dans l'un d’eux nous lisons:

" Allah aplanit toutes les difficultés et estompe tous les soucis de celui qui fait beaucoup l'Istighfar et Il le pourvoit d'une façon dont il ne s'attendait pas."

Dans un autre hadice, l'Envoyé d'Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) a dit: " Tous les fils d'Adam sont pécheurs et les meilleurs sont ceux qui se repentent ".

On voit également dans une autre tradition que lorsqu'un homme commet un péché, un point noir s'inscrit sur son coeur et quand il se repent, ce point noir disparaît aussitôt, mais s’il persiste, celui-ci grossit et finit par obscurcir son coeur tout entier.

Finalement, le Prophète (sallallâhou alayhi wa sallam) nous a conseillé de faire deux choses dont on ne puisse se passer : " implorer Allah pour Son paradis et Lui demander protection contre l'enfer ".

Qu'Allah, par Sa Grâce, nous accorde à tous une place dans le paradis et nous protège du feu de l'enfer!

Hadice 2
 
 

 

Abou Hourairah (radhia Allahou anhou) rapporte que l' Envoyé d'Allah (radhia Allahou anhou) a dit : " Cinq choses particulières ont été attribuées à ma communauté telles qu'elles ne l'avaient jamais été auparavant à aucune autre : l'odeur de la bouche d'un jeûneur est plus agréable à Allah que le parfum du musc. Les poissons ne cessent de demander le pardon en sa faveur jusqu’à ce qu’il rompe son jeûne. Allah ( Exalté soit-Il ) embellit chaque jour Son Paradis et dit ensuite : Le temps est proche où mes fidèles serviteurs laisseront les grandes épreuves(de ce monde) et viendront à toi. Dans ce mois les démons rebelles sont enchaînés, les empêchant ainsi d'engendrer tous les vices qu'ils occasionnent en temps ordinaire. La dernière nuit, ils (les jeûneurs) sont pardonnés ". Les Sahabas (radhia Allahou anhoum) demandèrent alors: "  Est-ce que c'est la nuit d’Al Quadr ? " Il répondit : " Non, mais n'est-il pas juste, en vérité, qu'un travailleur ne reçoive son salaire qu'après avoir accompli son labeur ? ".
 
 
 
 

COMMENTAIRE

Dans ce hadice, l' Envoyé d'Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) a mentionné cinq faveurs exclusives à sa communauté, dont aucun autre jeûneur n'avait pu bénéficier auparavant. Si seulement nous pouvions véritablement apprécier cette grande bonté de la part d'Allah, alors nous ferions notre possible pour obtenir ses grâces spéciales !

Premièrement, il nous est dit que la mauvaise odeur qui se dégage de la bouche du jeûneur, à cause de la faim, est plus agréable pour Allah que le parfum du musc.

Selon certains commentateurs de hadice, celui-ci comprend huit sens (que j'ai déjà énumérés dans mon commentaire du livre Mou'atta) et à mon avis, j'en retiendrai trois.

a) Certains sont de l'opinion que dans l'autre monde, Allah donnera comme récompense, en échange de cette odeur de la bouche, un parfum plus subtil que le musc. Ce sens là parait évident et d'ailleurs, il existe dans Dourré Mansour, un hadice confirmant cette version.

b) Au jour de la Résurrection, on reconnaîtra les jeûneurs, quand ils se lèveront de leurs tombes, grâce à un parfum meilleur que le musc qui sortira de leur bouche.

c) Dès ici-bas, cette mauvaise haleine a plus de valeur, aux yeux d'Allah, que le musc.

Cette dernière interprétation est, à mon humble avis, la plus acceptable car elle témoigne du lien d'amour qui existe entre Allah et Ses créatures qui font le jeûne. Pour l'amoureux, la mauvaise odeur de l'être aimé est meilleure que tous les parfums. Et dans ce cas, c'est Allah Lui-même qui aime et qui manifeste son état de rapprochement avec les jeûneurs.

Le jeûne est parmi les actes d'adoration préférés d'Allah. C'est pour cela qu’il est dit dans un hadice Qoudsi: " Toutes les bonnes actions sont rétribuées par l'intermédiaire des anges, excepté le jeûne. C'est Moi Seul qui en donnerai la récompense parce qu’il a été fait uniquement pour Moi ". Certains mashâïkh traduisent ce passage du hadice: "  Adjzi bihi " ainsi: "C'est Moi qui serai la récompense ". Et Quelle récompense, pour l'amoureux, pourrait-elle être plus grande que celle d'obtenir l'être aimé lui-même !

Dans un autre hadice, il est dit : "  Le jeûne est la porte de toutes autres formes d'adoration ". Cela signifie qu'au moyen du jeûne, le coeur s'illumine, permettant ainsi d'augmenter le désir d'accomplir les autres formes d'adoration. Tel est le cas, seulement si ce jeûne est un jeûne au véritable sens du terme, c'est à dire accompli suivant toutes les règles exigées ( Comme nous le verrons plus tard au hadice 9 ) et non pas le simple fait de rester sans boire ni manger.

Note.

J'aimerai maintenant attirer l'attention sur un point particulier. En raison de ce hadice, certains imams ont interdit de se nettoyer la bouche avec un miswak ( bâton utilisé pour se frotter les dents. ) durant les après-midis du Ramadhan, alors que les Hanafis considèrent celui-ci comme : " Moustahab " ( souhaitable) à tout moment. (Comme on peut le trouver dans leurs livres de jurisprudence). En effet, par l'intermédiaire du miswak, l'odeur de la bouche est dissipée, alors que l'odeur dont on parle dans le hadice, provient de l'estomac vide et n'a donc rien à voir avec celle-ci.

La seconde faveur particulière est le fait que les poissons invoquent le pardon pour les jeûneurs. Le Prophète (sallallâhou alayhi wa sallam) a voulu montrer ainsi qu'un grand nombre de créatures priaient en leur faveur. Dans certaines versions on dit que les anges également demandent le pardon pour eux. Mon oncle Mawlana Mohammad Ilyas r.a. disait qu'il en était ainsi apparemment parce qu'Allah avait dit dans le Qour’aan : " En vérité, ceux qui ont cru et font oeuvres bonnes, le Miséricordieux suscitera de l'amour pour eux ". De même, il est dit dans un hadice: " Quand Allah aime quelqu'un, Il dit à Djibraïl (alyhis salâm):  J'aime cette personne, toi aussi aime la.  Alors Djibraïl (alyhis salâm) aime cette personne et l'annonce ainsi dans les cieux : Cette personne est aimée d'Allah, vous aussi, aimez la ! Alors les habitants des cieux se mettent à l'aimer et l'amour pour cette personne se répand sur la terre ".

Habituellement, l'amour est réservé aux gens proches de l’être aimé, mais on voit ici qu'il déborde au-delà de ces limites et qu'il atteint les poissons dans la mer et que ceux-ci se mettent alors à prier pour eux, tout comme les animaux de la forêt).

Le troisième privilège accordé aux jeûneurs est le fait que le paradis leur soit embelli. On voit dans plusieurs ahaadith qu'au tout début de l'année, le paradis fait l'objet de nombreux ornements en vue du Ramadhan béni. Il est connu que lorsqu'on attend la visite d'une personne importante, un grand soin est pris dans la préparation de sa venue. Pour un mariage par exemple, les préparatifs commencent plusieurs mois à l'avance. Tel est le cas pour le Ramadhan.

La quatrième faveur est le fait que les démons soient enchaînés durant ce mois, diminuant ainsi la présence du mal. Ce mois aurait été pour eux une bonne occasion pour qu'ils fassent tous leurs efforts pour tromper l'homme, au moment où il en avait le plus besoin pour se concentrer dans ses devoirs religieux. Au contraire, nous constatons une diminution certaine du mal. Ainsi combien d'alcooliques, à cause de ce mois béni, ne s'arrêtent-ils pas de boire et combien d'autres personnes qui commettaient ouvertement des péchés, ne s'en écartent-elles pas également ?

Mais ceci ne veut pas dire que les péchés disparaissent complètement, ce serait trop beau ; seuls les plus importants diminuent et régressent de façon certaine. Une question pourrait alors ici se poser : " Si les démons sont enchaînés, comment se fait-il que le mal persiste, même à un moindre

degré ? " Tout d'abord il faut savoir que ce sont, d’après ce hadice, les chayâtine les plus diaboliques qui sont enchaînés et que l'on voit malgré tout des gens commettre des péchés. Pourtant cela ne met pas en cause ce hadice, car au cas où les péchés sont l'effet des autres chayâtine (de toutes sortes) la question, alors ne se pose pas. Dans certaines versions il est dit que : " Les chayâtine sont enfermés " sans préciser s'il s'agit des plus diaboliques. Mais dans ce cas aussi, cela sous-entendrait également ces derniers, car on cite souvent une expression ( dans les ahaadith) sans en donner aucune précision parceque celle-ci a été signalée en d'autres endroits. D'autre part, il faut savoir que les gens ayant vécu onze mois sous l'effet capricieux des chayâtine, à tel point que leur effet venimeux soit devenu comme une seconde nature, continuent à perpétrer le mal pendant le Ramadhan, même en leur absence. Il existe également un hadice qui dit que lorsque quelqu'un commet un péché, un point noir s'inscrit sur son coeur et que celui-ci disparaît lorsqu'il se repent sincèrement. Quand il en commet un autre, un autre point apparaît et ainsi de suite jusqu'à ce que son coeur devienne complètement ténébreux. Alors plus rien de bon ne peut y pénétrer. A ce sujet Allah a dit dans le Qour’aan: " Mais sur leur cœur est la rouille ( du mal ) ".

Ainsi leurs coeurs deviennent-ils complètement noirs et s'inclinent naturellement vers le péché. C'est la raison pour laquelle certaines personnes ont pris l'habitude de commettre une sorte de péché sans aucune honte, et pourtant, lorsqu'arrivent d'autres occasions de faire le mal, elles s'offusquent, tel cet homme qui boit et qui refuse de manger du porc, alors que ce sont tous deux des péchés aussi graves. Elles ont tellement pris l'habitude de faire ces péchés en dehors du Ramadhan que leurs coeurs en sont comme " teintés " et qu'il n'est pas besoin de la présence des chayâtine pour qu'elles commettent ceux-ci durant ce mois. Donc si c'est la majorité des chayâtine qui est enchaînée, on comprendra pourquoi, malgré tout, des péchés sont commis pendant le Ramadhan. Et si ce sont seulement les plus diaboliques, la question alors ne se pose plus - et c'est là l'explication la meilleure. Ainsi on peut voir que cela ne demande pas un grand effort et beaucoup de courage pour accomplir une bonne action durant ce mois. Mawlana Shah Mohammad Ishaaq r.a. pensait que pour les gens pervers, seuls les démons rebelles étaient enchaînés, alors que pour les personnes pieuses, c'était la totalité.

La cinquième faveur est que le pardon soit accordé lors de la dernière nuit du Ramadhan ( comme nous l'avons vu dans le hadice précédent). Les Compagnons (radhia Allahou anhoum) pensaient qu'il s'agissait de la nuit d'al Quadr, à cause des nombreuses bénédictions qu'elle contenait et ils posèrent la question à l' Envoyé d'Allah (sallallâhou alayhi wa sallam). Il leur répondit alors négativement et leur montra que c'était seulement un privilège accordé à la fin du Ramadhan pour avoir fait l'effort de jeûner jusqu'au bout.

Hadice 3



Ka'ab bin Oudjrah (radhia Allahou anhou) raconte : " Une fois l’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) nous dit : " Rapprochez-vous du mimbar (une chaire) et nous nous rapprochâmes. Quand il monta sur la première marche il dit :

" Aamine " , lorsqu'il monta sur la deuxième il dit :   " Aamine " et quand il monta sur la troisième marche il dit (également) : " Aamine ". Après avoir conclu son sermon, il redescendit, alors nous lui demandâmes :  " O Envoyé d'Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) nous t'avons entendu dire une chose aujourd'hui que nous n'avions jamais entendue auparavant (en montant sur le mimbar). Il dit : Djibraïl (alyhis salâm) s'est présenté à moi (lorsque j'ai posé le pied sur la première marche) et dit : " Malheur à celui qui laisse passer le Ramadhan sans se faire pardonner ", ce à quoi je répondis : " Aamine " . Quand je montai sur la deuxième marche, il dit : " Malheur à celui devant qui ton nom est mentionné et qui ne fait pas de salutations (n’envoie de douroud) sur toi " . Je répondis : "  Aamine " . Quand je montai sur la troisième marche il dit : "  Malheur à celui qui se trouve en présence de ses parents ou de l’un des deux, dans leur vieillesse, et que, ceux-ci ne deviennent pas pour lui un moyen d'accéder au paradis " , je dis :    " Aamine ".
 
 
 
 

COMMENTAIRE

Dans ce hadice, on voit que Djibraïl (alyhis salâm) a formulé trois malédictions (Bad doua’) auxquelles l'Envoyé d'Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) a répondu :

" Aamine ". La malédiction d'un ange aussi rapproché que Djibraïl (alyhis salâm) n'est pas chose minime. En plus de cela, le fait que le Prophète (sallallâhou alayhi wa sallam) ait prononcé " Aamine " a bien évidemment aggravé cette malédiction.

Qu'Allah, par Sa grâce, nous donne la chance de nous préserver de ces trois choses et nous sauve de tels maux, sinon notre perdition ne fait aucun doute !

Dans l'ouvrage : "Dourré Mansour", il est mentionné que Djibraïl (alyhis salâm) lui-même conseilla à l' Envoyé d'Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) de dire " Aamine ", ce que fit le Prophète (sallallâhou alayhi wa sallam) , montrant ainsi encore mieux l'importance donnée à cette malédiction (bad doua’).

La première personne dont il s'agit dans ce début du hadice est celle qui laisse passer le Ramadhan sans se faire pardonner -c'est à dire qui passe ce mois de bénédictions et de bienfaits, dans l'insouciance et les péchés, alors que pendant celui-ci, le pardon et la bénédiction divine se répandent comme la pluie. Ainsi, la personne qui passe ce mois de telle façon, qu'en raison de ses péchés et de ses insuffisances, elle soit privée du pardon, alors, quel autre moment pourrait-elle trouver pour se faire pardonner ? Et quel doute pourrait-il subsister au sujet de sa perte ?

Pour se faire pardonner nos péchés, il nous faudra accomplir correctement, durant ce mois, les obligations prescrites par Allah : c'est à dire le jeûne, la salah de Tarawih et également passer beaucoup de temps dans le repentir (Tawbah) et la demande de pardon (Istighfar).

La seconde personne qui a été maudite est celle qui entend le nom de l’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) et ne fait pas de salutations sur lui (comme cela a été mentionné dans beaucoup d'autres versions). Pour cette raison, certains savants considèrent comme pratiquement obligatoire (Wadjib) de faire des salutations sur le Prophète (sallallâhou alayhi wa sallam) à chaque fois que l'on mentionne son nom. A part le hadice ci-dessus, il existe beaucoup d'autres avertissements très sévères au sujet de la personne qui, entendant le nom du Prophète (sallallâhou alayhi wa sallam) n'envoie pas de bénédictions(douroude) sur lui. Certains la considèrent comme une des plus malheureuses et avare, ou bien dure et s’étant éloignée du chemin du paradis, jusqu'à ce qu'il il a été dit qu'elle devra rentrer en enfer ou qu'elle sera considérée comme ayant tourné le dos à sa religion. On dit également que cette personne ne pourra pas voir le visage lumineux du Prophète (sallallâhou alayhi wa sallam).

Les savants donnent différentes interprétations à ces ahaadith, mais le fait demeure que les mots employés par le Prophète (sallallâhou alayhi wa sallam) au sujet de ces personnes sont si durs qu'on a de la peine à les supporter. Pourquoi n'en serait-il pas ainsi lorsque l'on sait que les faveurs de l’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) envers sa communauté sont si nombreuses qu'on ne pourrait toutes les inclure, ni dans nos écrits ni dans nos discours. De plus, si l'on réfléchit aux nombreux droits que le Prophète (sallallâhou alayhi wa sallam) possède sur sa communauté (oummat), alors tous les avertissements cités au sujet de cette personne qui ne fait pas de salutations sur lui (sallallâhou alayhi wa sallam) seront justifiés. De même, les vertus du douroud charif sont si nombreuses que le simple fait d'en être privé constitue à lui seul une calamité. Quelle vertu, en effet, pourrait-elle être plus grande que celle attribuée à celui qui fait des salutations sur l’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) et en faveur de qui Allah accorde dix bénédictions ? En plus de cela, il bénéficie de la prière des anges, du pardon de ses péchés, de l'élévation de son rang, d'une récompense (sawab) aussi grande que le mont Ouhoud, de l'intercession du Prophète (sallallâhou alayhi wa sallam) qui devient presque obligatoire (wadjib) pour lui et de beaucoup d'autres choses en sa faveur : le contentement d'Allah, Sa clémence, la protection contre Sa colère, l'affranchissement des atrocités du jugement dernier, la vision de sa place au paradis dans sa vie même etc... Beaucoup de bonnes annonces ont été également faites au sujet de la récitation d'un nombre particulier de douroud charif.

En plus de cela, par la lecture du douroud, la misère et la pauvreté s'éloignent, on se rapproche d'Allah et de son Prophète (sallallâhou alayhi wa sallam) et l'on reçoit la promesse du secours contre ses ennemis, les coeurs se purifient et s'éloignent de l'hypocrisie et de la rouille, et l'on obtient l'amour des autres.

Les savants de jurisprudence (Fiqh) ont dit qu'il était obligatoire

(Fardh) de faire des salutations sur le Prophète (sallallâhou alayhi wa sallam) au moins une fois dans sa vie, et tous les Oulama sont unanimes à ce sujet. Cependant, il existe des divergences quant au fait de savoir s'il est wadjib ou non de réciter le douroud à chaque fois que le nom du Prophète (sallallâhou alayhi wa sallam) est mentionné. Pour certains cela est wadjib et pour d'autres c'est seulement moustahab (souhaitable).

La troisième personne mentionnée dans ce hadice est celle qui se trouve auprès de ses parents âgés ou de l'un des deux, encore vivant, et qui n'est pas restée suffisamment à leur service pour mériter le paradis. Il existe de nombreux ahaadith sur les devoirs envers les parents. Les savants en ont ainsi déduit qu'il était obligatoire de leur obéir dans toutes choses permises, de ne pas leur manquer de respect, de rester humble et de ne pas leur parler avec fierté et arrogance, même s'ils n'étaient pas musulmans, de ne jamais élever notre voix au dessus de la leur, ni de les appeler par leur nom et de leur accorder la préférence en toute choses. Quand il est nécessaire de les encourager au bien et de les prévenir d'un mal, nous devrions toujours user de douceur et faire preuve d'indulgence et continuer de bien les traiter et de faire doua' pour eux, même s'ils refusent d'accepter. Nous devrions ainsi les honorer et les respecter à chaque instant.

Il est rapporté dans un hadice : " La meilleure des portes pour entrer au paradis, c'est le père. Libre à vous de la préserver ou de la perdre ". Un Compagnon demanda à l’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam): "  Quels sont les droits envers les parents ? " Il répondit : "  Ils sont ton paradis ou ton enfer  - c'est à dire que leur contentement conduit au paradis tandis que leur mécontentement conduit en enfer ". Il est établi plus loin dans un autre hadice que lorsqu'un fils obéissant regarde ses parents avec amour et affection, il reçoit pour cela la même récompense que celle d'un pèlerinage accepté ( Hadj maqboul ). Il est dit dans un autre hadice qu'Allah pardonne tous les péchés, excepté l'association ( shirk ), cependant Il afflige un châtiment dans ce monde même, avant la mort, à ceux qui désobéissent à leurs parents.

Un Compagnon demanda un jour : " O Prophète d'Allah (sallallâhou alayhi wa sallam), je veux partir pour le Djihad  ". L’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) lui demanda : "  Est ce que ta mère est encore vivante ? " Il répondit : "  Oui " . Le Prophète (sallallâhou alayhi wa sallam) lui dit alors : "  Occupe toi d'elle, car le paradis, pour toi, se trouve à ses pieds ". Il existe ainsi beaucoup de traditions mentionnant l'importance et les vertus de l'obéissance aux parents .

D’après un autre hadice, on voit que le contentement et le mécontentement d'Allah dépendent du contentement et du mécontentement du père. Il ne faut pourtant pas en déduire, par là, qu'il n'y ait aucun moyen de s'amender pour ceux qui n'ont pas convenablement respecté et traité leurs parents aujourd'hui décédés - car suivant la Chariah, il existe une issue. Les ahaadith nous enseignent en effet, que dans de tels cas, l'on devrait prier abondamment pour leur pardon, pour pouvoir être ainsi considéré parmi " les obéissants."

Un autre hadice nous montre que la meilleure action que l'on puisse faire après la mort de son père est de bien traiter ses amis et relations.

Hadice 4

Oubaadah bin Saamit (radhi allâhou anhou ) rapporte que l’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) dit une fois à l'approche du Ramadhan : " Le mois de Ramadhan, le mois de la bénédiction est arrivé, un mois où Allah se dirige vers vous et fait descendre Sa Miséricorde Spéciale, vous pardonne vos fautes, accepte vos invocations, observe votre compétition pour le bien et la vante auprès des anges. Aussi, exposez à Allah vos bonnes actions, car, en vérité, le plus malheureux sera celui qui sera privé, en ce mois, de la Miséricorde d'Allah.Plein d’honneur et de Majesté ".

COMMENTAIRE

Le mot employé par le Prophète (sallallâhou alayhi wa sallam): " Tanâfous " signifie : faire quelque chose par envie à l'égard de l'autre et essayer de le surpasser. Cela veut dire que ceux qui désirent se concurrencer et se surpasser pendant ce mois devraient faire preuve de leurs qualités. Et si moi-même je ne puis le faire, par manque de capacité, au moins suis-je ravi de voir comment, dans notre propre maison, les femmes elles-mêmes se surpassent pour pouvoir lire plus de Qour’aan, à tel point que, malgré leurs occupations domestiques, elles arrivent à lire quinze ou vingt djouzs (un djouz = un trentième du Qour’aan) tous les jours. Je mentionne cela uniquement par reconnaissance envers Allah, en citant Ses Grâces et non par ostentation. Qu'Il accepte, par Sa Miséricorde, leurs oeuvres ainsi que les nôtres et nous accorde la capacité de faire davantage !

Hadice 5

Abou Saïd Khoudri (radhi allâhou anhou ) rapporte que l'Envoyé d'Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) a dit :

Durant chaque jour et chaque nuit du Ramadhan, Allah (Exalté soit-Il ) libère de nombreuses âmes de l'enfer, et chaque jour et chaque nuit, tout musulman verra une de ses invocations exaucée. "

COMMENTAIRE

Il existe de nombreux autres ahaadith à part celui-ci qui nous montrent que le doua' d'un jeûneur est accepté. Selon certains, le doua' est accepté à l'heure de l’iftâr, mais malheureusement, à ce moment précis, nous " tombons " sur la nourriture, à tel point que nous ne trouvons plus le temps de faire des invocations et que nous oublions même de faire le doua’ suivant :

"Allahoumma laka soumtou wa bika aamantou wa alaïka tawakkaltou wa alaa rizqika aftartou."

"  O Allah, c'est pour Toi que j'ai jeûné, c'est en Toi que je crois et c'est en Toi que je place ma confiance et par la portion que Tu m'as assignée, je romps mon jeûne ".

Abdoullah bin Amr bin Aas (radhi allâhou anhou ) faisait, lui ce doua’:

"Allahoumma inni as alouka bi rahmatikal lati wa si-ate koulla chay’ïn an taghfira li"

O Allah, je Te demande, par Ta Miséricorde qui englobe chaque chose, de me pardonner ".

Dans certains livres ,on lit que l’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) disait :

 

O Toi qui dispenses avec largesse, pardonne moi ! "

Beaucoup d'autres invocations ont été conseillées pour l’iftâr, mais aucun doua’ spécial n’a été fixé. Ce temps est un temps d’acceptation, aussi soumettez tous vos besoins devant Allah. Et si vous vous souvenez, n’oubliez pas le pauvre pécheur que je suis dans vos doua’, car je me trouve dans l’état du mendiant et le mendiant a un droit (sur les autres).

Hadice 6.

Abou Hourairah (radhi allâhou anhou ) rapporte que l’Envoyé d’Allah(sallallâhou alayhi wa sallam) a dit : " Il y a trois personnes dont le doua n'est pas rejeté : celle qui jeûne jusqu'au moment de l’iftâr, un souverain juste et une personne opprimée dont l'invocation est transportée par Allah au delà des nuages et pour qui s'ouvrent les portes du ciel et le Seigneur dit :

" Par mon Honneur, certes, je te viendrai en aide, même après quelque temps. "

COMMENTAIRE

Dans " Dourré Mansour " il est rapporté une parole de Aïcha (radhi allâhou anhou ) disant que lorsqu'arrivait le Ramadhan, la couleur du visage de l’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) changeait. Il intensifiait ses prières en s'humiliant encore davantage dans ses invocations ( doua’ ) et faisait preuve d’encore plus de crainte d'Allah. Suivant une autre version, on dit également, qu'il ne s'étendait que très peu sur son lit durant toute cette période.

Il est précisé dans un hadice que, pendant ce mois, Allah ordonne aux anges porteurs du trône, d'abandonner leur Ibaadat et de réciter : " Aamine " en faveur des douas de ceux qui font le jeûne.

On trouve beaucoup de ahaadith mentionnant l'acceptation des douas du jeûneur. Lorsque c'est Allah Lui-Même qui nous a fait cette promesse et que Son Prophète véridique (sallallâhou alayhi wa sallam) nous en a informés, alors il ne devrait plus subsister aucun doute au sujet de telles paroles. Il est pourtant étrange, qu'en dépit de cela, on trouve encore certaines personnes qui, apparemment, n'obtiennent pas ce qu'elle désire dans leurs invocations. Elles demandent et n'obtiennent pas de réponse ; mais cela ne signifie pas pour autant que leurs prières aient été rejetées. On devrait donc, à ce stade, bien comprendre ce que signifie l'acceptation des doua’.

L' Envoyé d'Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) nous a enseigné de quelles façons Allah répondait aux invocations d'un croyant, aussi longtemps, bien-sûr, que celles ci n'allaient pas l'encontre des liens familiaux et qu'il ne priait pas pour une chose mauvaise. Ainsi, en réponse, Allah lui donne nécessairement l'une de ces trois choses : - soit Il lui accorde immédiatement ce qu'il avait demandé, - soit Il le préserve d'un grand malheur qui lui était destiné en échange de ses invocations - ou bien alors Il réserve pour l'au-delà, la récompense de ses douas. Dans un autre hadice, il est dit qu'au jour de la Résurrection, Allah appellera un de ses serviteurs et lui dira : " O mon serviteur, Je t'avais demandé de m'implorer et t'avais promis de répondre. M'as tu demandé quelque chose ? " Le serviteur répondra : " Oui je l'ai fait. " Allah lui dira alors : " Tu n'as formulé aucune prière sans qu'elle ne fut exaucée. Tu as prié pour être préservé de tel et tel malheur et je l'ai fait dès ici-bas. Tu as prié pour être préservé de tel souci et comme tu ne t'es pas aperçu de ses effets, en échange, je t'ai réservé telle et telle récompense dans l'au-delà." L’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) dit qu'il sera alors rappelé à cet homme chacune de ses invocations et qu'il lui sera montré comment elles furent exaucées dans ce monde ou comment elles lui auront été réservées dans l'au-delà. En voyant cela, celui-ci souhaitera qu'aucune n'ait été acceptée sur terre et qu'il puisse recevoir la pleine récompense dans l'autre monde.

Ainsi, le doua' est une chose essentielle qu'il serait vraiment très dommage de négliger. Même si nous ne voyons pas apparemment les signes extérieurs de leur acceptation, nous ne devrions pas désespérer. Nous verrons ainsi clairement dans le long hadice à la fin de ce livret, comment Allah répond à ces invocations, en considérant avant tout, notre bien-être et notre intérêt. S'Il voit que la réponse nous est favorable, Il l'accepte et au cas contraire, Il ne l'accorde pas. C'est vraiment une faveur pour nous qu'il en soit ainsi, car très souvent, par manque de connaissance, nous demandons des choses qui , actuellement, risqueraient de nous être nuisibles.

Je dois attirer votre attention, ici, sur un point particulier : les hommes et les femmes d'aujourd'hui ont pris l'habitude, dans un moment de colère ou au cours d'un malheur, de maudire leurs propres enfants. Nous devrions faire très attention à cela. En effet il existe certaines occasions, comme Allah l'a prédéterminé, où toute prière est immédiatement acceptée. Ainsi parfois, dû à notre propre stupidité, l'enfant se retrouve maudit et lorsque l'effet de cette même malédiction retombe sur lui et le précipite vers un malheur, ces mêmes parents s'en vont en pleurant et se lamentant, sans se rendre compte que ce malheur est arrivé à cause de leur imprécation.

L’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) nous a ordonné de ne maudire ni soi-même, ni nos enfants, ni nos biens ou nos serviteurs, car il se peut que cette malédiction soit formulée à un moment où toute demande est acceptée -spécialement pendant le Ramadhan- qui est rempli de tels instants favorables. On devrait donc, surtout durant ce mois, faire très attention.

Oumar (radhi allâhou anhou ) rapporte du Prophète (sallallâhou alayhi wa sallam) : " Celui qui se rappelle d'Allah durant le Ramadhan est pardonné et celui qui demande à Allah ne sera pas privé. " Ibn Mass’oud (radhi allâhou anhou ) rapporte également que chaque nuit du Ramadhan, un héraut venu du ciel, lance cet appel : " O vous qui cherchez le bien, approchez-vous, ô vous qui cherchez le mal, détournez-vous et ouvrez vos yeux ! ". Puis cet ange demande: "  Y a -t- il quelqu’un qui se repente, que son repentir soit accepté, y a -t- il quelqu’un qui demande le pardon, qu'il puisse être pardonné, y a -t-il quelqu'un qui fasse une invocation, que cette invocation soit entendue, y a -t-il quelqu'un qui désire quelque chose, que son voeu soit exaucé ? "

Finalement, il devrait bien être clair dans notre esprit qu'il existe certaines conditions pour l'acceptation des doua', en l'absence desquelles ceux-ci sont souvent rejetés. Parmi celles-là figure la consommation de nourriture " Haram " (illicite) : car lorsqu'on consomme quelque chose d'illicite, les doua's ne sont plus acceptés. L’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) a ainsi fait allusion à l’homme (pieux) qui prolonge ses voyages et qui tend ses mains vers le ciel en disant : " O mon Seigneur, mon Seigneur, mais sa nourriture est Haram, sa boisson est Haram, ses vêtements sont Haram, ainsi dans de telles conditions, comment son doua pourrait-il être accepté ? "

Les historiens racontent qu'à Koufa, se trouvait un groupe de personnes dont le doua' était toujours accepté. Chaque fois qu'un gouverneur injuste arrivait au pouvoir, ils faisaient des invocations contre lui entraînant ainsi sa destruction rapide. Lorsque Hajjaaj bin Youssouf devint gouverneur de ce pays, il les invita en particulier, à participer à un festin. Une fois qu'ils eurent terminé, il fit cette remarque : " Je n'ai plus peur maintenant des invocations de ces gens contre moi, parceque la nourriture qu'ils viennent d'absorber est illicite ( Haram ). "

A ce sujet nous devrions réfléchir au nombre de choses Haram que l'on consomme de nos jours où les gens essayent même de permettre l'usage de l’intérêt et où les employés considèrent la corruption comme étant meilleurs que d'être honnête !
 
 
 
 

Hadice 7

Ibn Omar (radhi allâhou anhou ) rapporte que l’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) a dit : " En vérité, Allah et Ses anges envoient des bénédictions sur ceux qui prennent le sauhour . "

COMMENTAIRE

Regardez combien est grande la faveur d'Allah envers nous, au point que même le fait de prendre de la nourriture avant l'aube, pour le jeûne, soit si récompensée ! Il existe de nombreux hadices où sont mentionnées les vertus et les récompenses du sauhour. Allammah ‘Aïny r.a. ( Un commentateur de Boukhari ) a cité ses vertus provenant de dix-sept Sahabas (radhia allâhou anhoum) différents, et tous les Oulama sont unanimes sur son caractère moustahab (souhaitable).Cependant, beaucoup de gens se trouvent, par pure paresse, privés de ce grand bienfait. Certains vont si loin dans ce domaine que lorsqu'ils ont terminé le tarawih, ils mangent ( ce qu'ils supposent être leur sauhour ) et vont ensuite se coucher, se privant ainsi d'une bénédiction aussi grande que celle-ci !

Le Sauhour signifie actuellement prendre de la nourriture peu de temps avant l'aube. Certains érudits disent que le temps du sauhour commence après la première partie de la nuit ( Mirqaat). L'auteur de Kash-shaaf (Zamakhshari) quant à lui, a divisé la nuit en six parties, en précisant que la dernière correspondait au temps du sauhour, en sorte que lorsque la nuit ( du coucher du soleil jusqu'à l'aube ) s'étend sur douze heures, les deux dernières représentent le temps correct pour le sauhour (sehri).

Il devrait être ainsi rappelé que le fait de manger le plus tard possible est meilleur et plus récompensé que l'inverse, à condition bien sûr, qu'il ne subsiste aucun doute sur le temps correct du sauhour.

De nombreux ahaadith existent sur les vertus de ce dernier. L’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) a dit : " La différence entre notre jeûne et celui des gens du livre ( juifs et chrétiens ), réside dans le fait de prendre de la nourriture au moment du sauhour, contrairement à eux. " Le Prophète (sallallâhou alayhi wa sallam) a dit : "Prenez le sauhour car il renferme de grandes bénédictions." et aussi : " Dans trois choses se trouvent de grandes bénédictions : la Djamaa’t ( la compagnie d'un groupe ), le tharid et le sauhour. "

Dans ce hadice le terme Djamaa’t a été employé dans un sens général, incluant la prière en groupe aussi bien que toute action pieuse accomplie en compagnie de la Djamaa't ( entraînant ainsi l'aide d'Allah ).

Quant au tharid (çarîd), c'est une préparation savoureuse composée d'un mélange de pain et de viande. La troisième chose mentionnée dans ce hadice est le sauhour. Quand l’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) invitait l'un de ses compagnons pour prendre le sauhour avec lui, il disait : "Viens partager avec moi une nourriture bénie." Un hadice dit : " Prenez le sauhour et prenez des forces pour le jeûne, et dormez l’après-midi pour vous aider à vous réveiller dans la dernière portion de la nuit ( pour l'adoration ) . "

Abdoullah bin Haarith (radhi allâhou anhou ) rapporte le récit suivant d'un Compagnon (radhi allâhou anhou ) : " Une fois, je visitai l’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) au moment où il était en train de prendre le sauhour. Il dit alors : " C'est une chose remplie de bénédictions qu'Allah vous a accordée. Ne l'abandonnez pas. "

En recommandant à plusieurs reprises le sauhour, l’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) disait : " Même si vous ne trouvez aucune nourriture, prenez au moins une datte ou une gorgée d'eau. "

Ainsi, puisque le sauhour renferme autant d'avantages et de récompenses, les musulmans devraient s'efforcer d'observer cette pratique du mieux possible. Cependant, en toute chose, la modération est recommandée, alors que l'inverse est nuisible : ainsi on ne devrait ni prendre trop peu de nourriture, au point de se sentir faible tout au long de la période du jeûne, ni trop manger au point que cela nous incommode. A plusieurs reprises, dans les hadices, il nous a été en effet déconseillé de manger avec excès.

Dans son commentaire du Sahih al Boukhari, Ibné Hajar r.a. a mentionné différentes raisons expliquant les bénédictions du sauhour :

1) En l'observant, on met en pratique une sounnat.

2) Par le sauhour, on se différencie des coutumes des gens du Livre, ce qui nous a toujours été recommandée .

3) Il procure de la force pour les adorations (Ibaadates).

4) Il suscite également une plus grande sincérité dans celles-ci.

5) Il facilite l'élimination de la mauvaise humeur occasionnée par la faim. Une autre raison supplémentaire est que si à cette heure il arrive un pauvre, on peut l'aider, de même que l'on peut assister nos voisins défavorisés.

6) Le sauhour se prend au moment où les douas sont acceptés.

7) En ces instants, on a l'occasion de pouvoir se rappeler d'Allah en faisant le Zikr et en tendant ses mains vers Lui, en supplication.

Telles sont quelques unes des raisons principales, il en existe encore beaucoup d'autres. Certains soufis ont éprouvé un doute quant à savoir si le repas du sauhour contredisait ou non le but du jeûne. Ils soutiennent que l'objet de celui-ci est le fait de s'éloigner de la nourriture, boissons et désirs sexuels et que le sauhour irait ainsi à l'encontre de cet objectif. A mon avis, la quantité de nourriture à absorber varie suivant les gens et leurs activités: Par exemple, en ce qui concerne les étudiants occupés dans l'apprentissage de la science religieuse, trop peu de nourriture dans le sauhour et l’iftâr leur serait nuisible, et il est mieux qu'ils ne prennent pas trop de petites quantités, étant engagés dans une activité précieuse pour la préservation et la propagation de l'Islam.

Tel est le cas également de ceux qui sont occupés dans le Zikr et les autres activités religieuses. Quant à ceux qui n'ont pas à accomplir de tâches aussi fastidieuses, ils devraient manger moins à ce moment là. Une fois l’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) fit l'annonce suivante à ceux qui partaient pour le Djihad : " Il n'y a pas de bien à accomplir le jeûne en voyageant " .C'était donc l'époque du Ramadhan et quelques sahabas faisaient le jeûne.

Allaa'ma Sha’raani r.a. mentionne dans sharh Iqna’ : " Nous avions convenu que nous ne mangerions pas à satiété, spécialement durant les nuits du Ramadhan. "

Il est ainsi préférable de manger moins que les autres nuits. Après tout quelle serait l'utilité de jeûner une fois s'être gavé durant le sauhour et l’iftâr ?

Les gens pieux ont dit : " Celui qui ressentira les effets de la faim durant le Ramadhan sera protégé des effets de Shaïtan tout au long de l'année, jusqu'au prochain Ramadhan. "

Sharah Ihya Ouloum Ouddine mentionne des anecdotes sur certains saints comme Sahl bin Abdoullah Tastari r.a. qui mangeait seulement une fois tous les quinze jours, tandis que dans le Ramadhan, n'absorbait qu'une petite bouchée de nourriture, et de manière à respecter la sounnat, prenait quand-même un peu d'eau pour le sauhour et l’iftâr. Shaikh Djounaïd Baghdadi r.a. jeûnait tout au long de l'année. Cependant quand ses nobles amis venaient, à l'occasion, le visiter, il rompait son jeûne et mangeait avec eux en disant : " La vertu de rompre le jeûne avec de tels amis n'est pas moindre que celle d'un jeûne surérogatoire. "

De la même façon nous pourrions citer les expériences de nombreux saints qui disciplinaient leur moi intérieur en réduisant leur nourriture, mais il devrait être clair dans notre esprit qu'un tel ascétisme ne saurait être poussé à l'extrême, au risque d'entraver les activités et responsabilités religieuses (en raison de l'affaiblissement du corps).

Hadice 8

Abou Hourairah (radhi allâhou anhou ) rapporte que l’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) a dit : " Beaucoup de jeûneurs n'obtiennent rien d'autre de leur jeûne que la faim, et beaucoup de ceux qui font la prière de la nuit n'ont en échange que la fatigue du sommeil. "

COMMENTAIRE

Les Oulama ont donné trois interprétations différentes au sujet de ce hadice. Tout d'abord, il peut ici faire allusion à ceux qui jeûnent durant la journée et qui, au moment de l’iftâr, consomment quelque chose de haram (interdit), perdant ainsi la récompense d'avoir jeûné à cause de ce grand péché et qui n'obtiennent rien en retour si ce n'est leur état de faim.

Deuxièmement, il peut s'agir de ceux qui jeûnent en temps voulu, mais qui passent leur temps à faire la médisance ( comme on le verra plus tard ).

Troisièmement, il peut faire allusion à la personne qui, tout en jeûnant, ne s'abstient pas des péchés. Les trois éventualités sont ainsi incluses dans ce hadice. Tel est ainsi le cas de la personne qui accomplit la prière surérogatoire toute la nuit et qui, à cause de la médisance ou d'une mauvaise action (manquer la prière fadjr par exemple ou rester éveillé par ostentation), perd la récompense de sa nuit de dévotion.

Hadice 9

Abou Oubaidah (radhi allâhou anhou ) rapporte : " J'ai entendu dire l’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam): "  Le jeûne est un bouclier pour l’homme, aussi longtemps qu’il ne l’endommage pas. "

COMMENTAIRE

De la même façon qu'un homme se protège à l'aide d'un bouclier, le jeûne protège celui-ci de son ennemi bien connu : "Shaïtan". Dans d'autres hadices, il est expliqué que le jeûne protège du châtiment d'Allah ainsi que du feu de l'enfer.

Une fois quelqu'un demanda à l’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam): " Qu'est ce qui annule le jeûne ? "  Il répondit: " Le mensonge et la médisance. "

Ce hadice, comme beaucoup d'autres, nous demande de nous abstenir des actions qui annulent le jeûne. Hélas, de nos jours, nous prenons plaisir à passer notre temps dans les conversations futiles !

Quelques Oulama sont de l'opinion que le fait de mentir, médire, diffamer, etc... annulent le jeûne de la même façon que de boire et manger, bien que la grande majorité pense que celui-ci ne soit pas complètement annulé mais qu'il perde seulement de ses bénédictions. Les gens pieux de l'Islam ont ainsi mentionné six règles de conduite dont nous devrions prendre soin en faisant le jeûne :

1) Tout d'abord on devrait préserver son regard de toute chose inconvenante. Certains ont même défendu de regarder avec envie sa propre épouse et ne parlons pas de la femme étrangère... De la même façon, on devrait éviter de regarder les mauvaises actions ainsi que les choses défendues. L’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) a dit : " Le regard est comme une flèche de Satan. Quiconque, par crainte d'Allah, préservera celui-ci du mal, goûtera dans son coeur la douceur de la foi. " Les soufis ont interprété la parole ci-dessus : " toute chose inconvenante " dans le sens où l'on devrait s'abstenir de regarder tout endroit et objet qui risquent de distraire le coeur du souvenir d'Allah.

2) Deuxièmement, on devrait se préserver du mensonge, des conversations inutiles, de la médisance, des disputes, des injures etc...

Il est écrit, dans Boukhari, que le jeûne est un bouclier pour les jeûneurs ; pour cette raison, ils devraient s'abstenir de toutes paroles inutiles, plaisanteries, querelles etc... Si jamais quelqu’un cherche à se disputer avec nous, nous devrions lui dire : " Je jeûne ". En d'autres termes, nous ne devrions pas chercher querelle et si une personne nous pousse à cela, nous ne devrions pas non plus lui répondre. Si elle ne fait pas preuve de compréhension, au moins devrions-nous nous rappeler dans notre for-intérieur que nous sommes en train de jeûner.

Une fois à l'époque de notre Prophète (sallallâhou alayhi wa sallam) , deux femmes avaient jeûné et souffraient tellement de la faim qu'elles ne pouvaient plus supporter le jeûne. Elles étaient toutes deux sur le point de mourir. Les Sahabas (radhia allâhou anhoum) en informèrent notre Prophète (sallallâhou alayhi wa sallam). Raçouloullah (sallallâhou alayhi wa sallam) leur fit apporter un bol en leur demandant de vomir. Lorsqu'elles l'eurent fait, on aperçut à l'intérieur, des morceaux de chair et du sang frais. Les sahabas (radhia allâhou anhoum) en furent beaucoup étonnés et le Prophète (sallallâhou alayhi wa sallam) leur fit alors cette remarque : " Elles ont commencé leur jeûne avec de la nourriture licite ( de la part d'Allah ), mais ont ensuite consommé de la nourriture illicite ( haram ) en médisant sur les autres. " D’après le récit ci-dessus, on voit donc clairement que le jeûne devient beaucoup plus difficile à cause de la médisance et de ce fait, ces deux femmes faillirent trouver la mort. Il en est ainsi pour tout autre péché. Par contre, l'expérience nous montre que les gens pieux ne ressentent pas l’effet du jeûne, tandis que pour les gens pécheurs, il semble extrêmement plus difficile à supporter. Nous devrions ainsi nous préserver des péchés, principalement des plus graves, tels que la médisance, chose à laquelle les gens s’adonnent si souvent en guise de passe-temps. Allah dit dans le Saint Qour’aan que le fait de médire est équivalent à celui de manger la chair de son propre frère mort. On retrouve ceci également dans de nombreux ahaadith. Le Prophète (sallallâhou alayhi wa sallam) demanda, une fois, à certaines personnes de se nettoyer les dents. Elles répondirent qu'elles n'avaient consommé, en ce jour, aucune viande, sur quoi le Prophète (sallallâhou alayhi wa sallam) leur répondit :

"La chair de telle personne est restée entre vos dents. " ( signifiant par là, qu'elles avaient fait la médisance ).

Qu'Allah nous préserve d'un tel mal, car nous sommes, hélas, très négligents dans ce domaine ! Nous sommes tous atteints, non seulement le commun des mortels, mais aussi l'élite et même les savants religieux qui, dans leurs réunions, tombent pour la plupart, dans de tels pièges ! Le pire de tout, c'est que nous ne nous en apercevons même pas, et lorsque nous nous surprenons nous-même, nous dissimulons cela sous le prétexte de faire la lumière sur tel ou tel événement. Un sahabi (radhi allâhou anhou ) demanda une fois à l’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam): " Qu'est ce que la médisance ? " L’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) répondit: " Mentionner quelque chose au sujet de ton frère en son absence, qu'il serait mécontent d'entendre . " Le sahabi dit alors : " Et si la chose que l'on mentionne à son sujet est vraie ? " Notre prophète (sallallâhou alayhi wa sallam) dit : " Si tel est le cas, c'est cela la médisance, mais au cas contraire ( Si la chose est fausse) tu l'auras, en fait, calomnié. "

Une fois, notre Prophète (sallallâhou alayhi wa sallam) passait près de deux tombes. Il dit : " Les deux habitants de ces tombeaux subissent actuellement un châtiment. L'un pour avoir fait la médisance et l'autre pour ne pas avoir pris de précaution en urinant. " L’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) a également dit : " Il existe soixante-dix catégories d'usure. La plus faible d'entre elles équivaut à commettre l'adultère avec sa propre mère. Un dirham d'usure est plus méprisable que le fait d'avoir accompli trente-cinq fois l'adultère. Le plus bas et vil degré de l'usure est le fait de déshonorer un musulman." Dans différents ahaadith, nous avons été sévèrement avertis contre le fait de médire et calomnier un musulman ainsi que de porter atteinte à son honneur. C'était mon grand désir de citer un certain nombre de tels hadices car toutes nos assemblées et nos conversations sont généralement remplies de ces méfaits. Néanmoins, j'ai finalement décidé de ne pas le faire, car le sujet que nous abordons ici, est autre. Qu’Allah nous préserve tous de cette calamité! Et je demande à mes amis et pieuses personnes de prier également pour moi, un être indigne, car je suis rempli de fautes à l'intérieur ( de moi-même ) !

" Quels maux n'existent-ils pas, O Allah, que l'on ne retrouve en moi : l'orgueil, l'ignorance, l'insouciance, la jalousie, l'envie, les mauvaises pensées sur autrui, le mensonge, le manque de respect de la parole, l'ostentation, la haine, la médisance et l'inimitié ?

Guéris moi de toute maladie et exauce mes désirs !

Vraiment mon coeur est malade.

Et Toi Tu es le Guérisseur de tout malade ! " ( Poème ourdou)

3) Troisièmement, nous devrions préserver nos oreilles de toutes choses indésirables ( Makrouh ). Il n'est pas permis, non plus, d'écouter des choses répréhensibles. L’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) a dit : " Dans la médisance, celui qui parle et celui qui écoute partagent une part égale de péché."

4) Quatrièmement, les autres membres du corps devraient être préservés du péché et des choses illicites ; ainsi, les mains devraient s'abstenir de toucher toutes choses répréhensibles et les pieds ne devraient pas non plus marcher en leur direction. Quant à notre estomac, nous devrions particulièrement veiller à ce qu'il n'absorbe pas, surtout au moment de l’iftâr, quelque chose d'origine douteuse. Le jeûneur qui, au moment de l’iftâr, rompt son jeûne avec de la nourriture haram est semblable au malade qui prend un médicament contre sa maladie, mais qui, en même temps, y ajoute un peu de poison, entraînant ainsi sa perte malgré l'effet curatif du remède.

5) Cinquièmement, il n'est pas recommandé, après avoir jeûné, de manger à satiété au moment de l’iftâr, même avec de la nourriture halal (licite), car ce serait contraire à l'esprit du jeûne. Celui-ci est destiné à réduire nos propres désirs charnels et instincts bestiaux et à augmenter notre côté angélique et capacité spirituelle. Durant onze mois nous mangeons et buvons suffisamment à satiété et pendant le Ramadhan, au moins devrions-nous réduire ces activités au minimum ( sans crainte de mourir ). Mais, au moment de l’iftâr nous avons pris l'habitude de remplir nos estomacs pour compenser notre manque de nourriture, de même qu'au sauhour, en prévision du jour à venir, augmentant ainsi notre consommation habituelle. Le Ramadhan devient ainsi un moyen d'aiguiser davantage nos appétits et en fait, nous consommons toutes sortes de nourriture en plus de l'ordinaire. Un tel régime est tout à fait contraire à l'esprit du Ramadhan et au véritable but du jeûne. L'Imam Ghazali r.a. a lui-même posé cette question : "  Lorsque le but de jeûner est de diminuer ses passions charnelles, en contrecarrant Iblis ( Shaïtan ), comment pourrait-on y arriver en mangeant avec excès au moment de l’iftâr ( récupérant ainsi ce qu'on a perdu dans la journée ) ? "  En fait, dans ce cas, nous aurons seulement changé le moment de nos repas et non pas véritablement jeûné.

Ainsi, en consommant différentes sortes de mets délicats, nous mangeons même plus qu'en temps ordinaire de même que nous gardons les meilleures choses pour ce mois. Ainsi, le nafs, après être resté affamé toute la journée, au moment où il se précipite sur la nourriture, mange alors avec excès. Résultat : au lieu de diminuer nos désirs charnels, nous les augmentons considérablement. Les fruits du jeûne ne peuvent se faire sentir qu'au moyen de la faim, au véritable sens du terme. Notre Prophète (sallallâhou alayhi wa sallam) a dit : " Shaïtan circule dans le corps de l'homme comme le sang dans les veines, aussi barrez lui la route au moyen de la faim. " Ainsi quand le corps souffre de la faim notre âme se raffermit. En plus d'éprouver un tel état, le jeûne nous donne l'occasion de réaliser la condition du pauvre et du déshérité, suscitant ainsi des sentiments de sympathie envers eux. On ne pourra également obtenir cela qu'en ressentant cet état et non en se remplissant l'estomac de plats succulents au moment du sauhour, en sorte que l'on ne sente pas la faim jusqu'au moment de l’iftâr.

Une fois, une personne se rendit auprès de Bichr Haafi r.a.(un célèbre saint) et trouva celui ci grelottant de froid alors qu'il avait à côté de lui des vêtements chauds. Cette personne demanda : " Est-ce là le moment d'enlever ses vêtements ? " Bichr répondit : " Il y a beaucoup de pauvres et je ne peux pas m'occuper de tous, la moindre chose que je puisse faire, c'est de me mettre à leur place ! "

Les soufis ainsi que les fouqaha (juristes) agréent avec une telle attitude au moment du jeûne. Il est écrit dans Marâqil Falaah : " Ne mangez pas avec excès durant le sauhour comme c'est l'habitude des gens riches, car cela nuit au but du jeûne. " Alaama Tahtâwi r.a. écrit : " Lorsqu'on ressent véritablement la faim, la récompense du jeûne augmente d'une façon certaine de même que de bons sentiments se développent en faveur des pauvres et de ceux qui souffrent de la faim. " Notre Prophète (sallallâhou alayhi wa sallam) a dit lui-même : "  Le fait de remplir aucun autre récipient n'est aussi désagréable à Allah que le fait de remplir un estomac. " A une autre occasion, il a dit aussi : "  Quelques bouchées devraient suffire ( à l'homme ) pour tenir debout. ( S'il désire manger ), le mieux pour lui c'est qu'il consacre un tiers ( de son estomac ) pour la nourriture, un tiers pour la boisson, tandis que le dernier (tiers) devrait rester vide. "

L’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) jeûnait lui-même plusieurs jours consécutifs sans prendre aucune nourriture. J'ai vu moi-même mon maître Mawlana Khalil Ahmad r.a. ne manger durant toute la durée du Ramadhan qu'à peine un " tchapâti " et demi (pain indien confectionné à la main) au moment de l’iftâr et du sauhour, et quand l'un de ses proches le poussait à manger davantage, il répondait :" Je n'ai pas faim. Je m’assois pour manger simplement par respect pour mes amis . " J'ai entendu au sujet de Mawlana Shah Abdourrahim Raïpouri r.a. que pendant le Ramadhan, des jours durants, il jeûnait , ne consommant au moment de l’iftâr et du sauhour que quelques tasses de thé sans lait et rien d'autre. Une fois, l'un de ses plus dévoués disciples ( ainsi que khalifa ), Mawlana Shah Abdoul Quadir r.a., remarqua avec anxiété : " Hazrat, vous allez beaucoup vous affaiblir si vous ne mangez rien d'autre . " Sur ce, Mawlana Shah Raïpouri r.a. répondit : " Louanges à Allah , je ressens quelque chose de l'extase du Djannate ( paradis ). "

Qu'Allah permette à des pécheurs comme nous, de suivre ces pieuses personnes ! Aamine.

6) Le sixième point est que l'on devrait toujours éprouver , après avoir jeûné, une certaine anxiété sur le fait de savoir si notre jeûne est digne d'être accepté par Allah ou non. Il devrait en être ainsi pour toute autre forme d'adoration, car on ne sait jamais si une partie importante n'a pas été délaissée ou négligée. On devrait, ainsi, toujours craindre qu'Allah rejette nos propres oeuvres. L’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) a dit : " Beaucoup de ceux qui récitent le Qour’aan sont maudits par le Qour’aan. " Il a dit aussi : " Au jour du jugement, l'un des premiers à être jugé, sera un martyr. Allah l'appellera et lui rappellera toutes Ses faveurs qu'Il lui a accordées et il les reconnaîtra. Il lui sera alors demandé : " Qu'as-tu fait pour exprimer ta gratitude pour tous ces bienfaits ? " Le martyr ( Shahid ) répondra : "J'ai lutté dans Ton Sentier jusqu'à ce que je devienne martyr. " Allah répondra : " C'est faux, tu as combattu pour qu'on puisse t'appeler un homme courageux et l'on t'a appelé ainsi. " Alors il sera ordonné qu'on le traîne le visage contre le sol, et il sera jeté dans l'enfer.

Ensuite on appellera un savant ( A'lim ). Il lui sera également rappelé les faveurs d'Allah et la même question lui sera posée. Il répondra : " O Seigneur, j'ai étudié la science et l'ai enseignée aux autres et, pour Ta Cause, j'ai récité le Qour’aan. " Allah dira : " Ce n'est pas vrai. Tu as fait tout cela pour que l'on dise que tu étais savant et l'on t'a appelé ainsi." Alors il sera ordonné que lui aussi soit traîné le visage contre le sol et jeté dans l'enfer ( Djahannam ). Ensuite on appellera un homme riche. Après qu'on lui ait rappelé les faveurs d'Allah et qu'il les ait admises, en réponse à la question d'Allah pour savoir comment il avait exprimé sa gratitude, il répondra : " Il n'y a pas une cause valable sans que je n'ai dépensé pour elle, en Ton Nom. " La réponse d'Allah sera: " C'est faux. Tu as fait tout cela de façon que l'on dise que tu étais généreux et il fut dit ainsi." Alors il sera ordonné que lui aussi soit traîné le visage contre le sol et jeté dans l'enfer. " Qu'Allah nous préserve de toutes ces choses !

Tout cela n'est que le résultat d'une mauvaise intention (niyyate). C'est pourquoi le jeûneur devrait toujours rester dans la crainte d'Allah, tout en surveillant son intention, et faire des invocations pour que ses jeûnes soient la cause du contentement d'Allah. A ce point il nous faut comprendre qu'il existe deux choses distinctes : d'une part, considérer ses actions comme insuffisantes et d'autre part, ne pas perdre espoir dans la grâce d'Allah, car celle ci est véritablement incomparable. Parfois , il arrive qu'Allah accorde Sa récompense même pour des actions incomplètes.

Ces six points mentionnés ci-dessus sont essentiels pour toute personne vertueuse. Et pour celles particulièrement pieuses, un septième leur sera ajouté : c'est que, durant le jeûne, leurs coeurs devraient se tourner exclusivement vers Allah au point que le seul fait de se soucier de la nourriture de l’iftâr devrait être considéré comme un péché. Certains mashâïkh considèrent même comme une faute de penser à la nourriture de l’iftâr ou de faire des efforts pour trouver quelque chose pour cela, car ce serait, disent-ils, une preuve de manque de confiance en la promesse d'Allah de nous garantir notre portion (rizq). Dans le commentaire de Ihya Ouloumid Dîne, il est écrit que si avant l’iftâr, certains d'entre eux obtenaient quelque chose d'un endroit ou d’un autre, ils le distribuaient alors, de crainte que pour le restant de ce jour, leur coeur n'y soit attentionné et que leur confiance en Allah ne diminue. Notons qu'une telle attitude est réservée à des personnes particulièrement pieuses et que pour nous, il n'est pas même envisageable de pouvoir atteindre un tel degré de foi et si, malgré tout, nous voulions tenter de les suivre, nous risquerions alors notre propre perte.

Le Qour’aan nous dit que : "  Le jeûne vous a été prescrit. " Les commentateurs du Qour’aan disent qu’à partir de ce verset on peut en déduire que le jeûne a été rendu obligatoire pour chaque partie du corps. Ainsi le jeûne de la langue signifie se préserver du mensonge, celui des oreilles, de ne pas écouter de mauvaises choses, celui des yeux, de ne pas regarder les choses futiles. De la même manière, le jeûne du nafs ( l’ego ) sous entend la préservation de tout envie et désir, le jeûne du coeur que l'on extirpe de celui-ci l'amour des choses de ce monde, le jeûne de l'âme, de ne pas désirer même les plaisirs de âkhirat (l'au-delà). Quant au jeûne de l'élite, il consiste à se détourner de toute autre existence en dehors d’ Allah.
 

Hadice 10

Abou Houraira (radhi allâhou anhou ) rapporte que l’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) a dit : "Quiconque mange un jour du Ramadhan sans excuse valable ( la maladie par exemple ) ne pourra jamais le remplacer, même s'il jeûnait tout le reste de sa vie. "

COMMENTAIRE

L'opinion de certains Oulama sur ce hadice est que : lorsque quelqu'un a, sans aucune excuse valable, manqué un jour de Ramadhan ou qu'il a déshonoré celui-ci en mangeant, buvant etc..., il ne pourra jamais le compenser par son équivalent (Qazaa') même s'il jeûnait tout le restant de sa vie. Telle était l'opinion de Hazrat Ali (radhi allâhou anhou ). Néanmoins, la grande majorité des Oulama maintient que si une personne a manqué une journée de Ramadhan, alors un seul jour suffira en guise d'expiation. Par contre, si quelqu'un a commencé un jour de jeûne durant le Ramadhan et l'a ensuite rompu intentionnellement, sans aucune excuse valable d’après la Chariât (Loi), il devra jeûner soixante jours consécutifs. Cependant, les vertus complètes et les bénédictions du Ramadhan ne pourront jamais être remplacées.

C'est là le sens du hadice ci-dessus ; en d'autres mots, si l'on a manqué un jour du Ramadhan sans excuse valable, aucun nombre de jours de jeûne par voie d'expiation, ne pourra remplacer les véritables bénédictions d'un jour de Ramadhan. Tout ceci concerne ceux qui observent le jeûne qazaa. Combien malheureux et égarés sont ceux qui ignorent complètement le jeûne et ne l'observent ni durant le Ramadhan, ni après, en expiation! Le jeûne est l'un des piliers fondamentaux de l'Islam et l’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) en a cité cinq. Tout d'abord, le premier et principal est la croyance en l'unicité d'Allah et en la prophétie de Mohammad (sallallâhou alayhi wa sallam) , ensuite les quatre autres bien connus : " As Salat ( la prière ), As Saum ( le jeûne ), Az Zakaat (la part du pauvre) et Al Hadj ( le pèlerinage ). Un grand nombre de "musulmans", du moins considérés comme tels, n'observent pourtant pas même un seul de ces cinq piliers. Dans les journaux officiels et les recensements, ils sont répertoriés en tant que musulmans, alors qu’auprès d'Allah, ils peuvent être difficilement considérés comme tels. Ibn Abbas (radhi allâhou anhou ) rapporte un hadice disant que : " L'Islam est basé sur trois principes : Al Iman ( la foi ), as Salat ( la prière ) et as Saum ( le jeûne ). Quiconque délaisse l'un d'eux est un mécréant et mérite la peine capitale. " En ce qui concerne la dernière portion de ce hadice, les Oulama ont dit qu'il ne devenait mécréant que lorsqu'en même temps de délaisser l'un de ces principes, il niait également l’obligation ou l'existence même de ce principe. Peu importe l'interprétation qu'on peut donner, mais le fait demeure que l’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) s'est adressé à de telles personnes d'une façon très véhémente et ceux qui faillissent à observer les obligations ( Faraïdh ) de Dîne ( Religion ) devraient, sans aucun doute, craindre fortement la colère d'Allah. Les plaisirs de cette vie sont éphémères et la mort les amènera sûrement face à face avec Allah, alors personne ne pourra s'échapper et seul l'obéissance à Ses ordres, dans cette vie même, pourra les sauver. Il existe une catégorie de personnes ignorantes qui ne font pas le jeûne, mais pire encore est le cas de celles qui, non seulement refusent de jeûner, mais plaisantent et se raillent au sujet du mois de Ramadhan, en disant par exemple d'une manière sarcastique : " Devrait jeûner celui qui n'a rien à manger dans sa maison " ou : " Qu'est-ce qu'Allah gagne à nous faire souffrir de la faim ? " De tels mots ne devraient jamais être proférés et il devrait être rappelé que se moquer ou faire des plaisanteries au sujet de la moindre chose de notre Dîne peut conduire au Koufr ( Infidélité ). Si quelqu'un ne fait aucune prière durant sa vie, ni ne jeûne un seul jour, ou bien délaisse un fardh (obligation) quelconque de l'Islam, il ne devient pas pour autant kafir (mécréant), tant qu'il ne renie pas leur caractère obligatoire. Quelque soit l'obligation accomplie, il sera récompensé, et quelque soit celle qu'il a négligée, il sera puni. Mais tourner en dérision, même la plus petite partie de dîne, peut conduire au koufr et de ce fait, ses salats, ses jeûnes et toutes ses bonnes actions seront annulés. A partir de cela, on peut voir combien sont dangereuses de telles plaisanteries, et nous devrions ainsi veiller à ne pas prononcer la moindre parole contre le jeûne. Celui qui omet de jeûner durant le Ramadhan, sans excuse valable, deviendra un transgresseur (faaciq). Certains fouqaha (juristes) vont si loin qu'ils ont établi que quiconque mangeait publiquement durant le Ramadhan, sans excuse, devrait être exécuté, mais même en l'absence d'un gouvernement islamique pour pouvoir mettre en vigueur cette loi ( et ainsi mettre fin à de telles actions, car ce pouvoir appartient au chef des croyants), rien ne nous empêche d'exprimer notre dégoût contre de telles transgressions. Ceci est la moindre chose que devrait nous dicter notre " Iman " ( Foi ) et le plus petit degré de celle-ci consiste à rejeter de telles actions au fond de notre coeur. Qu'Allah me donne à moi aussi le " Tawfiq " (l'occasion) de faire des bonnes actions, par la bénédiction de Ses serviteurs soumis, car je suis parmi ceux qui ont le plus de lacunes à cet égard !

Arrivé à ce point, je considère ces dix ahaadith suffisants pour ce premier chapitre, car pour ceux qui désirent les suivre avec sincérité, en fait, un seul suffit. Quant à ceux qui n'ont pas l'intention de les mettre en pratique, même les plus grands nombres d'écrits ne seraient leur être utiles. Puisse Allah m'accorder ainsi qu'à tous les musulmans la force d'accomplir les actions vertueuses. Aamine !
 
 
LAÏLATOUL QADR

(Nuit du destin.)

Pendant la période de Ramadhan, se trouve une nuit particulière, appelée " Laïlatoul Qadr " et qui se distingue par ses grandes bénédictions et bienfaits. Le saint Qour’aan nous l'a décrite comme étant meilleure, par sa grâce et vertu spirituelle, que mille mois, c'est à dire 83 ans et 4 mois. Heureuse, en vérité, la personne qui profitera de toutes les grâces de cette nuit, en passant celle-ci dans l'adoration d'Allah, car elle aura alors obtenu la récompense de 83 années et quatre mois d'ibadaat et même davantage. Certainement, cette nuit est un grand bienfait pour les musulmans.

L'origine.

Dans un hadice rapporté par Anas (radhi allâhou anhou ), dans " Dourré Mansour ", l’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) a dit :" Laïlatoul Qadr a été accordée à cette communauté ( oummat ) et à aucune autre avant celle-ci. " Il existe plusieurs points de vue au sujet de l'attribution de cette faveur. D’après certains ahaadith, en voici la raison :

L’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) avait l'habitude de méditer sur la longue durée de vie des gens des temps anciens et lorsqu'il la compara avec celle beaucoup plus courte de ceux de sa oummat, il en fut beaucoup attristé. Si ses oummatis (membres de sa oummat) voulaient se mesurer avec leurs prédécesseurs, alors il leur serait impossible de surpasser ou même d'imiter ces communautés précédentes dans l'accomplissement des bonnes œuvres. Par conséquent, Allah, dans Son Infinie Miséricorde, leur accorda cette nuit de grandes bénédictions. Ainsi, si une personne chanceuse de cette oummat, au cours de sa vie, passe dix nuits semblables dans l'adoration de son Créateur, elle aura gagné la récompense de l'adoration de 833 années et même davantage.

Une autre version rapporte que l’Envoyé d’Allah raconta une fois aux Sahabas (radhia allâhou anhou) l'histoire d'un homme très pieux, parmi les enfants d'Israïl, qui avait combattu mille mois dans le Sentier d'Allah. En entendant cela, les Sahabas (radhia allâhou anhou) ressentirent de l'envie, du fait de ne pas pouvoir obtenir la même récompense, et c'est alors qu'Allah leur accorda cette nuit. Dans une autre version, on raconte que notre Prophète (sallallâhou alayhi wa sallam) mentionna une fois les noms des quatre personnes les plus pieuses parmi les Bani Israïl: le prophète Ayoub (alayhis salâm), Zakariyyah (alayhis salâm), Ezéchiel (alayhis salâm) et Yousha' (alayhis salâm), qui avaient passé quatre-vingts années de leur vie dans l’adoration sincère d'Allah, sans commettre la moindre transgression (ne serait-ce que le temps d'un battement de paupière). En écoutant avec admiration la nouvelle de cette extraordinaire dévotion, l'étonnement s'empara des Compagnons, car de telles périodes d'adoration leur étaient impossibles, vu l'avantage de temps dont bénéficiaient leurs prédécesseurs. Sur ce, Djibraïl (alayhis salâm) apparut et récita la sourate d'Al Quadr.

Il existe également d'autres versions expliquant l'origine de la nuit du Destin. Ces divergences sont dues en général au fait que, souvent, après plusieurs événements, un verset était révélé et ensuite, chacun de ces événements pouvait être cité comme cause de sa révélation. Mais quelque soit l'explication que l'on puisse adopter, il n'en reste pas moins qu'Allah a accordé une grande faveur à la communauté du Prophète (sallallâhou alayhi wa sallam) , par l'intermédiaire de cette nuit. Combien fortunées sont ces personnes pieuses qui n'ont jamais manqué ( depuis leur adolescence ) d'accomplir des actes d'adoration durant cette nuit là !

Quant au sujet de sa détermination, il y a environ cinquante versions différentes. Il ne m'est pas facile de les énumérer toutes, mais nous présenterons néanmoins dans les pages de ce chapitre, celles qui sont les plus connues. Il existe de nombreux ahaadith au sujet des vertus de cette nuit (et nous en mentionnerons quelques-unes), mais comme le Qour’aan contient un chapitre spécial à ce sujet, nous préférons commencer avec un bref commentaire de cette sourate (D’après une traduction de Hazrat Mawlana Thanwi r.a. tirée de son Tafsir : " Bayan oul Qour’aan ", alors que les autres commentaires proviennent d'autres ouvrages) :

Bismillahir Rahmanir Rahim.

" Inna anzalnahou fi laïlatil Qadr "

" En vérité Nous l'avons fait descendre au cours de la nuit de la Détermination . "

Il est ici fait allusion au fait que, durant cette nuit, le Qour’aan a été descendu du " Lawhé Mahfouz " ( Table gardée) jusqu'au premier ciel. Le simple fait que le Qour’aan ait été révélé en cette nuit eût été suffisant pour témoigner de sa grandeur mais, en plus de cela, cette nuit se distingue des autres par de nombreuses autres vertus. Ainsi, dans le verset suivant, pour augmenter notre intérêt sur le sujet, Allah pose cette question :

" wa maa adraaka maa Laïlatoul Qadri ? "

" Et qui te fera connaître ce qu'est la nuit de la Détermination ? "

En d'autres mots, la question posée ici est : " As-tu une connaissance (quelconque) au sujet de la grandeur et de l'importance de cette nuit ?

As-tu quelque connaissance des grandes faveurs et vertus qui l'accompagnent ? " Le verset suivant continue alors à ce sujet :

" Laïlatoul Qadri khaïroum min alfi chahrin "

"La nuit de la détermination est meilleure que mille mois"

La vraie signification ici est que la récompense pour avoir passé cette nuit en adoration est meilleure et supérieure au fait d’avoir passé mille mois en ibaadat mais de combien, cela ne nous a pas été signalé ici.

" Tanazzaloul Malaaïkatou "

" ( Dans cette nuit ) les anges descendent "

L'imam Raazi r.a. a donné une explication subtile pour ce verset. En commentant celui-ci, il explique que lorsque l'homme apparut pour la première fois sur terre, les anges le regardèrent avec une certaine répugnance. Ils s'aventurèrent même à demander à Allah : " Vas-tu créer quelqu'un qui commettra du désordre, répandra le trouble et le sang sur la terre ? "

De la même façon, vos parents, lorsqu'ils vous ont vu au début alors que vous n'étiez qu'une goutte de sperme, ont éprouvé du dégoût à votre égard au point qu'ils lavaient les vêtements empreints d'une goutte d'une telle substance. Mais lorsqu'Allah transforma celle-ci en une splendide forme, alors ceux-ci se mirent à vous contempler et à vous aimer. A présent, au cours de cette grande nuit, grâce à Allah, quand vous êtes occupés dans l'ibaadat, les anges également descendent pour s'excuser à propos de ces mots qu'ils avaient prononcés.

" War Rouhou fiha "

" ainsi que l’Esprit  "

Il est ici fait référence à Djibraïl (alayhis salâm) qui descend sur la terre durant cette nuit. Les commentateurs du Qour’aan diffèrent sur l'interprétation du mot " Rouh " :

a) La grande majorité est d'accord sur le fait qu'il s'agisse ici de Djibraïl (alayhis salâm) et, suivant l’imam Raazi r.a., c'est le sens le plus correct. Ainsi Allah fait tout d'abord mention des anges ( Malaïka) et ensuite de Djibraïl (alayhis salâm), en raison de son excellence.

b) Certains commentateurs ont émis l'opinion que l'Esprit (Rouh) signifiait ici une sorte d'ange, aux proportions si extraordinaires et gigantesques, que devant lui, les cieux et la terre ne semblaient qu'une simple bouchée.

c) Un autre groupe de commentateurs disent que" Rouh " signifie un groupe d'anges que l'on peut apercevoir, exceptionnellement, cette nuit là, parmi les autres.

d) Il existe également une opinion disant que " l'Esprit " (Rouh) fait ici allusion au Prophète Issa (alayhis salâm) (Jésus), qui lors de cette nuit, descend observer les actions pieuses de cette oummat ( Communauté).

e) La dernière interprétation que nous désirons mentionner ici est que le " Rouh " signifie une grâce spéciale d'Allah qui descend après l'apparition des anges.

Il existe également d'autres interprétations, mais comme nous l'avons déjà dit, la première est la plus commune. Elle est confirmée par un hadice rapporté dans Sounané Bayhaqui, dans laquelle Anas (radhi allâhou anhou ) rapporte que le Prophète (sallallâhou alayhi wa sallam) a dit : " Durant la nuit du Destin, Djibraïl (alayhis salâm) descend avec un groupe d'anges et invoque la Miséricorde pour tous ceux qu'il trouve occupés dans l'adoration. "

" Bi izni Rabbihim min koulli amr. "

"( Ils descendent ) par la permission de leur Seigneur, ( en apportant avec eux ) toutes bonnes choses. "

L'auteur de " Mazahiré Haq " écrit que lors de cette nuit, il y a très longtemps, les anges furent créés et également débuta la création de Adam (alayhis salâm) , la même nuit, les arbres furent plantés au paradis et durant celle-ci, comme l'attestent de nombreux ahaadith, les invocations (doua’s) sont acceptées. Nous lisons également dans " Dourré Mansour " que d’après un hadice, c'est lors de cette nuit que le Prophète Issa (alayhis salâm) fut élevé dans les cieux et qu'également le repentir (tawbah) des Bani Israïl fut accepté.

" Salamoun hiya hattaa matla il fadjr. "

" ( C'est une nuit de ) paix jusqu'à l’apparition de l’aube. "

En vérité, cette nuit est la matérialisation même de la paix, et tout au long de celle-ci, les anges adressent des salutations aux fidèles croyants en train d'adorer leur Seigneur. Lorsqu'un groupe monte, un autre le remplace, comme on peut le voir dans certains récits. Une autre interprétation est que c'est une nuit de paix et de protection contre le mal et la discorde.

Ces bénédictions durent toute la nuit jusqu'à l'apparition de l'aube, et ne sont pas limitées à une partie quelconque.

Après avoir signalé quelques vertus de cette nuit telles qu'elles nous sont expliquées dans le Livre d'Allah, ( ce qui aurait été suffisant ), passons néanmoins aux ahaadith où nous trouvons davantage au sujet des vertus de cette nuit.

Hadice 1

 

Abou Houraïra (radhi allâhou anhou ) rapporte que l’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) a dit : "Quiconque se tient debout en prière et en adoration durant la Nuit du Destin ( Laïlatoul Qadr ), avec une foi complète et l’espoir sincère d’obtenir une récompense, aura tous ses péchés antérieurs pardonnés."

COMMENTAIRE

Dans le hadice sus-mentionné : " se tenir debout " fait allusion à la prière, mais inclut également toute autre forme d'adoration, comme par exemple le Rappel d'Allah (Zikroullah), la lecture du Qour’aan etc... La phrase : " avec l'espoir sincère d'obtenir une récompense " signifie que notre intention devrait être pure et que l'on devrait se tenir debout devant Allah en parfaite humilité et sincérité ( et non par ostentation ou autre mauvaise intention ).

Suivant Khattabi r.a., cela signifie que l'on devrait se tenir debout avec joie et la certitude de la récompense, et non comme pour un fardeau ou à contrecœur.

Après tout, il est connu que lorsqu'on cultive de hautes aspirations et que l'on désire obtenir une grande récompense, en même temps que l'on a en soi la certitude d'obtenir celle-ci, on multiplie également les adorations pour atteindre ce but, qui devient alors chose facile. C'est la raison pour laquelle ceux qui se sont élevés au regard d'Allah, trouvent aisé de rester en état d'adoration la majeure partie de leur temps.

Il faut noter que lorsque les ahaadith parlent des péchés antérieurs pardonnés, les savants disent que ce pardon ( comme il est mentionné dans le hadice ci-dessus et dans d'autres ) concerne seulement les " petits ". En effet, comme indiqué dans le Qour’aan, les grands péchés ne sont pardonnés qu’après un repentir sincère, avec l'intention de ne jamais retomber dans de telles actions. Ainsi, chaque fois que le hadice fait allusion aux péchés pardonnés, les savants le prennent comme signifiant seulement les " petits ". Mon défunt père (Qu'Allah le bénisse et lui accorde Sa Lumière dans sa tombe) avait l'habitude de dire que pour deux raisons le mot " petit " n'avait pas été mentionné dans les ahaadith. Premièrement, disait-il, chez un véritable musulman, il ne devrait subsister aucun grand péché, car chaque fois qu'il aura commis une telle action, il ne pourra trouver le repos ou être en paix tant qu'il ne se sera pas sincèrement repenti devant son Seigneur. Deuxièmement, durant des jours et des nuits aussi grands et bénis, lorsqu'il se tient debout devant son Seigneur en prière ou en adoration, ayant l'espoir d'obtenir une récompense, un profond sentiment d'affliction est suscité en lui en raison de ses péchés - ce qui est la condition essentielle du repentir de même que la résolution de ne pas retourner à de tels actes. Ainsi, en de tels jours et nuits, l'adorateur se repent sans aucun doute des grands péchés qu'il a commis. Il est meilleur pourtant lorsqu'arrive une nuit comme " Laïlatoul Qadr " que l'on se repente avec sa langue aussi bien qu'avec son cœur, avec le désir sincère d'être pardonné, de façon à ce qu'Allah, dans Son Infinie Miséricorde, nous efface toutes formes de péchés.

Et lorsque vous ferez cela, souvenez vous de moi, pauvre malheureux, dans vos sincères invocations !

HADICE 2

Anas (radhi allâhou anhou ) rapporte qu’une fois, le mois de Ramadhan était arrivé et l’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) dit : " Un mois vient certainement de vous arriver dans lequel se trouve une nuit meilleure que mille mois. Quiconque manquera une telle nuit aura été, en vérité, dépourvu de tout bien et nul n'en est privé sauf celui qui est vraiment malchanceux. "

 

COMMENTAIRE

Qui pourra douter de la malchance de la personne qui est dépourvue ou qui se prive elle même du grand bien contenu dans " Laïlatoul Qadr " ? Il existe des gens qui, à cause de leurs fonctions et durant leur service, restent éveillés la nuit tout au long de l'année ( comme les employés de chemin de fer par exemple ) ; combien il pourrait être ainsi facile, dans l'espoir de pouvoir gagner la récompense de plus de quatre-vingts années d'adoration, de rester éveillés pendant un mois, au service d'Allah !

A cause du manque d'enthousiasme, nos cœurs sont dépourvus de zèle ; si cet enthousiasme existait, des milliers de nuits passées dans l'adoration d'Allah deviendraient extrêmement faciles. C'est ce zèle et ce désir que nous devrions susciter. Regardez notre Saint Prophète (sallallâhou alayhi wa sallam): il lui avait été promis, à maintes reprises, qu'il n'aurait rien à craindre dans l'au-delà et il avait reçu la bonne nouvelle de sa position exaltée et malgré tout, nuit après nuit, on le trouvait en état d'adoration, à tel point que ses pieds enflaient. Nous appartenons à sa communauté, et parmi nous se trouvent de nombreuses saintes personnes qui ont suivi cet exemple. Ils étaient eux aussi des êtres humains, et nul ne pourra dire qu'il nous est impossible d'avoir la même ardeur pour l'adoration. Ils sont devenus des modèles pour les autres et nul ne pourra plus dire également : " Qui peut se mesurer avec le Prophète (sallallâhou alayhi wa sallam) et qui peut avoir le courage de faire comme lui ? " Tout ceci n'est qu'une question de conviction au fond du cœur, car pour ceux qui ont le désir de faire les choses, la tâche la plus difficile (comme de creuser une rivière de lait dans une montagne par exemple) n'est pas impossible. Mais l'on ne saurait obtenir cela sans suivre une éducation spirituelle auprès des Mashâïkh ( guides dans la voie qui mène à Allah ).

Un poème dit :

" Si tu veux obtenir la compassion du coeur

Tu dois rester au service des fouqarah (pauvres)

Car ce joyau ne peut être obtenu du trésor des rois."

Ainsi, ce n'est pas sans raison que Omar (radhi allâhou anhou ) rentrait chez lui, après avoir accompli sa prière Icha et restait en prière tout au long de la nuit jusqu'au matin.

On trouve aussi l'exemple du pieux Khaliphe Othman (radhi allâhou anhou ) qui, après avoir jeûné tout le jour, passait la nuit en prière après avoir dormi un peu durant la première partie et récitait le Qour’aan en entier dans une seule rakaate.

Dans le commentaire de " Ihya Ouloumiddine ", Abou Taalib Makki r.a. mentionne ( d’après une source sûre ) le cas de quarante personnes parmi les Tabéïnes qui avaient l'habitude d'accomplir leur prière de l'aurore (fadjr) avec les mêmes ablutions que celles de la prière de la nuit (Icha).

Chaddad (radhi allâhou anhou ), quant à lui, était ce sahabi qui, au moment de s'allonger sur son lit, ne cessait de se retourner jusqu'à l'aube, et disait alors : " O Allah, la crainte du feu de l'enfer m'a enlevé le sommeil ! " Assouad bin Yazid r.a. quant à lui, excepté entre maghrib et Icha où il dormait un peu, passait toutes ses nuits de Ramadhan en état d'adoration. Quant à Saïd Ibn Moussayyib r.a., pendant cinquante ans , dit-on, il accomplit la prière de Icha et de Fadjr avec les mêmes ablutions.

Il y a aussi l'exemple de Sila bin Ashyam r.a. qui, après avoir passé toute la nuit dans l'adoration, s’adressait à Allah en ces termes : " O Allah, je suis indigne de te demander le paradis et la seule chose pour laquelle je t'implore, c'est de me sauver de l'enfer ! "

Qataadah (radhi allâhou anhou ) avait l'habitude de terminer la récitation du Qour’aan toutes les trois nuits de Ramadhan et une fois dans toutes celles de la dernière décade. Il est bien connu que l'Imam Abou Hanifah r.a., pendant quarante ans, fit la prière de Icha et de Fadjr avec les mêmes ablutions ( et réfuter cela serait enlever toute crédibilité à l'histoire.) Lorsque ses compagnons lui demandaient d'où lui provenait cette force, il répondait : " C'est par la bénédiction d'une invocation spéciale que j'ai adressée à Allah par l'intermédiaire de certains de Ses Noms ". Il dormait seulement un peu les après-midis en disant : " Il nous a été recommandé, dans le hadice, de faire la sieste " ( En d'autres mots, même dans son sommeil de l’après-midi, son intention était de suivre la sounnat. ) Il avait l'habitude de pleurer si fort en récitant le Qour’aan que ses voisins avaient pitié de lui. Une fois il pleura toute la nuit en répétant à maintes reprises ce verset :

" Non, mais l'heure sera leur rendez-vous. L'Heure, cependant, est chose très terrible et très amère. " (Sourate la Lune - Verset : 46)

Ibrahim Ibn Adham r.a. quant à lui, ne dormait, durant le Ramadhan, ni le jour ni la nuit. L'Imam Shaafi r.a., durant ce même mois, récitait soixante fois le Qour’aan en entier durant ses prières de jour et de nuit.

A part le cas de ces quelques personnes, il existe encore des centaines de récits semblables au sujet de ceux qui ont pris en considération le verset :

" Je n'ai créé les djinns et les hommes que pour M'adorer. "

Tels sont les exemples de nos prédécesseurs. Même de nos jours, on peut encore trouver de nombreuses personnes qui font cela, même si elles n'atteignent pas ce degré de sacrifice, mais en considération de leur force et capacité, elles sont malgré tout des exemples vivants des " Salafs " (pieux prédécesseurs). Elles suivent réellement le noble exemple de l’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) et ne laissent pas leurs occupations mondaines ni leur confort matériel faire obstacle à cela.

Le Messager d'Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) a dit: : " Allah a dit : "O fils d'Adam, consacre toi à mon adoration, je comblerai ton coeur de richesses et j'éloignerai de toi la pauvreté, sinon Je remplirai ta poitrine d'occupations et tu ne seras pas à l'abri de la pauvreté. "

Combien de fois observons nous cette vérité dans les expériences quotidiennes !

Hadice 3

Anas (radhi allâhou anhou ) rapporte que l'Envoyé d'Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) a dit : "  Durant la nuit du Destin, Djibraïl (alayhis salâm) descend sur terre en compagnie d'un groupe d'anges, ( et ) ils invoquent la bénédiction pour chaque serviteur d'Allah qu'ils trouvent debout en adoration ou assis, ( et qui sont occupés) dans le souvenir d'Allah. Alors le jour de la Fête ( Aïd el Fitr ) Allah fait leur éloge auprès des anges ( car avant ils avaient critiqué les hommes ) et dit : "  O anges, quelle est la récompense de ce serviteur qui a pleinement accompli sa tâche " ? Ils répondent : O notre Seigneur, sa récompense est qu'on lui donne son plein salaire. Allah dit alors : "  O mes anges, en vérité mes serviteurs et mes servantes ont accompli l'obligation qui leur avait été imposée et ils se dirigent ainsi ( vers le Mouçallah), en élevant la voix en invocation pour Moi. Je jure par mon Honneur, Ma Gloire, Ma Générosité, par Ma Grandeur et Ma Position élevée : J'accepterai certainement leurs invocations ". Puis Allah leur dit : "  Retournez, certainement, Je vous ai pardonné et J'ai transformé vos péchés en bonnes actions ". Puis, ils retournent (du Mouçallaa, Idegaah en Ourdou) pardonnés de tous leurs péchés ".

COMMENTAIRE

Dans le Qour’aan comme dans ce hadice, il est clairement mentionné que Djibraïl (alayhis salâm) descend avec les anges. L'auteur de Ghaaliyatoul Mawaaez signale de la part de Shaikh Abdoul Qâdir Djilaani r.a. que dans un hadice rapporté par Ibn Abbas (radhi allâhou anhou ), il est mentionné que Djibraïl (alayhis salâm) , après sa descente, ordonne aux anges de se rendre dans la maison de tous ceux occupés dans l'adoration et de les saluer. Alors les anges se répandent pour visiter chaque maison, petite ou grande, sur terre ou sur mer, dans la ville ou dans la campagne, dans laquelle se trouve un adorateur, pour le saluer. Pourtant certaines maisons ne sont pas visitées : la maison dans laquelle se trouve un chien ou un porc, de même que celle dans laquelle se trouve un homme en état d'impureté majeure à cause de l'adultère et la maison qui contient des représentations figurées. Comme il est malheureux que beaucoup de maisons de musulmans soient privées de la venue des anges simplement à cause de la présence d’images ! Ils se privent alors de la Bénédiction d'Allah, tout cela uniquement dans le but d'ajouter ce qui leur semble être un peu plus de " décor ". Il suffit qu’une seule représentation ait été accrochée par un membre négligeant de la famille pour que toute la maison se trouve complètement dépourvue de la présence des anges de la bénédiction !

 

Hadice 4

 

Aïcha (radhi allâhou anhou ) rapporte que l’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) a dit :

" Recherchez " Laïlatoul Qadr " dans les nuits impaires des dix derniers jours du Ramadhan."

COMMENTAIRE

Le hadice ci-dessus nous recommande de chercher la Nuit du Destin parmi les dix dernières nuits du Ramadhan. D’après la grande majorité des savants, les dix dernières nuits commencent à partir de la vingt et unième, que le mois comporte 29 ou 30 jours. On devrait donc la rechercher lors de la vingt et unième, vingt troisième, vingt cinquième, vingt septième ou vingt neuvième nuit. Même si le mois est de vingt neuf jours, cela ne change rien pour le calcul des dix derniers jours Akhir Asharah )

Ibn Hazm r.a. a pourtant une opinion différente, disant que le mot " Asharah ", utilisé dans le hadice signifie : dix. Ainsi le calcul mentionné ci-dessus ne sera correct seulement lorsque le mois de Ramadhan comprendra trente jours. Au cas contraire, quand le mois est seulement de vingt neuf jours ( comme cela arrive souvent ), les dix derniers jours seront comptés à partir du vingt neuvième et commenceront, en fait la vingtième nuit. Suivant ce calcul cela signifie que les nuits impaires seront en fait, la vingtième, vingt deuxième, vingt quatrième, vingt sixième et vingt huitième.

Néanmoins toutes les autorités sont d'accord sur le fait que, dans sa recherche de la nuit du Destin, l’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) ne commençait sa retraite spirituelle ( I’tikaaf ) que la vingt et unième nuit. En raison de cela, elles considèrent les nuits impaires, à partir de la vingt et unième comme plus propices à sa recherche. Cependant on devrait, malgré tout, passer chacune de celles-ci à partir de la vingtième, en adoration, de façon à être sûr de bénéficier des bénédictions de " Laïlatoul Qadr " ( qui peut également arriver dans les nuit paires ). Consacrer dix ou onze nuits de la sorte n'est assurément pas si difficile pour la personne qui espère en une récompense !

 

Hadice 5

 

Oubaadah bin Saamit (radhi allâhou anhou ) rapporte : " Une fois l’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) vint nous informer au sujet de la nuit du Destin, ( malheureusement à ce moment ) une querelle survint entre deux musulmans et il ajouta : " j'étais venu de façon à vous dire quand était la nuit du Destin, mais telle et telle personne se sont disputées et ( l'attribution de sa date correcte ) fut retirée. Il se peut que cela soit meilleur pour vous. Ainsi recherchez celle-ci parmi la neuvième, septième et cinquième nuits. "

 

 

COMMENTAIRE

Trois points importants sont mentionnés dans ce hadice. Premièrement, il est fait mention d'une dispute tellement mauvaise, qu'elle fut la cause de la suppression de la réelle connaissance de la date de Laïlatoul Qadr. En effet, les disputes entraînent toujours la perte de bienfaits. Une fois, l’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) demanda aux Compagnons : " Vous informerai-je d'une action qui est meilleure que la prière, le jeûne et les actes de charité ? "

Les Compagnons (radhia allâhou anhoum) répondirent : " Certainement. " L’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) dit alors : " Entretenir de bonnes relations entre vous est la meilleure chose, car, en vérité, les disputes éliminent ( rasent ) la religion." C'est à dire que tout comme le rasoir rase les cheveux de la tête, les disputes éliminent la religion. Ne parlons pas des gens qui sont plongés dans les affaires de ce bas monde et ne sont pas au courant de la religion, mais même ceux qui sont occupés dans les longs tasbihs (formules du souvenir d'Allah) et qui proclament leur attachement au " Dîne " sont constamment impliqués dans des querelles entre eux. Je vous en prie, prenez en considération, la parole du Prophète (sallallâhou alayhi wa sallam) et souciez-vous ensuite de ce " Dîne " que vous utilisez, par orgueil, comme moyen pour ne pas vous laisser aller à une réconciliation pourtant naturelle. Dans le premier chapitre de ce livre, nous avons lu que l’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) avait dit qu'insulter un musulman était la pire catégorie de l'usure. Pourtant, au milieu de nos disputes, nous n'épargnons ni l'honneur de notre frère, ni ne retenons nos insultes, ne tenant ainsi aucun compte des injonctions d'Allah et de Son Bien-Aimé Prophète (sallallâhou alayhi wa sallam). Allah Lui-même dit : " Et ne vous disputez pas, sinon vous fléchirez et perdrez votre force, et soyez endurants car Allah est avec les endurants. " ( Al Anfâl verset 46 )

Il est maintenant du devoir de ceux qui cherchent toujours querelle et qui salissent l'honneur et la dignité des autres, de s'asseoir un instant dans la solitude et de réfléchir à quel point ils sont en train de porter atteinte à leur propre dignité, et combien ils sont en train de se déshonorer aux yeux d'Allah ainsi qu'à ceux d'autrui.

L’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) a dit que celui qui coupait les relations avec son frère musulman plus de trois jours et qui mourait dans cet état, irait directement en enfer. Dans un autre hadice, il est dit que chaque lundi et jeudi, les actions des hommes sont présentées devant Allah. Ensuite, par Sa Miséricorde ( et dû à certaines bonnes actions), Il accorde Son Pardon, excepté aux idolâtres. Quant aux deux personnes qui se sont disputées et qui ont coupé leurs relations, il leur sera dit : "  Laissez-les tant qu'elles ne se seront pas réconciliées. " Un autre hadice affirme que lorsque les actions sont présentées devant Allah, les lundis et jeudis, le repentir de celui qui se repent est accepté de même que le pardon de celui qui le demande. Quant à ceux qui se sont disputés, ils seront tenus à l'écart.

Un autre hadice nous enseigne plus loin que durant la quinzième nuit du mois de Chabaane, la Miséricorde d'Allah descend sur toutes les créatures et que Son Pardon est accordé à tous, sauf à deux catégories de personnes. La première : une personne mécréante ( Kâfir ) et la seconde : celle qui entretient de mauvaises relations avec une autre . Dans un hadice il est dit : " Il y a trois sortes de personnes dont la prière ne dépasse pas plus d'une coudée au dessus de leur tête ( en vue de son acceptation ). Parmi elles, figure celle des gens qui se disputent ". Arrivé à ce point, je n'ai pas regroupé tous les ahaadith à ce sujet mais je n'ai cité ces quelques traditions qu'une fois après avoir constaté que l'élite et les personnes considérées comme pieuses et saintes ( ne parlons pas du commun des mortels ) étaient remplies de tels actes abominables.

" A Allah appartient ma doléance et c'est Lui dont on implore le Secours. "

Une deuxième chose qu'il faut noter aussi est que le fait de se quereller et de couper toute relation avec autrui soit considérée comme un crime et quelque chose de mauvais dans l'Islam, surtout s’il provient de la haine et de l'inimitié ayant pour origine les choses de ce monde. Autrement il est autorisé de rompre les relations avec quelqu'un à cause de ses mauvaises actions ou pour certains motifs religieux ( lorsque celui-ci se trouve impliqué dans l'erreur et les choses blâmables ). Une fois, Ibn Omar (radhi allâhou anhou ) cita une parole de l’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam), au sujet de laquelle, son fils émit une réflexion qui extérieurement semblait la contredire. Le résultat fut que Ibn Omar (radhi allâhou anhou ) n'adressa plus jamais la parole à son fils aussi longtemps qu'il vécut. On raconte plusieurs incidents semblables au sujet des Sahaabas (radhia allâhou anhoum). Mais en ce qui nous concerne, Allah connaît mieux et Lui Seul est au courant de l'état de nos coeurs et Il sait quelles relations ont été rompues à cause de Dîne et lesquelles à cause de notre propre honneur, fierté et dignité. Car chacun peut faire passer sa haine et sa rancune au nom de " Dîne ".

Le second point sur lequel ce hadice attire notre attention est le fait qu'on devrait être satisfait et accepter avec bonne grâce la sagesse des décisions d'Allah. Par exemple, bien qu'apparemment, la perte de la connaissance de la date exacte de Laïlatoul Qadr soit une chose très sérieuse, on devrait tout de même l'accepter comme provenant de la part d'Allah. Pour cette raison l’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) a dit : " Peut-être que cela est préférable pour vous." Nous devrions beaucoup méditer sur ce point et en tirer de grandes leçons. A chaque instant, Allah se montre Miséricordieux et Généreux envers ses serviteurs. Si quelqu'un est touché par une difficulté quelconque en raison de ses mauvaises actions, il lui suffit de se tourner vers Allah et de reconnaître ses faiblesses pour qu'aussitôt la Miséricorde divine ne le recouvre et que son épreuve devienne alors pour lui la cause d'un plus grand bien. Et pour Allah, rien n'est difficile !

Les savants ont mentionné quelques autres avantages en notre faveur, du fait de la méconnaissance de la date précise de Laïlatoul Qadr. Tout d'abord, si nous avions eu la connaissance de cette nuit bénie beaucoup de gens négligents auraient cessé de faire des actes d'adoration durant les autres nuits. Or, dans l'état actuel des choses, " ceux qui recherchent " ont la possibilité de rester éveillés plusieurs nuits en adoration dans l'espoir que ce soit Laïlatoul Qadr.

Deuxièmement, il existe parmi nous une catégorie de personnes qui n'arrive pas à s'abstenir du mal. Combien il aurait été dangereux pour ce genre de personnes, qu'en dépit de leur connaissance de la nuit du Destin, elles aient eu l'audace de faire le mal.

Une fois, l’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam), vit, en entrant dans la mosquée, un de ses Compagnons en train de dormir. Il dit à Ali (radhi allâhou anhou ) : " Réveille-le afin qu'il puisse faire ses ablutions ". Ce que fit Ali (radhi allâhou anhou ), puis il s'adressa au Prophète (sallallâhou alayhi wa sallam) ainsi : " O Messager d'Allah (sallallâhou alayhi wa sallam), vous qui vous empressez toujours de faire le bien, pourquoi ne l'avez-vous pas réveillé vous-même? " Le Saint Prophète (sallallâhou alayhi wa sallam) répondit alors : " J'ai eu peur que cet homme refuse, et le refus de ma parole est équivalent au koufr (infidélité) . Tandis que s'il avait refusé de suivre la tienne, cela n'aurait pas été du koufr. " Ainsi, Allah, dans Sa miséricorde, ne veut pas qu'en dépit de sa connaissance de Laïlatoul Qadr, un musulman passe cette nuit dans le péché.

Troisièmement, si cette nuit avait été fixée et que quelqu'un l'avait laissé passer sans le vouloir, alors il serait fort probable qu'ensuite, pendant le reste du Ramadhan, il ne passerait plus, par frustration, aucune autre nuit en adoration, alors qu'il en reste encore quelques unes ; tandis que maintenant, combien de nombreuses personnes parmi nous ont la possibilité de passer une, deux ou trois nuits en Ibadaat (alors qu'elles ignorent sa date exacte) !

Quatrièmement, chaque nuit passée en Ibadaat à la recherche de Laïlatoul Qadr entraine une récompense spéciale.

Cinquièmement, nous avons vu que durant le Ramadhan, Allah vantait auprès de ses anges les croyants qui s'évertuaient dans les actes d'adoration. Maintenant, en de telles occasions, pour obtenir l’Agrément d'Allah, ils passent, à Son service, nuits après nuits, en dépit du manque de connaissance de sa date exacte, augmentant ainsi les éloges qu'Allah fait à leur sujet. Si tel est leur zèle dans cette condition, alors combien d'autres efforts auraient-ils entrepris s'ils en avaient eu connaissance !

Il peut exister également d'autres avantages. Il est connu qu'Allah garde souvent certaines choses de grande importance secrètes, comme par exemple l'l'smoul A’zam ( Le plus grand nom d'Allah par lequel Il répond aux invocations ), de même que par exemple, un certain moment où, le jour du Djoum’ah (Vendredi), les doua's sont acceptés. Il existe encore de nombreuses choses de cette sorte. Il est possible qu'à cause de cette dispute, la détermination de cette nuit ait été enlevée pendant ce mois de Ramadhan précis et que par la suite, elle ait été effacée pour toujours, pour les autres raisons sus-mentionnées.

Le troisième point mentionné dans ce hadice est le fait que l'on devrait rechercher Laïlatoul Qadr parmi les trois nuits suivantes : la neuvième, septième et cinquième. En faisant le rapprochement avec les autres ahaadith, on arrive à comprendre qu'il est ici fait allusion aux dix dernières nuits de Ramadhan. Ainsi pour déterminer de quelles nuits il s'agit, en commençant à compter à partir de la vingtième ( en remontant ), on tombera sur les trois nuits du 25, 27 et 29. Si au contraire, on commence à partir de la vingt-neuvième, en redescendant ( au cas où le mois soit de 29 jours ), celles-ci tomberont le 21, 23, 25, mais si le mois est de 30 jours ce seront la vingt-deuxième, vingt-quatrième, vingt-sixième nuit. On voit ainsi combien il existe d’incertitude au sujet de cette date et l'on trouve en fait, parmi les grands savants, environ cinquante opinions différentes. A cause de cela quelques savants ont dit que Laïlatoul Qadr ne tombait pas la même nuit chaque année. Si telle année c'était une nuit particulière, une autre, c'était une nuit différente. A certaines époques, le Saint Prophète (sallallâhou alayhi wa sallam) recommandait à ses Compagnons de la rechercher parmi un certain nombre de nuits alors qu'à d'autres, il insistait sur une nuit particulière.

Hazrat Abou Houraïrah (radhi allâhou anhou ) rapporte, qu’une fois, au cours d'une assemblée avec les compagnons (radhia allâhou anhoum) on fit mention de Laïlatoul Qadr et l’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) demanda : " Quelle date sommes-nous aujourd'hui ? " Ils répondirent : " Le 22 Ramadhan ". Le Saint Prophète (sallallâhou alayhi wa sallam) dit : " Recherchez-la au cours de la nuit qui vient. "

Hazrat Abou Zar (radhi allâhou anhou ) raconte: " Je demandai une fois au Prophète (sallallâhou alayhi wa sallam) si Laïlatoul Qadr serait accordée seulement durant la vie de l’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) ou si elle continuerait après lui. L’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) répondit : " Elle continuera jusqu'au jour du jugement. " Je lui demandai alors : " A quel moment du Ramadhan a-t-elle lieu ? " Le Prophète (sallallâhou alayhi wa sallam) répondit : " Cherchez-la au cours des dix premiers et des dix derniers jours. " Puis le Prophète (sallallâhou alayhi wa sallam) parla d’autre chose. J'attendai et, trouvant une autre occasion, je lui demandai : "  Dans quelle partie de ces dix jours se trouve Laïlatoul Qadr ? " Sur ce, l’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) se mit en colère après moi, comme il ne l'avait jamais fait auparavant et dit : " Si cela avait été la Volonté d’Allah, alors ne nous l’aurait-il pas fait savoir, recherchez-la parmi les sept dernières nuits et ne me posez plus de questions! "

On signale à nouveau, dans un autre hadice que l’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) dit à un Compagnon que Laïlatoul Qadr était la vingt-troisième nuit. Hazrat Ibn Abbas (radhi allâhou anhou ) raconte : " Une fois, alors que je dormai, quelqu'un me dit dans un rêve : " Lève-toi, c'est Laïlatoul Qadr. " Je me réveillai et me rendis avec hâte auprès de l’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) et le trouvai en prière. C'était la vingt-troisième nuit. Dans d'autres versions, c'est la vingt-quatrième qui est mentionnée. Hazrat Abdoullah Ibn Mass’oud (radhi allâhou anhou ) dit : " Celui qui passe chaque nuit de l'année en adoration (ibadaat) pourra trouver Laïlatoul Qadr (En d'autres mots, cette nuit bénie se déplace tout au long de l'année et ne tombe pas nécessairement durant le Ramadhan.) Quand on mentionna ceci à Hazrat Oubay bin Kaa'b (radhi allâhou anhou ) , il dit : " Ibn Mass’oud veut dire par là que les gens ne doivent pas seulement se contenter de chercher Laïlatoul Qadr durant une seule nuit. " Ensuite, il jura par Allah que celle-ci tombait la vingt-septième du Ramadhan. Ceci est également le point de vue de nombreux Sahabas (radhia allâhou anhoum) et Tabéines r.a. Ce qu'ont voulu dire Hazrat Ibn Mass’oud et Oubay (radhia allâhou anhoumâ) , c'est que la personne qui restait en ibadaat toutes les nuits de l'année trouverait certainement celle-ci ( Comme on le voit dans un hadice dans Dourré Mansour ). Il existe parmi les Imams une opinion bien connue de Abou Hanifah r.a. disant que Laïlatoul Qadr variait au cours de l'année. Il existe également un autre de ses points de vue disant qu'elle se déplaçait tout au long du Ramadhan. Ses célèbres disciples et étudiants, quoiqu'il en soit, pensaient que celle-ci tombait une nuit particulière (inconnue de nous), durant le mois sacré de Ramadhan. Alors que les Shafii's pensent que, très probablement, elle a lieu la vingt et unième nuit. L'Imam Ahmad et l'Imam Malik r.a., eux, partagent le point de vue qu'elle tombe durant les dix dernières nuits impaires du Ramadhan, variant d'année en année et qu'elle n'est pas fixée. Mais la vaste majorité des Oulama considèrent qu'elle a lieu, le plus probablement, chaque année, la vingt-septième nuit du Ramadhan.

Le maître des Arifines(personnes ayant accédé à la connaissance d'Allah), Ibn Arabi r.a., a dit : " A mon opinion, le point de vue de ceux qui pensent que Laïlatoul Qadr se situe en des nuits différentes, variant tout au long de l'année, est vraisemblablement le plus correct, parce que, deux fois, je l'ai vue durant le mois de Cha’baane - lors de la quinzième nuit et lors de la dix-neuvième - et deux fois dans le milieu de la deuxième décade du Ramadhan, durant la treizième et dix-huitième nuit. Et je l'ai vue également dans toutes les nuits impaires de la dernière décade. C'est pourquoi j'ai la certitude que cette nuit se situe dans différentes nuits de l'année bien que, le plus souvent, on la trouve dans le mois béni de Ramadhan . "

Hazrat Shah Walliyoullah Delhawi r.a. pensait qu'il y avait deux " Laïlatoul Qadr " chaque année :

a) Une Laïlatoul Qadr qui correspond à la nuit durant laquelle descendent les décrets divins et qui est également celle pendant laquelle le saint Qour’aan descendit du "Law al Mahfouz" (La table gardée). Elle n'est pas spécifique au Ramadhan mais varie et peut survenir n'importe quelle autre nuit de l'année. Néanmoins, la nuit particulière où fut révélé le Qour’aan eut lieu pendant le Ramadhan.

b) La seconde Laïlatoul Qadr est celle ou " la spiritualité " se répand d'une façon particulière et où les anges descendent en grand nombre tandis que les démons sont retenus et que les invocations sont exaucées. Cette nuit n'arrive que pendant le Ramadhan, lors des différentes nuits impaires des dix derniers jours. (Ce dernier point de vue de Shah Waliyoullah r.a. était celui que mon père r.a. préférait.)

De toute façon, qu'il y ait deux Laïlatoul Qadr ou une, chacun devrait la rechercher suivant ses propres forces et son courage, et s'il ne le peut tout au long de l'année, alors, au moins durant le Ramadhan, ou si ce n'est pas possible, au cours des précieux dix derniers jours. Si cela aussi lui parait un " peu trop ", alors au moins dans les nuits impaires de la dernière décade, et au cas où l'on ne puisse passer également celles-ci (Qu'Allah nous en préserve!), alors on devrait considérer la nuit du vingt-septième comme une autre précieuse occasion. De cette façon, si par la grâce d'Allah, quelqu'un a la chance de passer cette nuit en adoration, alors cela vaudra mieux que tous les conforts et les délices de ce monde ! Et même si quelqu'un n'arrive pas à trouver cette nuit tant recherchée, alors au moins, recevra-t-il une récompense pour son adoration. Finalement, on devrait s'efforcer de pratiquer toute l'année les prières Icha et Maghrib en  djamaate (groupe), car au cas où par chance ce soit " Laïlatoul Qadr ", la récompense pour ces deux prières sera multipliée.

C'est une grâce immense de la part d'Allah que lorsqu'on entreprend un effort à des fins religieuses et que celui-ci n'est pas couronné de succès, on soit tout de même récompensé pour cet effort. Mais malgré cela, combien de gens courageux parmi nous sont attachés au Dîne (religion), meurent-ils pour elle ou se sacrifient ?

Par contre, en ce qui concerne les affaires de ce monde, quand des efforts ne portent pas de fruits, alors on les considère comme vains. En dépit de cela, combien de gens détruisent leur vie et leurs biens pour des raisons matérielles ou dans l'acquisition des choses futiles et sans consistance !

Hadice 6

Oubaadah bin Samit (radhi allâhou anhou ) rapporte qu'il a questionné le Saint Prophète (sallallâhou alayhi wa sallam) au sujet de Laïlatoul Qadr. Il répondit : " Elle se situe dans le Ramadhan, durant les dix derniers jours, dans une nuit impaire, soit la vingt-et-unième, vingt-troisième, vingt-cinquième, vingt-septième, la vingt- neuvième ou encore dans la dernière. Quiconque passe cette nuit en Ibadaat avec une foi sincère et de fermes espoirs d'obtenir une récompense, ses péchés antérieurs lui seront pardonnés. Parmi les signes de cette nuit il y a le fait qu'elle soit sans nuage, brillante, tranquille, la lune y resplendit ( à cause de la présence de lumière ), elle n'est ni chaude ni froide et les chayâtine ne sont pas frappés par les étoiles filantes (météores) durant cette nuit là ; et cela jusqu'à l'arrivée de l'aurore. Un autre signe est qu'au lever du jour, le soleil se lève sans aucun rayon, ressemblant davantage à la lune quand elle est pleine. En ce jour, Allah interdit aux chayâtine de sortir en même temps que le soleil. (Contrairement aux autres jours où ils apparaissent à cet endroit.)

COMMENTAIRE

Un partie de ce qui a été mentionné dans ce hadice a déjà été traitée précédemment. Quelques signes sont évoqués ici au sujet de cette même nuit. Ces signes sont clairs et ne nécessitent pas d'explication supplémentaire. Il en existe d'autres en outre, comme il est mentionné dans les ahaadith ou les récits de ceux qui ont eu la chance de trouver cette nuit là. Le signe le plus spécifique dans ce hadice est le lever du soleil sans aucun rayon. Les autres signes ne sont pas nécessairement toujours présents. Un Sahabi (radhi allâhou anhou ) : Abda bin Abi Loubaaba dit :" La nuit du vingt-septième, j'ai goûté l'eau de la mer et je l'ai trouvée tout à fait douce. " Ayoub Bin Khalid (radhi allâhou anhou ) dit : " Une fois j'ai eu besoin de prendre un bain dans la mer et en la goûtant, je trouvai que l'eau était douce. C'était lors de la vingt-troisième nuit. " Quelques mashâïkhs écrivent que durant la nuit du Destin, chaque chose se prosterne devant Allah, à tel point que les arbres se courbent vers le sol, pour retourner ensuite dans leur position normale, mais ces signes sont , de toute façon, des phénomènes spirituels de " Kachf " ( dévoilement ) qui ne sont pas visibles par tout le monde.

 

Hadice 7

Aïcha (radhi allâhou anhou ) rapporte : " J'ai dit ( une fois ) : " O Messager d'Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) dis-moi, s'il m'arrivait de trouver Laïlatoul Qadr, quelle invocation devrai-je faire ? " Le Prophète (sallallâhou alayhi wa sallam) répondit : " Dis : "  O Allah, Tu es Celui qui pardonne les péchés, Tu aimes le pardon, pardonne moi."

COMMENTAIRE

Ce doua' est certainement une invocation à la signification très large, car, si Allah, par Sa Bonté et Sa Grâce, nous soulage des comptes de l'au-delà, alors que pourrait-on espérer de plus ?

Je ne demande pas l’acceptation de mes ibaadates (actes d’adoration)

mais que mes péchés soient pardonnés. (Poème)

L'Imam Soufiane Thauri r.a. avait l'habitude de dire que le fait de se consacrer, en cette nuit, aux invocations, était meilleur que toute autre forme d'adoration. Ibné Rajab r.a. dit qu'on ne devrait pas seulement rester occupé dans le doua, mais que l'on devrait prendre part également à toute autre forme d'ibadaat, telles que la récitation du Saint Qour’aan, la prière, la contemplation (Moraqabaat) etc... Cette dernière opinion semble plus correcte et plus proche de ce qu'a dit l’Envoyé d’Allah (sallallâhou alayhi wa sallam) comme cela a déjà été mentionné dans les ahaadith précédents.

 


Une sélection PakOnLine